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10/11/2013

“Notre plan triennal prévoit 125 collèges”

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L’effectif des élèves en  Côte d’Ivoire croît d’année en année. Notamment celui du secondaire. Et les infrastructures scolaires devant les accueillir ne suffisent plus. Pour résorber ce déficit en infrastructures, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique a décidé de construire  des collèges de proximité. Le chef de Cabinet du ministère de l‘Education nationale, Kouyaté Abdoulaye, dans cet entretien, explique l’importance de ces collèges de proximité.

Le Patriote : Trois mois après la rentrée scolaire 2013-2014, qu’est-ce qu’on peut en retenir?

Kouyaté Abdoulaye : Le point qui nous a été fait, c est que l’école a véritablement repris sur toute l’étendue du territoire national. Aussi bien au préscolaire, primaire  qu’au secondaire. Et en ce qui concerne l’inscription en ligne,  tout rentre dans l’ordre. Lorsqu’on faisait le point  des inscriptions, nous étions à plus de 900.000 éleves inscrits sur un effectif de 1,2 million  d’élèves attendus.  Quand on fait le calcul, on se rend compte que nous sommes à plus de 80 % d’inscrits. Alors qu’à cette même période des années précédentes, on n’avait pas encore inscrit 20 %. Ce  qui veut dire que les mesures que nous avons prises pour que la rentrée soit effective sont suivies. Nous en sommes heureux. Nous pouvons au moins espérer que le quantum horaire sera respecté.  Soit 930 heures d’enseignement (31 semaines de cours).  Naturellement, étant donné que c’est une ?uvre humaine, il peut y avoir quelques petits sons discordants.

 

LP : Beaucoup de parents se plaignent des coûts trop élevés des frais d’inscription dans les établissements privés.  Votre commentaire.

K.A : Il y a une convention qui existe entre le ministère de l’Education nationale et les faîtières  du secteur privé de l’Education. Cette convention dit qu’indépendamment des frais d’inscription, des frais complémentaires vont de zéro à 37000 FCFA.  Evidemment, lorsque le ministre Kandia Camara  a rencontré les fondateurs, il était question qu’on harmonise tout cela. Ces faîtières ont même reconnu qu’en leur sein, il y a des sons discordants. Tout le  monde respectait les  clauses de la convention. J’ai eu un entretien avec des faîtières pour qu’elles se conforment à ce qui a été arrêté. C’est-à-dire que les  frais complémentaires n’excèdent pas les 37000 FCFA.  Mais comme l’Etat ne peut  recevoir tous les orientés  et affectés, il est obligé de faire appel au secteur privé de l’Education. Naturellement, ils ont leurs  conditions. Et ils estiment que les frais d’écolage viennent avec quelques retards. D’où les ressources additionnelles qu’ils imposent en vue de gérer les élèves jusqu’à ce que  l’Etat leur verse les frais d’écolage. L’Etat, conscient de cette situation, est en train de faire des efforts pour que les choses se fassent dans les règles de l’art.

 

LP : L’un  des grands soucis de votre département est l’insuffisance des  capacités d’accueil pour absorber le maximum d’éleves.  Y a  t-il  amélioration?

K.A :   Il y a beaucoup d’amélioration. L’année dernière, il y a eu 38 nouveaux  lycées et collèges  construits. Cette année, nous sommes pour le moment  à 31 collèges  créés.  Il faut comprendre que la construction en masse des écoles s’est arrêtée dans un premier temps dans les années 80. Et c’est dans les années 90 que l’actuel président de la république, alors Premier ministre, avait initié les écoles BAD. A cette époque, sur trois ans (1990 à 1993), il y a eu 10 collèges BAD qui ont été construits  et 165 écoles primaires dans ce projet. Mais depuis 1993 jusqu’à ce jour, il n’y pas eu de construction d’écoles. Ce qui signifie qu’il va y avoir un engorgement surtout que la population scolaire augmente d’année en année. Les enfants ne sont pas responsables de cette situation. Pour que tous les enfants soient orientés, la Commission de l’orientation demandait aux enfants d’obtenir souvent (100 à 120 points). C’était trop ! Cela équivalait à 13 ou 14 de moyenne. Alors que pour aller en classe supérieure, il faut 10 de moyenne. Cela fait 85 points. C’est ainsi que  le ministre Kandia Camara a introduit une requête pour que les enfants soient orientés en sixième   avec 10 de moyenne. Soit 85 points. Et comme depuis vingt ans, il n’y a pas eu de construction, naturellement il va y avoir un engorgement. Les enfants ne sont pas responsables encore  moins les parents. Il appartient à l’Etat de construire les établissements. Et c’est ce qui est en cours à travers un plan de construction des écoles.

 

LP : Quel est ce plan ?

K.A : Cette année, il y a 31 collèges qui sont mis à la disposition des élèves. L’année prochaine, nous envisageons la construction de 30 autres établissements. Ces établissements seront construits par le Programme d’urgence présidentiel (Ppu). Sans oublier que les communes, les conseils régionaux  et les communautés peuvent construire des écoles.

 

LP : Combien d’établissements y aura-t-il d’ici 2015 ?

K.A : Pour le Ppu, au niveau du primaire, nous serons à 36.000 classes construites et 99 lycées et collèges sans compter les 12 lycées d’excellence et 06 lycées de Jeunes filles avec Internat et 08 lycées techniques qui seront construits. En tout cas, à l’horizon 2016, nous aurons tous ces établissements. Il y a  eu quelques balbutiements dès le début, ce qui fait que nous étions obligés de revoir notre plan triennal 2014 -2015 -2016.

 

LP : Où en sommes-nous avec les collèges de proximité ?

KA : Les collèges de proximité font couler beaucoup d’encre et de salive. Mais en fait, le problème des collèges de proximité est une innovation majeure. Nous avons constaté que les lycées et collèges sont des lieux d’habitations  des enfants. L’Etat, à  partir des années 80, n’a plus construit d’Internat. Les Internats étaient des palliatifs au problème d’hébergement des enfants.  Mais il n’y a plus d’internat. Avec la population scolaire que nous avons actuellement, il est difficile de construire les Internats dans tous les établissements. Et le palliatif que nous avons trouvé, c’est de faire  en sorte  que les collèges soient plus proches des populations. Ce, dans un premier temps,  pour un meilleur encadrement, parce que les problèmes de tuteurs se posent le plus souvent. Ces Collèges de proximité seront  des établissements de petites tailles à Base 2. C'est-à-dire deux classes de 6ème, deux classes  de 5ème, deux classes de 4ème et 3ème  pour parachever l’enseignement de base  (Ndlr : qui part du préscolaire à la classe de 3ème). Ce sont  les mêmes disciplines qui sont enseignées dans ces collèges. Mais seulement on procède à une petite délocalisation pour que  ces établissements soient plus proches des lieux d’habitations des enfants. Objectif : un meilleur encadrement pour booster la scolarisation de la jeune fille. Aujourd’hui, nous sommes  dans un système égalitaire en matière de scolarisation des enfants. Il y a aussi le fait qu’au niveau de l’Etat, cela résout le problème du déficit d’enseignants. Avec ces collèges, nous avons besoin de 10 enseignants au lieu de 18 dans les  collèges dits ‘’classiques’’.  Cela est supportable pour l’Etat.  Et le troisième élément, c’est la polyvalence. Un Professeur qui enseigne  par exemple l’Anglais doit également enseigner en Français. Cela nous permettra aussi de mieux gérer les ressources humaines. Ce sont les mêmes volumes horaires  (21 heures) d’enseignement qui seront dispensés dans ces  collèges à Base 2.

 

LP : Comment va se faire le recrutement ?

KA : Nous sommes partis sur une base simple. En effet, ceux qui utilisent la polyvalence sont  les enseignants du primaire. Ils enseignent par semaine huit disciplines. Parmi ces enseignants du primaire, certains ont des diplômes universitaires  en Mathématiques, en Histoire-Géographie, en Français, Sciences de la Vie et de la Terre et en Sciences Physiques. Ils ont des Licence, Maîtrise. D’autres, par  rapport à leur ambition personnelle, ont des Diplômes d’études approfondies (Dea).  Non seulement, ils ont la connaissance académique pour faire ce travail mais ils ont l’aptitude pédagogique. Donc ils sont aptes  à faire de la polyvalence. Ce sont eux qui seront prioritairement utilisés pour dispenser les cours  dans ces écoles de proximité. Mais ils seront recrutés par voie de concours. Il ne s’agit pas de recrutement direct.  Après  leur admission à ce concours, ils rentrent à l’Ecole normale supérieure (Ens) où ils auront une formation de deux ans. C'est-à-dire une année de théorie et une année de  stage.  C’est à la suite de ces deux années sanctionnées par un examen de sortie qu’ils seront redéployés  dans ces collèges de proximité. 

 

LP : Les instituteurs sont-ils prioritaires pour ce recrutement?

KA : Les instituteurs titulaires d’un diplôme universitaire peuvent  faire acte de candidature. Mais il suffit d’avoir un diplôme universitaire. Et même si vous n’êtes pas instituteur,  vous pouvez postuler.

 

LP : De combien d’enseignants avez-vous besoin ?

KA : Nous aurons besoin de 1550 enseignants qui dispenseront les cours dans ces collèges de proximité.

 

LP : A quand le démarrage des travaux de construction de ces collèges de proximité ?

KA : En principe, ces collèges de proximité doivent être prêts pour la rentrée scolaire 2014-2015. Les constructions vont commencer à partir de février ou mars 2014. Les zones de construction ont été ciblées. Mais, prioritairement, sept collèges  vont être construits dans les  zones de Boukani, Bondoukou, Touba, Odienné, Korhogo et dans la région de Man à titre expérimental.  Nous allons solliciter les conseils régionaux pour leur contribution et voir dans quelle mesure elles peuvent accompagner le ministère de l’Education nationale et de l’enseignement technique (Menet). Le coût  de réalisation d’un  collège  de proximité est estimé à 125 millions FCFA. C’est relativement plus abordable  qu’un collège classique à base 5 ou 6 qui coûte près du milliard FCFA.                                       

Anzoumana Cissé

 

Source : Le Patriote

     
 

 

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21:16 Écrit par BEN2013 dans Notre école | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

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