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29/10/2013

Exclusif ! / Révision de la constitution et création de la vice présidence de la République Ouattara et Bédié sortent le joker d’un parti unifié?

Les langues commencent à se délier. Elles font état d’un projet de modification de la constitution pour la création d’un poste de vice-présidence.

Evoquée souvent, la création de ce poste de vice-président semble désormais devenir une réalité face aux exigences de cohérence et de cohésion au sein du Rhdp. Le poste de premier ministre n’ayant pas réussi à garantir le sentiment de totale adhésion et de pleine participation des cadres et des militants du Pdci Rda à la gestion des affaires de l’Etat et du pouvoir d’Etat par le président Ouattara, les différentes instances du vieux parti avaient aussi bien lors du conclave des secrétaires de section, que lors des pré-congrès éclatés, et pendant le congrès, voté pour la modification de la constitution et la création d’un poste de vice président de la république. Des commentateurs, avaient estimé qu’il s’agissait d’une trouvaille pour permettre au président Bédié lui-même d’être le vice-président d’Alassane Ouattara. Une éventualité vite balayée du revers de la main par des responsables du Pdci-Rda. En réalité, il s’agira, si tout se passe bien, si la modification de la constitution est réalisée, pour la convention à venir du parti, de choisir un candidat qui accompagnera en 2015, le président sortant considère comme le mieux placé pour rempiler selon les termes de l’accord des houphouétistes. Des termes qui indiquent qu’il convient d’aller en rangs séparés certes au premier tour, mais de soutenir le candidat le mieux placé au second tour. Selon des partisans du Rhdp, face au retour du Fpi il convient de ne pas prendre trop de risques et de maintenir dès le premier tour, le dispositif permettant de mettre en route le mécanisme RHDP de soutien au second tour. La nature de la campagne à venir étant différente, avec l’absence de Laurent Gbagbo d’une part et d’autres part avec Alassane Ouattara dans la posture du président sortant ayant un bilan à défendre, le Pdci sera obligé de l’attaquer et de le traiter en vrai adversaire, ce qui n’a pas été fait en 2010. Et vice versa d’ailleurs, puisque Ouattara et le Rdr qui s’attendaient eux aussi à un soutien de Bédié, ou à la soutenir au cas où, ils n’ont pas pu faire une attaque en règle contre Henri Konan Bédié. Le RDR et le Pdci se sont donc « acharnés » séparément et tous les deux sur Laurent Gbagbo, avant de s’associer pour le battre au second tour. En 2015, l’adversaire reviendra sous une autre forme. Alors faut-il ne pas en tenir compte et se battre comme lors des législatives et des municipales et régionales ? Faut-il s’engager dans la présidentielle de 2015, en se disant que le Fpi ne sera pas présent et se diviser au risque de se faire surprendre ? Enfin, même si le Fpi était absent, un affrontement Pdci contre le Rdr n’est-il pas un signe de manque de maturité, avec le risque de réveiller les vieux démons, dans un contexte encore fragile, comme les incidents et les contentieux des élections locales sans le Fpi, l’ont fait ressortir dans plusieurs localités : Koumassi, Treichville, Cavally, etc….en Mars 2013 Cocody ou ailleurs en décembre 2011. Des barons du Rdr avec qui l’IA a échangé sur la question, commencent à se ranger donc à la proposition du Pdci, estimant que le prix à payer n’est pas trop cher, et que les querelles de succession et de positionnement d’après Ouattara ne doivent pas venir de leur camp, pour empêcher une réélection aisée et dès le premier tour de leur champion. Selon nos interlocuteurs, tous les stratèges autour du chef de l’Etat, à commencer par lui-même, estiment que ce serait injuste que Ouattara soit contraint à un second tour, après tant d’engagement et de bienfaits apportés à la Côte d’Ivoire au cours de son mandat. Cela dit, après l’étape politique et psychologique de la question de la vice-présidence, il faudra passer à la phase d’exécution. Une phase qui ne saurait se faire par l’usage de l’article 48 de la constitution, puisque nous ne sommes pas en situation exceptionnelle. L’article 126 de la constitution est assez clair sur la question : « Est obligatoirement soumis au référendum le projet de révision ayant pour objet l’élection du Président de la République, l’exercice du mandat présidentiel, la vacance de la présidence de la République et la procédure de révision de la présente constitution». Il est évident pour tous que la création d’un poste de vice président pose une problématique relative aux questions soulevées et aux conditions posées dans cet alinéa 2 de l’article 126 de la constitution d’aout 2000, (avec les articles 35, 40 et 53 à modifier). . La création d’un poste de vice président de façon plus pratique et moins générale, interroge fortement sur la pertinence du maintien du poste de premier ministre, chef de gouvernement. Ce qui appelle à jeter un regard sur l’article 41 de la Constitution relatif aussi bien aux pouvoirs du président de la république, qu’aux prérogatives du Premier ministre. En filigrane, il y’a aussi et surtout l’article 40 relatif à la vacance du pouvoir. En cas de création d’une vice-présidence, cette vacance peut-elle continuer à être maintenue dans la constitution au profit du président de l’Assemblée nationale. Tout cela nécessite une haute vision des choses de l’Etat et pourrait à terme conduire à ce grand parti unifié houphouétiste, qui pourrait pendant longtemps encore dominer la vie politique ivoirienne, comme le parti libéral resté longtemps au pouvoir au Japon. Reste à savoir si au delà des présidents Ouattara et Bédié, qui dit-on on, sont en phase sur la question depuis une rencontre discrète à 48 heures du congrès du Pdci-Rda, leurs entourages respectifs sauront se montrer à la hauteur des enjeux. Le débat ne fait que commencer.
Charles Kouassi

Source : l'INTELLIGENT D'ABIDJAN

18:13 Écrit par BEN2013 dans Partis politiques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

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