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28/08/2014

L'Afrique n'a rien à faire dans une ONU qui méprise ses Etats!

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Lettre ouverte à son excellence Madame la présidente de l'Union Africaine

Ayant salué du fond du cœur, avec de nombreux autres Africains, votre avènement à la tête de l’Union Africaine, cette institution qui regroupe tous les Etats d’Afrique, je me permets de vous écrire ces mots qui sont d’une importance vitale pour moi. Je dois avouer que je ne croyais plus en cette Union Africaine, jusqu’à votre élection.

Je ne vous connais pas, mais je connais votre pays, et je sais qu’il y a une très grande différence d’approche des questions internationales entre les (ex-) colonisés de la France en Afrique, nous  les francophones, et les autres que vous êtes. Et le fait pour moi, Ivoirien, que vous veniez du Pays de Tabo Mbeki  est une raison d’espérer, en tout cas, jusqu’à ce que le temps et les évènements me donnent tort. 

Je vous écris à propos de l’Organisation des Nations Unies (ONU), cette institution créée en 1945, au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale. L’ONU, depuis sa création, n’a cessé de se comporter comme le bras séculier de l’impérialisme. Aujourd’hui, les intentions de ceux qui ont créé cette organisation sont apparues clairement à tout le monde : leur jeu consiste à se donner les moyens d’exploiter et de dominer tous les autres, à travers des artifices de toutes sortes.

On a fini par comprendre que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI), l’UNESCO et autres, sont des pièges dans lesquels les créateurs de l’ONU entraînent les autres pour mieux les exploiter, en vue de renforcer leur domination. Ils ont créé en plus de nombreuses superstructures, « les Organisations Mondiales » de ceci et de cela, qui leur servent de cheval de Troie dans les Etats. Il y aurait beaucoup à dire sur cette institution que le général de Gaulle, cet homme d’Etat français, a très tôt eu raison d’appeler « machin », c'est-à-dire une chose à utilité variable, selon les intérêts et intentions de celui qui la tient. Mais j’ai conscience de l’immensité de votre tâche, ce qui rend précieux votre temps, et je me limiterai à l’essentiel. 

La nuisance de l’ONU sur l’Afrique et les Africains a atteint aujourd’hui des proportions inacceptables. C’est une chose que l’ONU veuille se mettre au service des nations de sa création ! Mais c’est une autre chose que les Africains se laissent malmener par cette institution, sans réagir ! Je rappelle que votre élection à la tête de l’Union Africaine a suscité beaucoup d’espoir, et c’est au nom de cet espoir que je vous adresse cette lettre. 

L’ONU, une institution dans laquelle les Etats africains sont sous tutelle coloniale! 

En 1945, au moment où se créait l’Organisation des Nations Unies, les Etas Africains, dans leur réalité actuelle, n’existaient pas. On pouvait à peine parler du Libéria et de l’Ethiopie. Tous, nous étions des citoyens( !) de seconde zone des Etats colonisateurs, sur des territoires qui leur appartenaient et où ils disposaient des terres (sol et sous-sol), mais également de la vie des êtres sur ces terres.

En 1960, lorsque furent proclamées les indépendances arrangées, à l’ONU rien ne changea : l’Afrique a continué d’être la chose des colonialistes. Plus d’un demi-siècle après, ce sont toujours les nations colonisatrices qui décident du sort des Etats africains  dans cette institution. C’est ainsi que la France, dans sa guerre colonialiste contre la Côte d’Ivoire, a fait et continue de faire voter des résolutions qu’elle rédige, contre les Ivoiriens. Pendant plus de dix ans d’agression du pays, face à la résistance farouche du peuple de Côte d’Ivoire, les dirigeants français ont utilisé l’ONU à toutes les besognes, allant jusqu’aux massacres d’innocents aux mains nues. De ces massacres, on retiendra que les points culminants furent ceux de novembre 2004, avec les tueries racistes des ponts et de l’Hôtel Ivoire à Abidjan, les massacres de Duékoué en 2010, perpétrés par les miliciens de l’imposteur que la France et les USA ont imposé aux Ivoiriens, avec la participation avérée de l’ONUCI, l’armée de l’ONU dans le pays,  puis les bombardements qui ont fait plusieurs milliers de morts (plus que les 3.000 annoncés) et détruit le palais présidentiel, en mars-avril 2011.

Et ce Coréen, représentant de l’ONU qui, adossé aux armes du « machin » et de la France, s’arrogea le pouvoir de décider du gagnant des élections à la place du peuple ivoirien ! Tous ces crimes sont accompagnés par les rapports fantaisistes des agents de cette ONU aux ordres. En définitive, Cette institution est l’arme fatale du néocolonialisme ! Elle est l’outil de la manipulation avilissante que l’occident exerce sur l’Afrique !

Comme pour ce « machin », l’Afrique en tant qu’ensemble d’Etats souverains n’existe pas, comment l’ONU peut-elle poser un acte qui empêche la France de faire ce qu’elle veut en Côte d’Ivoire ? Il y a certes la faiblesse des dirigeants africains, qui s’aplatissent devant les dirigeants français! Mais la vérité, c’est que, toujours dans la logique de la négations d’entités étatiques en Afrique, ce sont les dirigeants français qui ont placés ceux qui ont la charge des Etats en Afrique francophone ; alors attendre des chefs d’Etats de la CEDEAO qu’ils disent autre chose que ce que veut la France, dans un problème en Afrique de l’ouest, est tout simplement un leurre.

Et ce n’est pas  la crise malienne, qui a tout l’air d’un complot français pour la partition du pays, parce qu’on aurait découvert des richesses dans le nord, qui donnerait l’occasion de prouver le contraire ! Le complot ayant, vraisemblablement, échappé à ses auteurs, les pantins africains n’ont qu’à amplifier la voix de leurs maîtres à l’ONU, et la suite se verra… Le scénario semble le même, quand on pense au Soudan et à la Somalie, pour les Etats ex- colonies anglaises, portugaises ou espagnoles… 

A présent, le temps est venu pour que prenne fin ce mépris indicible que subit l’Afrique. Il faut que cesse le paternalisme infantilisant, mais surtout assassin que l’occident exerce sur l’Afrique!     

Être reconnu en tant qu’ensemble d’Etats souverains ou se retirer de l’ONU !

En écoutant, à la dernière Assemblée Générale de l’ONU, Monsieur Maki Sal, le nouveau président du Sénégal, on est comme soulagé de ce que quelque chose de pertinent soit dit : le chef d’Etat sénégalais a expliqué qu’il fallait, pour une juste appréciation des choses, qu’à l’ONU, l’Afrique qui est le continent le plus grand et le plus représenté, en terme de nombre d’Etats, soit présente au nombre des Etats membres permanents du Conseil de Sécurité.

Cela est ce qu’il y a plus logique ! Car, il n’est plus admissible que l’Asie soit représentée, même si c’est par la seule Chine, que l’Amérique soit représentée par les USA et l’Europe par la France, l’Angleterre et la Russie, et que l’Afrique soit snobée, avec tous les viols sur tous les plans. Si vraiment l’Afrique vaut pour rien dans la marche du monde, qu’on  laisse les Africains s’organiser et gérer leur existence comme ils l’entendent et on verra. Ou alors s’accrocherait-on à ces idées reçues, d’un atavisme délirant, qui voudrait que les Africains soient de grands enfants qu’il faudrait toujours tenir par la main.

Il y a en Afrique, comme partout ailleurs, des incapables qui ont besoin de tuteurs pour exister ; mais il ya également, comme partout, des personnes de valeur, qui feraient avancer l’humanité, si les Etats colonialistes d’Europe n’imposaient pas aux Africains des médiocres, juste pour se faire servir et nuire à l’Afrique. Le fait est que cela retarde l’Afrique mais également et l’humanité toute entière! Car le continent le plus riche de la terre est ainsi entravé dans ses possibilités de faire avancer l’humanité, et c’est seulement quelques Etats tricheurs qui se servent avec la complicité de médiocres à leur service, qui empêchent le véritable rendement, sous l’œil complice de l’ONU.

Madame la présidente, engagez une bataille capitale : celle de faire entrer trois Etats africains, en tant que membres permanents, au Conseil de Sécurité de l’ONU, avec droit de veto ! Je dis trois en l’état actuel des choses, si aucun autre Etat n’est ajouté. Mais s’il doit être question d’une véritable réforme, tous les Etats étant égaux à l’ONU, que le nombre d’Etats membres permanents avec droit de veto, par continent, soit proportionnel au nombre d’Etats membres de l’ONU, par continent.

Et en attendant que cela soit obtenu, que plus jamais aucun Etat tiers  ne produise de résolutions dirigées contre un Etat africain, ainsi que le font la France, l’Angleterre et certainement d’autres Etats occidentaux, depuis que l’ONU existe ! Dans le même temps, mettez en marche une procédure de retrait de l’Afrique de ce « machin », si rien n’est fait, et faites de l’Union Africaine une véritable organisation de fédération des forces de notre continent. 

Que Dieu vous assiste !  

Veuillez agréer, Madame la présidente, l’assurance de ma très respectueuse considération.

 BEDI HOLY 

 Professeur d’Ens. Sec., Ecrivain 

 Ancien Directeur national de l’Alphabétisation en Côte d’Ivoire  

 

05:45 Écrit par BEN2013 dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

28/02/2014

Le président ougandais promulgue la très controversée loi anti-gay

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Le président ougandais a promulgué lundi une loi controversée durcissant la répression de l'homosexualité. Les groupes de pression religieux savourent leur victoire, les défenseurs des droits de l'Homme expriment leur consternation.

"Je vais désormais vivre comme un fugitif dans mon propre pays", déplore BrYoncé, homosexuel ougandais sur le réseau social Twitter devenu le lieu de son militantisme pro-gay. À compter de ce jour, la publication de ce genre de message se fera à ses risques et périls. Malgré les avertissements de la communauté internationale, le président ougandais Yoweri Museveni a signé, lundi 24 février à Entebbe, une loi violemment anti-gay qui durcit l’arsenal législatif déjà en place en Ouganda.

 

Adoptée mi-décembre par le Parlement, cette loi est l’une des plus sévères d’Afrique en la matière. Elle prévoit la prison à vie pour les récidivistes, interdit toute forme de promotion de l’homosexualité, condamne l’aide apportée aux homosexuel(le)s, bisexuels ou transgenres et incite à la dénonciation de quiconque s’affiche comme homosexuel.  "Cela revient à condamner les associations pro-gays et les groupes de parole qui s’expriment à ce sujet", estime Sarah Sakho, correspondante de FRANCE 24 en Ouganda

 

 

Les avertissements de la communauté internationale restés lettre morte

La menace de Barack Obama, qui avait déclaré le 17 février que la promulgation de la loi risquerait de compliquer les relations entre Washington et Kampala, ou les conseils du Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu, qui appelait dimanche 23 février à la "tolérance" et la "compassion", sont restés sans écho.
 

Faisant la sourde oreille au nom de la "moralité", Yoweri Museveni a fini par signer la loi controversée. Face à un défi cornélien, il a choisi de se plier aux injonctions de son peuple, en majorité favorable à la loi,  plutôt qu'à celui des puissances étrangères, au risque de perdre l'aide des États-Unis, qui s'élevait l'année dernière à 265 millions de dollars : "Les étrangers ne peuvent pas nous donner des ordres. C'est notre pays", a-t-il martelé lundi après avoir paraphé la loi : "Je conseille aux amis occidentaux de ne pas faire [du sujet] un problème" car "ils ont beaucoup à perdre", a-t-il poursuivi. 

"Imposer des valeurs sociales d'un groupe à notre société, c'est de l'impérialisme social. Maintenant, vous nous dites que nous devrions vivre comme vous. Pas du tout !", a poursuivi Yoweri Museveni.

Pressions des groupes évangéliques

Yoweri Museveni avait pourtant tergiversé et hésité. Le mois dernier, il assurait qu’il ne la signerait pas, considérant les homosexuels comme des "malades" qui avaient besoin d’être soignés et non d’être incarcérés. Mais un rapport scientifique réalisé à sa demande par le ministère de la Santé ougandais l’a fait changer d’avis : "Le président Museveni a justifié son geste et son retournement sur la base d’un rapport scientifique disant que l’homosexualité n’est pas génétique. Les homosexuels sont donc jugés responsables de leurs actes et ainsi condamnables", explique Sarah Sakho.  

"Le président Museveni a cédé aux pressions très importantes de son parti, le National Resistance Movement (NRM), qui a porté ce projet et l’a défendu face à un public très favorable au texte. L’autre groupe de pression qui l’a fait plier est religieux. Les 'born again', ces églises évangélistes inspirées du protestantisme américain, ont pignon sur rue. On y prône des doctrines très homophobes", poursuit la journaliste.
 
Chrétien évangélique très pieux, Museveni avait déjà entériné début février une loi antipornographie, interdisant notamment certaines manières de s'habiller jugées "provocatrices", bannissant les artistes légèrement vêtus de la télévision ougandaise et surveillant de près les sites consultés par les internautes.
 
Dénonciation des groupes de défense des droits de l’homme
Les dispositions les plus controversées du projet de loi – qui prévoyaient initialement la peine de mort en cas de récidive, de rapport avec un mineur ou en se sachant porteur du virus du sida - ont été abandonnées face à une levée internationale de boucliers. Les associations de défense des droits de l’Homme n’en dénoncent pas moins une loi qui porte atteinte aux libertés fondamentales.
 
"Les sanctions applicables à certaines formes de relations sexuelles entre adultes consentants, restreignent des droits liés à la vie privée, à la vie familiale et à l'égalité pourtant protégés par la constitution, et violent le droit à la liberté d'association et d'expression", dénonce dans un communiqué Daniel Bekele, directeur de la division Afrique chez Human Rights Watch.
 
Amnesty International dénonce un retour en arrière en matière de droits de l’Homme : "Cette législation institutionnalise la haine et la discrimination à l’égard des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et transsexuels en Ouganda. Son adoption marque un épisode très grave de l’histoire du pays", a réagi lundi l’organisation.
 
Au pouvoir depuis 28 ans, Museveni a progressivement limité la liberté de réunion, d'expression et d'association ; les organisations de la société civile qui travaillent sur des problématiques telles que la corruption, la gestion des terres, le pétrole et la bonne gouvernance ont quant à elles été menacées. Quant aux homosexuels ougandais, déjà avant le vote de cette loi qui les criminalise pour leurs amours et leur sexualité, ils étaient les victimes de persécutions et de violences pouvant aller jusqu'au meurtre. 
 

Première publication : 24/02/2014

Source : France 24

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06:56 Écrit par BEN2013 dans Afrique, Moeurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

02/02/2014

L'Afrique au sommet, c'est pour 2063

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Lors du 22e sommet de l'Union africaine, la présidente de la commission Nkosazana Dlamini-Zuma a célébré l'émergence du continent africain... en 2063.

Par Quentin Raverdy

Utopiste ou visionnaire ? Difficile à dire... Une chose est sûre, le discours de la présidente de la commission, Nkosazana Dlamini-Zuma, lors du 22e sommet de l'Union africaine (UA) en Éthiopie, laisse songeur. En ouverture de la réunion, la Sud-Africaine avait en effet choisi de livrer sa vision globale du continent, non pas en 2013, mais un demi-siècle plus tard, en 2063. Dans un e-mail fictif, destiné à son "cher Kwame" (Nkrumah, NDLR), panafricaniste ghanéen des années 1960, Dlamini-Zuma se plaît à dépeindre le triomphe du continent noir : uni linguistiquement, siégeant au Conseil de sécurité de l'ONU et devenu un géant économique.

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Ses prédictions ne se bornent pas à évoquer un train à grande vitesse sillonnant les pays ou les fusées lancées en orbite par l'agence spatiale 100 % africaine. Le discours de Nkosazana Dlamini-Zuma se berce d'une forme de syncrétisme panafricain. En effet, à en croire l'augure sud-africain, dès 2051, les 55 nations du continent formeront une nation, une et indivisible : la Confédération des États africains. Héritière de l'Union africaine, cette confédération symbolise la prise de conscience des Africains que seules "l'intégration et l'unité" permettraient au continent d'"exploiter pleinement ses avantages". Un ultime pied de nez pour la présidente de la commission à tous ceux qui, au début du XXIe siècle, ne croyaient pas en l'Afrique. "Ils nous appelaient le continent sans espoir (...), en proie aux épidémies, à la pauvreté, à la famine, miné par les violences. Nous n'avions pas alors pris l'ampleur de notre puissance."

Un discours utopiste

Célébrer l'unité africaine de 2063, c'est se souvenir qu'en 2013 on en est très loin. "L'UA pâtit des rivalités linguistiques - entre espaces anglophone et francophone -, mais aussi des conflits entre puissances hégémoniques, à l'instar de l'Afrique du Sud, du Nigeria ou de l'Égypte, rappelle Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), responsable de l'Afrique. Le discours aux accents unionistes de Dlamini-Zuma frise "l'utopisme" pour Philippe Hugon. "Je vois mal comment les 54 pays de l'UA - le Maroc ayant quitté l'organisation à la suite de la reconnaissance par ses membres du Sahara occidental - parviendront à régler leurs nombreux différends." Inégalement développé, le continent peine à dissimuler la rude concurrence entre les États. "Plusieurs nations comme l'Afrique du Sud ont toujours été très réticentes face au projet panafricain, lui préférant l'idée d'une Afrique des nations", moins contraignante.

Des limites sur lesquelles la visionnaire Nkosazana Dlamini-Zuma semble faire l'impasse dans son e-mail. En effet, quid de la sécurité, défi majeur du continent ? La présidente de la commission de l'UA doit sûrement considérer le problème comme caduc puisqu'elle le balaie d'un revers de la main : "Grâce à notre expérience de premier ordre quant aux ravages des conflits, nous nous sommes attaqués directement aux causes." Par l'éducation, par une meilleure gestion des ressources du continent et l'intégration des diversités, l'Afrique est venue à bout de ses maux endémiques. C'en est donc fini des crises alimentaires, des épidémies ou des guerres, selon la Sud-Africaine.

L'Afrique : futur géant économique

Mais ici encore, les oracles de Nkosazana Dlamini-Zuma semblent bien optimistes. Et la realpolitik de reprendre ses droits : "Il y a une Afrique en pleine croissance relativement pacifiée et de l'autre côté une partie du continent reste marginalisée et en proie à des crises graves", analyse le chercheur de l'Iris. Il cite en particulier les cas de "la Centrafrique, la République démocratique du Congo ou la zone sahélienne". Et aucune amélioration n'est en vue. "Le continent n'est même pas capable de mettre sur pied une force africaine commune." Philippe Hugon précise que "beaucoup d'éléments de son discours sur la réussite continentale s'inspirent du succès du modèle sud-africain, d'où est originaire Nkosazana Dlamini-Zuma". Pour bon nombre de pays, un demi-siècle ne semble donc pas de trop pour se remettre sur pied.

Pourtant, dans cette Afrique de 2063, tout n'est pas que fantasme. Sur la croissance économique, notamment, politiques et experts semblent tomber d'accord. Aujourd'hui, fort de plus d'un milliard d'habitants (deux fois plus d'ici 2050, NDLR) et d'une croissance annuelle du PIB de plus de 5 % sur la dernière décennie, le continent semble bien destiné à devenir "la troisième puissance économique mondiale", comme le laisse entendre la Sud-Africaine. Nkosazana Dlamini-Zuma en est certaine, l'Afrique a pour cela des atouts indéniables : "Le secteur minier, la finance, la pharmaceutique, le tourisme, etc." Elle prédit même à la confédération qu'elle deviendra, dans le demi-siècle à venir, un véritable pôle technologique où fleuriront les Silicon Valley africaines. Argument de plus dans la balance, l'incroyable richesse en matière de ressources énergétiques et de matières premières. Forts de cela, "nous éclairerons l'Afrique, l'ancien continent sombre", prévient-elle.

Avant de conclure son discours, Nkosazana Dlamini-Zuma a décidé de donner "quelques nouvelles de la famille" à Kwame, comme autant d'allégories du succès de l'Afrique. Ses "jumeaux" ont terminé de prestigieuses études en Éthiopie avant de rejoindre l'"Agence spatiale africaine", symbole d'un système éducatif qui n'a plus rien à envier à l'Occident. Quant à sa "fille aînée", l'essor de la femme africaine durant ses cinq décennies l'a menée au cap Vert, devenu en 2063 "le quartier général de l'université virtuelle panafricaine". Elle y donne des cours en swahili (langue parlée dans l'est de l'Afrique), nouvelle langue du business continental, que l'on apprend même "dans les établissements à l'étranger". Et de conclure "combien les choses ont changé".

Source : http://www.lepoint.fr/monde/

 



 

07:38 Écrit par BEN2013 dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |