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31/12/2013

Communiqué officiel du FPI: méssage de voeux de Pascal Affi Nguessan à la nation

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Ivoiriennes, Ivoiriens, Mes chers compatriotes, Chers amis de la Côte d’Ivoire, Camarades militantes, camarades militants et sympathisants du Front Populaire Ivoirien, Une année s’achève, une autre année commence. Puisse l’année 2014 être l’année de la réconciliation nationale et de la paix définitive en Côte d’Ivoire. Au moment où notre pays cherche les voies et moyens pour panser les blessures, les meurtrissures, les frustrations et les ressentiments occasionnés par la bourrasque qui s’est abattue sur le pays depuis plus d’une dizaine d’années et particulièrement depuis le 11 avril 2011, j’ai l’agréable devoir d’exprimer à nos compatriotes ainsi qu’à tous ceux qui nous font l’amitié de partager chaque jour nos peines et nos joies, des vœux de bonheur, de paix et de prospérité pour les douze prochains mois que nous nous apprêtons à parcourir ensemble. Mes chers compatriotes, chers frères et sœurs, A l’orée de cette nouvelle année, la situation politique, économique et sociale de notre pays continue de susciter les plus grandes préoccupations. Au plan politique et des droits de l’homme, nos cœurs saignent encore quand nous viennent en mémoire les souvenirs de BOHOUN Bouabré, TAGRO Désiré, DIAGOU Gomont Jean-Baptiste, GNAN Raymond, Mahan Gahé, pour ne citer que ceux-là, qui ont payé de leur vie, les effets effroyables de la crise postélectorale. Nous sommes aussi écartelés entre des sentiments de révolte et de pardon quand nous pensons au traitement inhumain et dégradant qu’a subi le Président Laurent GBAGBO avant d’être déporté à la Haye où il est détenu injustement pour avoir respecté la Constitution de son pays, de notre pays. L’insupportable calvaire que vivent Simone GBAGBO, Charles Blé GOUDE, Jean Yves DIBOPIEU, VAGBA Faussignaux et plusieurs centaines de prisonniers politiques, civils et militaires, la douleur des nôtres et de milliers d’Ivoiriens contraints à l’exil et à la séparation d’avec leurs familles, en violation des dispositions de notre Constitution, en ajoutent à notre pesante tristesse. Les douloureux et effroyables évènements de DUEKOUE et du camp des déplacés de NAHIBLY, mais aussi tous les foyers d’exactions à travers le pays, appellent non seulement notre compassion et notre solidarité mais interpellent surtout notre conscience collective et notre volonté de réconciliation, de paix et de fraternité. La situation des acteurs et des partis politiques de l’opposition, principalement le Front Populaire Ivoirien(FPI), n’est guère reluisante. La confiscation par le pouvoir des libertés acquises au prix de longues luttes ; l’asphyxie financière dont sont victimes les formations politiques du fait du blocage des financements publics des partis ; le gel des avoirs ; l’occupation illégale des domiciles des responsables de l’opposition et le harcèlement judiciaire dont ils sont arbitrairement victimes ; les fréquentes répressions ou perturbations des manifestations de l’opposition et la persécution de ses militants ; l’interdiction qui lui est faite d’accéder aux médias d’Etat, sont autant de marqueurs d’une gouvernance caractérisée par l’autocratie, le clientélisme, le népotisme, l’affairisme et l’instrumentalisation de l’Etat, siège et pilier de la justice des vainqueurs. Au plan social, les ivoiriens désespèrent de la dégradation continue de leurs conditions de vie ; de l’accroissement du chômage, celui des jeunes en particulier ; de la généralisation de la pauvreté ; des licenciements massifs ; de l’épuration de l’administration publique au nom de la politique de rattrapage ; de la cherté de la vie ; de l’érosion du pouvoir d’achat des ménages dont la grande majorité a aujourd’hui à peine un repas par jour L’insécurité est généralisée et constitue aujourd’hui une autre grande préoccupation des ivoiriens. Elle entretient un environnement de traumatisme généralisé ; elle impacte négativement l’environnement des affaires, l’économie nationale et la situation des finances publiques : le gouvernement est obligé de recourir à un endettement excessif et onéreux pour financer son programme nationale de développement, hypothéquant ainsi l’avenir de plusieurs générations d’ivoiriens C’est le lieu de rendre un hommage appuyé aux militants et sympathisants du Front Populaire Ivoirien qui, avec une foi inébranlable en leur parti et dans le combat qu’il mène, avec un courage admirable et une ferme détermination, ont su braver la peur pour faire barrage à la volonté du pouvoir d’anéantir ce précieux instrument de lutte qu’est le FPI au service et aux côtés du peuple de Côte d’Ivoire. Honneur et Hommage à vous camarades militantes et militants ; Honneur et hommage à toutes ces Ivoiriennes et à tous ces Ivoiriens en lutte pour la liberté, pour la dignité, pour la démocratie et pour la justice dans leur pays ; Honneur et hommage à tous ceux qui accompagnent le FPI et les Ivoiriens dans ce noble combat dont l’enjeu est l’avenir de notre nation. Mes chers compatriotes, chers frères et sœurs, Le pays va mal ; il peine à sortir de la grave crise postélectorale : à cause d’une absence de vision politique, d’une politique de rassemblement des ivoiriens et d’une politique de réconciliation nationale. Notre pays a besoin de paix et de stabilité. Les quelques actes de décrispation posés par le chef de l’Etat, le Président Alassane Ouattara, notamment la libération des 32 prisonniers politiques sur plus d’un millier, sont trop timides et insuffisants pour inverser la tendance et engager résolument le pays dans la voie de la paix et de la stabilité. Restaurer la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire, réconcilier les ivoiriens et reconstruire le pays requièrent du courage politique, de la hauteur de vue et un sens élevé de responsabilité. Cela n’est possible qu’au travers d’un débat républicain, constructif et inclusif engageant toutes les composantes de la nation sur les graves problèmes auxquels celle-ci est confrontée depuis une vingtaine d’années. Le temps est venu de faire le deuil de l’échec de toutes les initiatives hasardeuses du régime actuel et de poser, sans faiblesse et sans complexe, la problématique de la réconciliation de la Côte d’Ivoire avec elle-même ; de la construction de la nation et de la refondation de l’Etat Le temps est venu de mettre fin aux divisions et aux persécutions ; à la méfiance et suspicion ; aux arrestations arbitraires ; à l’existence de prisonniers et d’exilés politiques. Le temps est venu de bâtir les deux piliers de la réconciliation nationale, à savoir : finaliser le dialogue politique et convoquer les Etats Généraux de la République que propose le FPI. C’est la seule voie et le seul moyen par lesquels l’ensemble des ivoiriens parviendront à fermer la sanglante et douloureuse parenthèse de plus dix ans de violences politiques et d’affrontements armés ; à vider le gisement de colères et de révoltes qui étouffe notre pays. C’est le chemin de l’émergence. Puisse Dieu, dans son infinie bonté, inspirer aux autorités politiques la sagesse nécessaire à la résolution définitive de la crise en Côte d’Ivoire, affermir le soutien de la communauté internationale à notre pays et exaucer les vœux de justice, de liberté et de paix des ivoiriennes et des ivoiriens. Bonne et heureuse année 2014 à toutes et à tous. Abidjan, le 30 décembre 2013 Pascal AFFI NGUESSAN Président du FPI

06:15 Écrit par BEN2013 dans Partis politiques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Autoroute du Nord : Les montants retenus pour le pesage Publié le mardi 31 decembre 2013 | Le Mandat

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Le pesage sur l’autoroute du nord coûtera 2000 FCFA. Ces frais qui seront payés au poste de contrôle d’Attinguié serviront pour l’entretien des installations de l’autoroute. Les transporteurs qui feront la surcharge en auront pour leur compte. Pour le fret national, les camionneurs qui seront pris en infraction de surcharge payeront 4.000 FCFA/tonne de surcharge. Ceux qui font le fret Inter-états payeront 11.000 FCFA /tonne en cas d’infraction. Les transporteurs de Côte d’Ivoire, les commerçants et ceux de la sous-région qui entrent sur le territoire ivoirien savent, désormais, les sanctions qui les attendent, en cas de non respect des poids de chargement. Ces décisions ont été arrêtées, hier, au terme de trois jours (28, 29 et 30) d’un séminaire qui a réuni le Fonds d’entretien routier (Fer) et tous les acteurs du transport. Le pesage débutera en janvier 2014, et le péage sera officiel à partir du 1er février 2014, après fixation des coûts. Selon le directeur général de la commercialisation de la route du Fer, Jean-Philippe Kouamé, c’est un important effort qui a été fait pour fixer les amendes des infractions à 4.000 FCFA et 11.000 FCFA. Car, selon le règlement de l’Uemoa, relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle de gabarit, du poids et de la charge à l’essieu, les amendes sont, normalement, fixées à 20.000 FCFA, pour le fret national et 60.000 FCFA, pour le fret inter-état. Concernant le péage, les transporteurs ont décidé de s’en remettre au gouvernement ivoirien pour fixer un prix. Mais pour Diaby Ibrahim, Secrétaire général du Haut patronat des entreprises de transport, et Koné Vafi, président de la Confédération des syndicats de conducteurs routiers de l'Afrique de l'Ouest (Cscrao), le gouvernement devra tenir compte des difficultés qu’ils traversent. Notamment les effets de la crise et le vieillissement du parc automobile. Outre ces leaders syndicaux, tous les transporteurs présents à la rencontre ont souligné leur adhésion au mémorandum signé, au terme des travaux, par acclamations. Une décision saluée par le directeur général du Fer, Siandou Fofana. Selon qui, le caractère participatif du séminaire est le témoignage de la volonté de l’ensemble des transporteurs, des conducteurs et des commerçants, d’aider l’Etat à protéger les infrastructures routières. Il leur a promis de transmettre leurs doléances au gouvernement pour qu’il en tienne compte dans la fixation du coût du péage.

B.S

05:54 Écrit par BEN2013 dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

30/12/2013

Education nationale : Instituteurs réclament le déblocage des salaires Publié le lundi 30 decembre 2013 | Notre Voie

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Le déblocage des salaires des fonctionnaires maintenant. C’est l’une des revendications des instituteurs de Côte d’Ivoire qui a sanctionné vendredi dernier, à la Bourse du Travail à Treichville, le Conseil de Noêl du Syndicat national des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire (Sneppci). Les militants de cette organisation syndicale ont dénoncé le blocage des salaires qui dure depuis 30 ans, selon eux. A en croire ce Conseil, 53.000 instituteurs qui sont concernés par ce déblocage.

Le paiement du premier salaire des nouveaux instituteurs a été également débattu. « C’est trois ans d’attente et d’endettement. Ils sont sans matricule. Il faut qu’ils perçoivent leur salaire dans les meilleurs délais. Les instituteurs qui sortent des Cafop, attendent 1 à 3 ans avant de percevoir leur premier salaire. Cette situation les amène à s’endetter. Le Sneppci exige le paiement du premier salaire des instituteurs dès leur titularisation » a soutenu Paul Gnélou, SG de ce syndicat.

Autre revendication remise sur la table, le rétablissement des postes déshérités. Une fois encore, le régime Ouattara est interpelé. « Bon nombre de régions en Côte d’Ivoire sont difficile d’accès et manquant cruellement d’équipements (eau potable, électricité, moyen de déplacement) rendant la vie pénible aux instituteurs. Cet état de fait démotive ceux qui s’y trouvent et constitue une hantise, source d’absentéisme pour ceux qui sont affectés ou mutés. Le Sneppci demande le rétablissement du paiement des indemnités (120.000Fcfa) au bénéfice des instituteurs en service dans ces postes » a-t-il poursuivi.

Le paiement des 25% de la bonification indiciaire et du reclassement que promet de payer l’Etat en janvier 2014, et des arriérés au titre de l’indemnité de logement, de la bonification indiciaire et du reclassement, ont été également au centre des préoccupations de ce Conseil. Idem pour la formation des enseignants à la nouvelle approche pédagogique, l’approche par compétence. « Le Sneppci n’est pas opposé à la mise en œuvre de cette approche méthodologique. Mais nous constatons que les mesures d’accompagnement ne suffisent pas » a-t-il révélé.

Charles Bédé

07:05 Écrit par BEN2013 dans Notre école | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

29/12/2013

La présidente nationale d'Amnesty Internationale parle...

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Article publié le 29.12.2013| Mise à jour le : 29/12/2013 Interview : La présidente nationale d'Amnesty Internationale parle Evoquant les procédures judiciaires engagées en Côte d'Ivoire dans le cadre de la crise post-électorale, une organisation des droits de l'homme a parlé récemment de « justice sélective ». Partagez-vous ce jugement ?

 

Les cas Blé Goudé, Mme Gbagbo, les gendarmes arrêtés à Agban et Azito, les 41 jeunes extradés du Liberia, ce sont là quelques sujets brûlants abordés courageusement par la présidente de la section ivoirienne d'Amnesty International, Nathalie Kouakou Yao. Interview vérité d'une militante des droits de l'homme.

Interview : La présidente nationale d'Amnesty Internationale parle

Evoquant les procédures judiciaires engagées en Côte d'Ivoire dans le cadre de la crise post-électorale, une organisation des droits de l'homme a parlé récemment de « justice sélective ». Partagez-vous ce jugement ?

Bien sûr, nous partageons ce jugement. Parce que nous avons vécu une guerre post électorale opposant deux camps rivaux. Un rapport d’enquête sur les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire a dénombré 3248 morts et identifié les présumés coupables composés des forces dites pro-Gbagbo, les FRCI(forces pro-Ouattara), les militaires, les groupes d’auto-défenses et autres. Le constat est qu’à ce jour, seule les personnes liées à l’ex-président, qu’elles soient civiles ou militaires, sont arrêtées et détenues à Abidjan et à la Haye. Pourtant, le gouvernement ne cesse de dire que l’impunité est au centre de la réconciliation nationale.

Comment pouvons-nous ressouder le tissu social si tous les auteurs de crimes ne sont pas poursuivis, si certains bourreaux continuent de narguer leurs victimes. Il est vraiment important que la lutte contre l’impunité ne soit pas à double vitesse. Il faut que la recherche de la justice pour les victimes ne soit pas dans un seul sens ; toutes les victimes doivent sentir cette sorte de réparation morale que de voir leurs bourreaux mis aux arrêts et jugés. Le ministre de la Justice ne cesse de marteler que tous les auteurs de crimes liés à la crise post-électorale seront poursuivis, nous attendons toujours les arrestations et les inculpations des commandants de zones, de leurs éléments et de certains dozos qui continuent de semer la terreur dans les villes et villages.

Après l'ancien président, Laurent Gbagbo, c'est Mme Gbagbo, puis Charles Blé Goudé que la Cour pénale internationale( Cpi) a décidé de poursuivre. En ne visant que les pro-Gbagbo, la Cpi n'apporte-t-elle pas de l'eau au moulin de ceux qui parlent de justice sélective ?

De prime abord, on pourrait penser que la Cpi s’acharne sur les personnes dites pro-Gbagbo, mais nous devons savoir qu’elle a ses procédures internes. Nous savons que des mandats d’arrêt ont été émis contre certains chefs de guerres pro-Ouattara, mais ces mandats sont encore sous scellés jusqu’à ce que la Cpi juge opportun de lever les scellés. Je puis vous assurer qu'elle poursuivra les forces pro-ouattara qui auraient commis des crimes contre l’humanité. Il y a les événements de Duékoué où près de 816 personnes d’une même ethnie ont été massacrées. Il faut que la vérité éclate pour qu’on sache qui a fait quoi et pourquoi. La Cpi se doit de poursuivre les présumés coupables pour que la vérité puisse éclater et surtout pour que les victimes soient réhabilitées et que leurs parents aient réparation. Il y a aussi toutes les exactions qui ont été commises dans le Nord avec l’histoire des conteneurs pendant la guerre de 2002.

En mission en Côte d'Ivoire, l'expert indépendant des Nations Unies, Doudou Diène, a préconisé que Mme Gbagbo bénéficie d'une liberté provisoire. C'est également votre avis à Amnesty International ?

Nous pensons qu’il y a, dans notre pays, des lois encadrant les gardes à vue et les détentions provisoires. Il est donc temps que le gouvernement mette en application ces lois. Cela fait un peu plus de deux ans que l’ex-Première dame est détenue, et elle attend toujours son jugement. Représente-elle un danger pour l’Etat ? Nous pensons qu’elle doit bénéficier de la liberté provisoire, tout comme ses camarades militants du FPI qui ont été libérés par vagues. Elle doit faire partie de la prochaine vague de libération, car tout cela concourt à la décrispation du climat politique et social.

L'avez-vous rencontrée depuis qu'elle est détenue dans le Nord ? Quelles sont les dernières nouvelles que vous avez d'elle ?

Oui, des responsables de notre mouvement l’ont rencontrée dans le cadre de la dernière enquête. Les dernières nouvelles ne paraissent pas bonnes, en ce qui concerne son état de santé.

Avez-vous rencontré Charles Blé Goudé depuis son extradition au pays ?

Non, personne ne connaît officiellement son lieu de détention.

Pour vous, Amnesty International, Blé Goudé et Mme Gbagbo doivent-ils être traduits devant la Cpi ?

La question ne se pose plus, puisque tous les deux ont fait l’objet de demande de transfèrement à la Cpi. La question est que l’Etat de Côte d’Ivoire a refusé le transfèrement de l’ex-Première dame, arguant que notre justice est suffisamment outillée pour la juger en Côte d’Ivoire ; alors l’Etat va-t-il transférer Blé Goudé ? Nous n’en savons rien. Amnesty International pense que ces deux personnalités doivent être jugées par la Cpi, parce que la cour offre plus de garantie et a plus de moyens pour offrir une justice impartiale, juste et transparente. Les dossiers de citoyens ordinaires et de corps habillés détenus dans le cadre de la crise post-électorale sont encore pendants au tribunal. Ils sont près de sept cent quarante deux qui croupissent dans nos prisons, quand est-ce que ces dossiers seront vidés ? La justice ivoirienne a-t-elle la capacité de juger tout ce monde-là ? Dans tous les cas, avec la justice des vainqueurs que nous constatons, nous pensons qu’il est préférable que Blé Goudé et Simone Gbagbo soient jugés par la Cpi, puisque poursuivis pour crimes contre l’humanité.

Vous parliez tantôt des personnes détenues dans le cadre de la crise post-électorale, combien sont-elles et où sont-elles exactement ?

D’avril 2011 à aujourd’hui 24 octobre 2013, selon les informations à notre disposition, ce sont 742 personnes qui sont en détention dans les lieux officiels, dont les 41 jeunes dont nous avons parlé tout à l’heure. D’avril à décembre 2011, il y a avait 83 personnes ; de janvier à décembre 2012, ce sont 426 personnes qui ont été arrêtées. De janvier 2013 à aujourd’hui 24 octobre 2013, 148 autres personnes ont été mises aux arrêts. C’est ce qui donne le chiffre de 742. De ces 742, on est sans nouvelles de 67 personnes ; on peut les considérer comme des personnes portées disparues. Nous avons par ailleurs 233 forces de sécurité et 509 civils, dont des élèves et des étudiants. Ceux qui ont été arrêtés juste après la guerre ont été inculpés pour génocide, meurtre. Tous les autres arrêtés après l'ont été pour atteinte à l'autorité de l'Etat, atteinte à la sûreté de l'Etat, atteinte grave à la défense nationale, enlèvement, séquestration, assassinat. Douze juges ont en charge tous ces dossiers et un seul a sous sa responsabilité, environ 443 détenus. 66 dossiers sont devant le tribunal militaire, du moins pour les informations en notre possession.

Les lieux de détention officiels sont : Maca( Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan), Mama( Maison d'arrêt militaire), prison civile de Toumodi, Séguéla, Man, Bouna, Boundiali et le Compagnie territoriale de Korhogo( Ctk). A ces lieux, il faut ajouter des sites de détention non officiels comme l'ancienne résidence de Marcel Gossio( ex-Dg du Port d'Abidjan, ndlr) à la Riviera Bonoumin, la place de la liberté à Yopougon, le camp génie militaire à Adjamé, le camp Frci de Marcory, d'Anyama, le camp commando d'Abobo, le camp Frci de Douékoué, San Pedro, Man( ex-peloton mobile), l'IIAO de Grand-Bassam, le camp Frci de Sokabo à Bonoua.

Amnesty International se préoccupe par ailleurs du cas d'un secouriste mis aux arrêts le 11 avril à l'ex-résidence privée de Gbagbo. De qui s'agit-il ?

Le secouriste en question s’appelle Ziza, il a été arrêté le 11 avril à la résidence du chef de l’Etat. Il faisait partie de l’équipe des secouristes du Chu de Cocody. Pendant les événements, l'ambulance du Chu a évacué certains blessés et promis de venir le chercher à la résidence privée du président de la République d’alors. C’est dans l’attente qu'il a été mis aux arrêts, quand la résidence est tombée. Et depuis deux ans, il est détenu à Korhogo. Sa femme n’a aucune nouvelle de lui. On lui a collé les accusations de génocide et meurtre, pour avoir porté secours à autrui. C’est pourquoi nous sommes favorables à l’amnistie pour ce genre de cas.

Hormis ce cas, avez-vous connaissance d’autres personnes détenues dans le Nord ?

Il y a le cas des 41 jeunes extradés du Liberia et qui sont incarcérés dans les différentes prisons de Côte d’Ivoire. Certains sont à la Macaet les autres ont été transférés au Nord. Nous en avons à Bouna, à Boundiali et à Katiola. Aujourd’hui, pour ce que nous savons, ce sont ces jeunes gens qui sont encore détenus dans le Nord. On peut dire qu’ils sont livrés à eux-mêmes, parce que quand les détenus du Fpi( l'ancien parti au pouvoir sous Laurent Gbagbo, ndlr) y étaient encore emprisonnés, c’est eux qui s’occupaient de ces jeunes gens, leur donnaient à manger, leur procuraient des médicaments quand ils étaient malades et les sécurisaient. Mais aujourd’hui, ils sont livrés à eux-mêmes. Il y a des endroits où ils ne mangent qu’une fois par jour. Il faut donc que le ministère de la Justice se penche sur la situation de ces jeunes gens.

Que savez-vous de ces jeunes gens ?

Je dirai que leur histoire est dramatique : ils ont fui la guerre en 2010 pour aller se réfugier au Liberia. Et là-bas, ils ont été jetés en prison où ils ont passé un an. Le Liberia étant en période électorale, les autorités municipales de la ville où ils étaient ont eu peur que des gens les utilisent pour semer des troubles. C’est ainsi qu’ils ont été emprisonnés pendant une année. Et lorsqu’il y a eu l’attaque de Taï, au cours de laquelle des casques bleus ont été tués, l’on recherchait des coupables. L’Etat de Côte d’Ivoire a tout de suite mis en cause ces jeunes, qu’on a dit être venus des camps de réfugiés du Liberia pour lancer l’attaque qui a coûté la vie aux casques bleus. Ils ont donc sollicité le rapatriement de ces jeunes gens, alors qu’ils étaient en prison pendant l’attaque de Taï. Et jusqu’à ce jour, aucun d’entre eux n’a été entendu par un juge. Leurs parents ne savent pas où ils sont.

Et au niveau d’Amnesty Côte d’Ivoire, vous n’avez pas eu accès à eux ?

Par nos propres voies, nous avons réussi à avoir des informations sur eux. Quand le chercheur (Gaëtan Mootoo, chercheur pour Amnesty International, ndlr) était là, il a pu rencontrer certains d’entre eux, lors de sa visite au Nord du pays. Par ailleurs, nous avons pu entrer en possession d’un document qu’ils ont produit depuis leur lieu de détention et qui retrace leur histoire. En prenant connaissance de ce document, vous vous rendrez compte qu’il y a beaucoup d’oubliés dans nos geôles. Nous pensons qu’ils méritent d’être libérés.

A propos justement d’oubliés, avez-vous des nouvelles des gendarmes qui avaient été arrêtés suite à l’attaque de la centrale thermique d’Azito ?

Ils sont onze gendarmes. Il y a trois jours ( l'interview a eu lieu le jeudi 24 octobre, ndlr) j’étais avec leur avocat, qui venait de recevoir la lettre du juge d’instruction leur refusant la liberté provisoire qu’ils avaient demandée. C’était d’abord dix gendarmes qui étaient commis à la sécurisation de la centrale thermique d’Azito. Suite à l’attaque, ils ont été entendus et ceux qui les ont arrêtés disaient qu’ils les gardaient pour violation de consigne. C’était donc le premier chef d’accusation.

Mais aujourd’hui, on est passé à douze chefs d’accusation. Ils sont inculpés d’atteinte à la défense nationale, complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées, direction ou participation à une bande armée, participation à une force insurrectionnelle, atteinte à l’ordre public, tentative d’assassinat, vol en réunion armée, destruction de biens d’autrui. De violation de consignes, on est passé à tout ce que je viens de vous citer. Quelles sont les preuves qui expliquent qu’on passe de violation de consigne à toutes ces charges ? Le onzième gendarme est le chauffeur de l’équipage, il s’appelle Blanchard. Ce jour-là, il n’était pas de garde, mais il devrait faire la patrouille dans la ville. C’est alors qu’il était en patrouille qu’il est passé voir ses camarades à Azito. Il a été lui aussi arrêté parce qu’il était sur le site. Il est également emprisonné à la Maca.

Avez-vous de leurs nouvelles depuis leur incarcération ?

Oui. J'ai rencontré certains d’entre eux une fois, à la Maca. Et grâce à leur avocat, j’ai des nouvelles d’eux. Nous suivons donc leur dossier.

Vous faisiez état de gendarmes arrêtés, avez-vous des informations sur ceux qui étaient sous la responsabilité du commandant Noël Abéhi ?

Ils sont toujours en prison. Comme ils étaient sous la responsabilité d'Abéhi, on les a arrêtés parce qu'on estime qu'ils sont des éléments dangereux. Depuis, ils sont sans jugement.

Un autre dossier qui préoccupe Amnesty International, c’est celui de l’attaque du camp des réfugiés de Nahibly. Suite à cette attaque, les autorités avaient pris l’engagement d’ouvrir une enquête. Avez-vous, à ce jour, les résultats de cette enquête ?

Pour dire vrai, nous n’en savons rien. Nous ne savons pas si une équipe d’enquête avait été constituée, quelle est la mission qui lui a été confiée, encore moins à quel niveau ils en sont. Nous avons publié récemment un rapport en guise de rappel pour dire que nous avons réclamé une commission internationale d’enquête et nous attendons toujours. Il y a une action que nous menons à ce sujet : un courrier est envoyé régulièrement au ministre de la Justice, Coulibaly Gnénéma, pour lui rappeler que nous attendons toujours de savoir qui sont les auteurs de l’attaque du camp de Nahibly, à quand la commission d’enquête et comment justice peut être rendue aux victimes.

Pensez-vous qu’il y a une volonté manifeste de ne pas faire la lumière sur l’attaque de Nahibly et traduire leurs auteurs devant la justice ?

On observe, en tout cas, que cela fait un an que ce camp de réfugié a été attaqué, que des gens y ont été tués et jetés dans des puits ; un an que des personnes qui ont fui cette attaques ne savent pas où aller. Cela fait un an qu’on nous a annoncé une mission d’enquête et que nous ne savons pas où on en est. Nous notons que les actes ne suivent pas les paroles, ce qui nous fait dire que la volonté n’y est pas. A notre niveau, nous avons des éléments nous indiquant clairement qui sont ceux qui ont brûlé le camp de Nahibly, comment cela s’est passé et qui sont ceux qui étaient là pendant que le camp brûlait. Le rapport l’a clairement dit. On ne peut nous dire que l’Etat n’a pas les moyens pour mener une enquête, donc moi je crois que c’est plutôt un manque de volonté politique.

Votre organisation se préoccupe également du sort d’un certain Mdl Damoué...

Effectivement. Damoué Assane est un gendarme qui avait été arrêté lors des événements post-électoraux, et déporté à la prison de Man. C’est là-bas qu’il a fait une dépression mentale. Il n’a pas pu bénéficier des soins que nécessite son état. Aujourd’hui, il a été ramené à la Maca, dans le même état. Il faut que les autorités prennent très au sérieux ce genre de cas, car Damoué était en possession de toutes ses facultés physiques et mentales quand il a été arrêté. Il est important qu'il rentre en possession de toutes ses facultés physiques et mentales en sortant de prison. Son épouse doit pouvoir retrouver un mari tel qu’il était avant d’être emprisonné, ses enfants également doivent pouvoir retrouver un papa en possession de toutes ses facultés. C’est l’Etat qui l’a jeté en prison, et donc il se doit de garantir tous ses droits, y compris le droit à la santé.

A propos des prisonniers de la crise post-électorale détenus à la Maca, quelles sont les dernières nouvelles que vous avez d’eux, surtout après les récurrentes émeutes qu’a connues cette prison ?

Suite aux émeutes causées par le fameux Yacou le Chinois, qui est encore à la Maca, on ne sait pourquoi, on a enregistré deux décès de détenus liés à la crise post-électorale. C’était lors de la première émeute. Il n’y a pas eu d’enquête. Ils sont morts et il n’y a rien eu ; ils sont donc passés par pertes et profits. C’est tout cela qui constitue l’impunité. D’abord, ils sont détenus sans qu’on ne sache pourquoi, ensuite ils ne sont pas jugés et finalement ils meurent sur leur lieu de détention. A la deuxième émeute, certains détenus liés à la crise post-électorale ont été copieusement battus par les gardes et les éléments Frci venus casser l’émeute. Ces faits sont restés sans suite. Vous voyez donc que chaque fois qu’il y a des émeutes à la Maca, les détenus liés à la crise post-électorale sont en danger.

Certaines organisations internationales s’inquiètent de la cessation d’activité de la cellule spéciale d’enquête qui avait été mise sur pied au sortir de la crise post-électorale. Cela préoccupe-t-il Amnesty International aussi ?

Nous pensons qu’avant de mettre fin aux activités de cette cellule spéciale d’enquête, il faut d’abord qu’ils vident ces affaires. Pour ce que nous savons, ce sont 12 juges qui avaient en charge ces dossiers et le 8e et le 10e cabinet s’occupaient des gros dossiers ; le 10e cabinet seul avait près de 60 % de ces dossiers. S’il venait à cesser brutalement ses activités, qui s’occupera de toutes ces affaires ? Il y avait un premier juge qui a été remplacé par un autre, lequel est en train de reprendre de zéro toutes les procédures, or il suit plus de 400 dossiers lui seul.

Combien de temps prendra-t-il pour éplucher tout cela ? Donc si la cellule spéciale d’enquête vient à cesser ses activités, il faut craindre que le juge qui reprendra les dossiers ne vienne faire la même chose. Nous pensons que la cellule doit aller jusqu'au bout de sa mission avant qu’on mette fin à son existence. Si on pense qu’on doit libérer toutes les personnes concernées par ces dossiers, alors qu’on les libère et dans ce cas, leur libération va justifier la fin de la mission de la cellule spéciale d’enquête. Par ailleurs, le fait de vouloir dissoudre la cellule traduit-il l’impuissance des juges à se prononcer clairement sur ces dossiers ? Certains ont d'ailleurs déclaré le non-lieu partiel pour des dossiers à et ont recommandé aux détenus de faire la demande de liberté provisoire qui, malheureusement, a été rejetée.

D’aucuns pensent qu’au nom de la réconciliation, on devrait cesser toutes les procédures judiciaires en cours. Quelle est la position d’Amnesty International ?

Au niveau d’Amnesty, nous ne sommes pas pour l’arrêt de toutes les procédures judiciaires. Nous pensons même que c'est dangereux, car cela va à l’encontre du droit des victimes à la justice. On peut procéder à des libérations provisoires, pendant que la procédure judiciaire suit son cours. Mais, il est important que justice soit rendue pour mettre fin à l’impunité, mais pas de la façon que nous voyons.

Dans un de ses rapports sur la crise post-électorale, Amnesty International dénonçait des tortures infligées à certains détenus. Qu'en est-il ?

Effectivement, des détenus subissent des sévices corporels comme les décharges électriques, la bastonnade. On verse de l'acide sur leur corps, on les blesse par balles, on vous casse le bras intentionnellement, on essaie de vous noyer, on étouffe, on brûle des sachets sur votre corps. Il faut que l'Etat soit regardant sur cette question et évite qu'un de ces détenus meure en prison sans avoir été jugé, c'est-à-dire sans que l'Etat ait prouvé qu'il méritait d'être en prison au point d'y mourir.

Par Assane NIADA

 

19:13 Écrit par BEN2013 dans PANEL/INTERVIEW | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Super Ebony 2013 : le Jury relève le niveau « moyen » de l’édition et ne décerne pas le Prix Publié le dimanche 29 decembre 2013 | APA

Le Super Ebony 2013 du meilleur journaliste ivoirien n’a pas été décerné parmi les dix nominés en raison du « niveau moyen » des prétendants, a déclaré le Président du Jury, Yacouba Kébé, samedi nuit, lors de la célébration de la 15ème Nuit des Ebony. Cette 15ème édition de la Nuit des Ebony ou Nuit de la Communication célébrant le journalisme d'excellence, qui s'est déroulée en présence des Ministres Hamed Bakayoko (Intérieur et sécurité), Bruno Nabagné Koné (Postes et Tic), Maurice Bandama Kouakou (Culture et Francophonie) et Mori Doumbia, représentant la ministre de la Communication, Me Affoussiata Bamba-Lamine, restera gravée dans l'histoire de la presse en Côte d'Ivoire. Pour la première fois depuis 1993, date de l'institution de cette cérémonie, le Super Ebony du meilleur journaliste ivoirien de l'année n'a pas été décerné. Le Jury qui a travaillé en «toute indépendance », selon son Président Yacouba Kébé, a décidé de ne pas « attribuer le Prix Super Ebony, compte tenu du niveau moyen de cette édition dont la plus forte note ne dépasse pas 6,5 sur 10 ». Toutefois, le Jury a communiqué les lauréats des Ebony des catégories Presse écrite et en ligne, Radio et Télévision ainsi que les Prix spéciaux et sectoriels. Ainsi, Théodore Kouadio (Fratmat.info), Cheick Yvhane (Radio Nostalgie) et Michel Digré (RTI 2) sont les lauréats des Ebony, respectivement, dans les catégories Presse écrite et en ligne, Radio et Télévision. Pour les prix spéciaux, Adama Koné (RTI 1) a raflé le Prix Nady Rayess de la meilleure production en Economie, à Emmanuel Kouassi (Fraternité-Matin) est revenu le Prix BIT (Bureau international du travail) de la meilleure production sur les pires formes de travail des enfants. Le Prix du ministère de la Culture pour la meilleure production culturelle n'a pu être décerné. Concernant les prix sectoriels, le Prix Joseph Diomandé du meilleur reporter est revenu à Mbra Konan (Soir Info), le Prix Jérôme Diégou Bailly de la meilleure enquête a été attribuée à Tché Bi Tché (LG Infos) quand le Prix Jean-Pierre Ayé du meilleur interviewer n'a pas eu de «preneur» en raison de la « mauvaise qualité des productions » selon le Jury. Marcelline Gnéproust (Fraternité-Matin) Super Ebony 2012 n'a pas donc pas eu de successeur à l'issue de la soirée qui avait pour invités spéciaux Louis Dreyfus, Directeur du quotidien français, Le Monde et le Président de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), Jim Boumelha.

08:06 Écrit par BEN2013 dans Presse/Média | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Ebony 2013, et le vainqueur est ? Didier N'Doli| d.ndoli@rti.ci

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C’est lors de la soirée de la 15è édition de la nuit des ‘’Ebony’’ que Marcelline Gnéproust (Fraternité Matin), lauréate Ebony 2012 aurait du avoir un successeur. Mais contre toute attente, le jury a décidé de ne pas décerner le super Ebony cette année 2013. Le Super Ebony ne sera pas décerné pour cette année 2013. La Commission permanente du Jury Ebony 2013 en a décidé ainsi.
Aucun super Ebony ne succédera à Marcelline Gnéproust (Fraternité Matin), lauréate Ebony 2012 et à Irène Bath, Super-Ebony 2011, du quotidien l’Inter.

Ont été classés pour les prix Ebony 2013 de la catégorie presse écrite et en ligne, Théodore Kouadio de Fratmat.info, Ebony 2013 de la catégorie Radio, Cheick Yvhane (Radio Nostalgie), Ebony 2013 de la Catégorie Télévision, Digré Michel (RTI2).

Thérèse Yobouet (journaliste RTI), Oumou Barry (DG AIP) et Mme Anne Marie Konana Payne, DG du CICG ont reçu des diplômes d’honneur.

Tché Bi Tché (LG Infos), M’Bra Konan (Soir Info), Emmanuel Kouassi (Fraternité Matin), Koné Adama (RTI1), Flora Ballaud Gueye (Radio CI), Alexandre Lebel (Le Patriote), et Attoubé Eugène (RTI1), nominés n’ont certes pas démérités.
Ils ont été retenus au terme des travaux de la Commission permanente du Jury Ebony qui a retenu leurs productions réalisées, sur la période du 1er octobre 2012 au 30 septembre 2013, avec un ensemble de travaux comprenant neuf (9) productions dont 3 Reportages, 3 Interviewes et 3 Enquêtes ou Dossiers.

Malheureusement le super Ebony 2013 n'a pas trouvé d'acquéreur...

Le nom du prix Ebony est celui d’un journaliste - écrivain ivoirien, à l’état civil Essy Kouamé Noël, plus connu sous le pseudonyme de Noël X. Ebony, né à Tanokoffikro (nord-est, district du Zanzan) en 1953 et mort à Dakar (Sénégal) le 22 juillet 1986 dans un accident dont les circonstances réelles jusqu’à ce jour non encore élucidées.



 
 
 

07:19 Écrit par BEN2013 dans Presse/Média | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

28/12/2013

Toumani Touré accusé de « haute trahison » par le gouvernement de IBK

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Le gouvernement malien a saisi ce vendredi le Parlement, qui abrite également la Haute cour de justice, afin de traduire en justice l’ancien chef d’état Amadou Toumani Touré, « ATT », qu’il incrimine de haute trahison.

Dans leur communiqué, les autorités de Bamako reprochent à « ATT », élu en 2002, puis réélu en 2007 et chassé du pouvoir en mars 2012 par un coup d’Etat, à un mois de la fin de son mandat, de n’avoir pas assumé ses responsabilités de chef suprême des armées en « facilitant la pénétration et l’installation des forces étrangères sur le territoire national, notamment en ne leur opposant aucune résistance ».

Le gouvernement d’Ibrahim Boubacar Keita, le critique aussi pour avoir « participé à une entreprise de démoralisation de l’armée caractérisée par les nominations de complaisance d’officiers et de soldats incompétents et au patriotisme douteux à des postes de responsabilité, au détriment des plus méritants entraînant une frustration qui nuit à la défense nationale ».

La faiblesse de l’ex président devant l’insurrection Touareg dans le septentrion du pays a été mise en avant par les putschistes de mars 2012, pour justifier leur coup d’Etat, qui a lui-même précipité le contrôle du nord par des extrémistes islamistes armés.

A T T réside depuis plusieurs mois au Sénégal.

BBC Afrique

22:34 Écrit par BEN2013 dans Actualités internationales | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Profil de carrière, indemnité de logement des enseignants : Le payement du stock des arriérés exigé Publié le samedi 28 decembre 2013 | Le Nouveau Réveil

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La Coordination des enseignants de l’enseignement primaire public de Côte d’Ivoire (Ceeppci), a tenu, hier vendredi 27 décembre, à la Caistab, son 3ème congrès ordinaire. Placé sous le thème « La Ceeppci face aux défis de la sécurité socioéconomique des enseignants de Côte d’Ivoire : quelle contribution ? », ce congrès a été l’occasion pour l’ensemble des syndicats frères présents et de la Ceeppci de réclamer le payement de ce qu’ils ont appelé "le stock des arriérés" du profil de carrière et de l’indemnité contributif du logement. Bli Blé David, secrétaire général de la Ceeppci a dit: « Pour ce qui est du profil de carrière, le processus est enclenché mais n’est pas terminé. Car si le paiement des 25% restants peut être considéré comme un acquis en janvier 2014 ; nous n’avons pas encore obtenu du gouvernement une réponse à propos de l’échéancier relatif au stock des arriérés des effets financiers du profil de carrière et à l’indemnité contributive au logement des instituteurs. » C’est pourquoi, il a interpellé l’Etat : « Je voudrais demander au gouvernement de faire en sorte que la sérénité reste de mise durant cette année scolaire. » Il invite alors les autorités à anticiper et à prendre des mesures préventives afin d’éviter les problèmes pour le bonheur de notre école. Jean Yves Abonga, au nom de l’Isef, a appelé les syndicats à se préparer à exiger le payement du stock des arriérés bloqué. Zadi Gnagnan, au nom de la plateforme, le Syleg, le Midd, à l’instar des autres intervenants, a exigé le déblocage des salaires.

JEAN PRISCA

21:30 Écrit par BEN2013 dans Notre école | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Exclusivité - Me Altit fait des révélations: "Bensouda reçoit 4 milliards pour couler Gbagbo"

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Parce que la requête du conseil principal de Laurent Gbagbo était « urgente », le juge unique de la Chambre préliminaire 1 lui a adressé une réponse en l’espace d’une semaine. Emmanuel Altit avait souhaité, dans une requête « urgente » en date du vendredi 20 décembre 2013, que les délais procéduraux dans l’affaire « Laurent Gbagbo » soient suspendus, le temps des vacances judiciaires d’hiver, notamment du 13 décembre 2013 au 6 janvier 2014. Le juge unique, dans une ordonnance rendue ce vendredi 27 décembre, a rejeté la requête d’Emmanuel Altit. Conséquence : les délais procéduraux, dans l’affaire « Laurent Gbagbo » demeurent inchangés, le juge n’ayant pas suivi Me Altit, dans sa demande de suspension. Un nouveau calendrier a été établi à la mi-décembre après que les juges ont rejeté l’appel du Procureur contre la décision de la Chambre préliminaire 1 portant ajournement de l'audience de confirmation des charges à l’encontre de Laurent Gbagbo. Le nouveau calendrier ordonne au Procureur Fatou Bensouda de présenter d’ici au lundi 13 janvier 2014 le document amendé contenant les charges, la liste modifiée des éléments de preuve et la mise à jour consolidée du tableau des éléments constitutifs des crimes. Le même calendrier impose à Emmanuel Altit de présenter ses observations écrites finales en réponse aux observations du Procureur et des victimes d’ici au jeudi 13 mars 2014. Dans son ordonnance rendue, hier, et mise en ligne sur le site internet de la Cour pénale internationale, le juge unique observe que Me Altit « n’identifiepas un seul délai qui expire pendant les vacances judiciaires d'hiver, en dehors des limites de temps pour demander l'autorisation d'interjeter appel relativement à un nombre limité de décisions procédurales (…) ». Dans sa requête, Emmanuel Altit s’était attelé à démontrer que la non-suspension des délais par les juges porterait préjudice à la Défense. L’avocat a identifié trois types de « conséquences dommageables ». Primo, la non-suspension des délais pendant les vacances judiciaires violerait les droits fondamentaux ( le droit au repos et le droit à une vie privée et familiale notamment) des membres de l’équipe de défense ; secundo, elle mettrait la défense dans une position défavorable par rapport à l’accusation ; tertio, la non-suspension des délais lors des vacances judiciaires, en rendant plus difficile le travail des membres de l’équipe de défense, accentuerait le déséquilibre des moyens à leur détriment. Me Altit évoque une situation « d’autant plus préjudiciable à la défense » que dans l’affaire « Laurent Gbagbo », la durée de la phase préliminaire est plus longue que dans d’autres affaires. « Cette phase est(…) comparable à une phase de procès en termesde durée », relève Me Altit. Le juge unique de la Chambre préliminaire 1 n’est pas tout à fait de l’avis de l’avocat français. Elle trouve « inapproprié » de suspendre les délais pendant les vacances judiciaires d’hiver parce que cela aurait une incidence sur « la durée de la procédure préalable au procès »et, par ricochet, cela aurait des conséquences sur le droit de Laurent Gbagbo « d'être jugé sans retard excessif ». L’avocat de Gbagbo fait des révélations sur les sommes reçues par Bensouda et ses collaborateurs

On savait que, dans le cadre des affaires instruites au niveau de la Cpi, le bureau du Procureur bénéficiait de ressources financières pour mener ses investigations. On ignorait, en revanche, l’importance du budget mis à la disposition de l’équipe du Procureur afin de conduire à bien ses dossiers. Emmanuel Altit, dans sa requête « urgente » adressée à la Cour, le 20 décembre dernier, met en évidence le déséquilibre entre les moyens accordés à la Défense et ceux octroyés au bureau du Procureur.

Il rapporte, ainsi, au paragraphe 42 : « le budget du bureau du Procureur approuvé pour l’année 2012 était de 27.723.700 euros. (Ce budget) pour l’année 2013 était de 28.265.700 euros, se divisant entre ressources de base (5.161.900 euros) et ressources liées aux situations (23.103.800 euros), dont 2.880.700 euros (soit 1.886.858.500 f.cfa) affectés à la situation en Côte d’Ivoire ».

Me Altit poursuit sa démonstration, au paragraphe 43 : « Pour l’année 2014, le budget prévisionnel du bureau du Procureur est de 35.744.500 euros ; il est prévu qu’une somme de 5.987.100 euros soit affectée à la situation en Côte d’Ivoire, soit un doublement de la somme allouée en 2013. A titre comparatif, il a été alloué à l’équipe de défense du président Gbagbo en tout et pour tout 76.000 euros  (49.780.000 frs cfa) pour qu’elle mène des enquêtes pendant toute la durée de la procédure ».

La divulgation de l’ensemble de ces montants participe de la stratégie de la Défense de montrer que dans l’affaire « Laurent Gbagbo », l’Accusation se trouve dans une position nettement confortable, avec des ressources plus importantes. Me Altit souligne, par ailleurs, un personnel réduit, dans le camp de la Défense. Il note que « selon les chiffres connus au 29 juillet 2013, deux cent dix-sept (217) personnes font partie du staff du bureau du Procureur, sans compter les collaborateurs occasionnels, consultants, intervenants, etc. Or, seules dix affaires sont actuellement en cours dont deux encore au stadede l’enquête » (P. 44).

Dans de précédentes requêtes, Emmanuel Altit avait fustigé des moyens disproportionnels entre ceux de l’Accusation et ceux de la Défense.

 

K.COULIBALY

 

Source 

Soir Info

17:37 Écrit par BEN2013 dans CPI, Le savez vous ? | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Nouvelles révélations de Charles Onana: Comment la France a couvert les crimes de la rébellion.

Dans la deuxième partie de son intervention que nous vous proposons ci-dessous, le journaliste d’investigation et écrivain français d’origine camerounaise, Charles Onana évoque la façon dont les puissances occidentales soutiennent les rébellions armées contre les gouvernements qu’elles veulent renverser. Il commence par établir un parallèle entre la crise ivoirienne et celle des Grands Lacs.

Il y a deux types de comparaisons qu’on peut faire entre le dossier des Grands Lacs et le dossier de la Côte d’Ivoire. La première comparaison, c’est que dans le dossier des Grands Lacs, par exemple le Rwanda, le président Juvenal Habyarimana qui était au pouvoir depuis 1973 jusqu’en 1994 a eu à faire, face lors de la période des années 90, à une rébellion armée qui était soutenue par les Américains, la Grande Bretagne et d’autres pays occidentaux. A l’époque, la France était le seul pays qui soutenait le président Habyarimana. La France a été accusée dans ce dossier, à tort à mon avis, puisque à ce moment- là la France soutenait la légalité au pouvoir c’est-à-dire le président en exercice. On avait de- mandé que le président Habyarimana fasse des efforts pour démocratiser le pays. Et il a fait ces efforts. On a demandé à la rébellion de négocier avec le pouvoir pour aller ensemble vers les élections. La rébellion n’a jamais déposé les armes et la communauté internationale ne s’est jamais indignée sur le fait que la rébellion ne dépose pas les armes. On a eu le même scénario en Côte d’Ivoire, mais cette fois, la France était non pas du côté du respect des institutions, mais elle s’est retrouvée en train de défendre la rébellion. Et contrairement à ce que les gens peuvent imaginer, la Côte d’Ivoire s’est retrouvée également dans une situation où le président Gbagbo était le président qui était sévèrement critiqué par l’ensemble de la communauté internationale comme M. Habyarimana était sévèrement critiqué en 1994. On avait demandé que la rébellion ivoirienne dépose les armes, arrête de faire la guerre contre les institutions de l’Etat, contre la république. La communauté internationale, à aucun moment, ne s’est indignée du fait que les attaques rebelles se poursuivaient. Mais on a fait mieux que ça.

Les rebelles ont assassiné deux soldats français

 En 2003, avant que les rebelles ne viennent s’asseoir à la table de négociation à Linas-Marcoussis, ils ont assassiné deux militaires français. Et la France n’a jamais cherché à diligenter une enquête approfondie pour savoir pourquoi des rebelles ivoiriens ont assassiné des mili- taires français. J’ai trouvé que tout cela était un comportement inacceptable. Quand on arrive à Marcoussis, le président Jacques Chirac, lui-même, avec l’orchestration du ministre des affaires étrangères de l’époque, M. Dominique De Villepin, impose la rébellion au pouvoir. Le président Gbagbo est obligé par la suite de gouverner avec Guillaume Soro, chef de la rébellion, c’est-à-dire des gens qui ont assassiné des Français et de milliers d’Ivoiriens. Comment expliquer aux Ivoiriens que les gens qui ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité vont désormais partager le pouvour avec le président Gbagbo qui a été démocratiquement élu ? Voilà une situation à laquelle la communauté internationale devait faire face. Ou on défend la démocratie et on demande aux gens de venir au pouvoir par la voie des élections libres et plu- ralistes, ou alors on défend des coups d’Etat et des rébellions et alors on fait la promotion de ces rébellions comme on l’a fait au Rwanda, en RDC et en Côte d’Ivoire. Dans ce cas-là, ce n’est plus nécessaire de convaincre les Africains que les élections sont importantes, que le président de la république élu au suffrage universel, c’est  im- portant, il faut dire à tout le monde, même si vous gagnez les élections, la meilleure voie d’accéder au pouvoir en Afrique, aujourd’hui, c’est de prendre les armes, menacer les institutions qui sont en place. C’est à ce moment-là que j’ai compris que la communauté internationale ne défendait pas ces principes. Défendre les principes de la démocratie, c’est défendre le pluralisme des élections et la transparence. Mais vous ne pouvez pas de- mander à un président comme on avait demandé à Habyarimana en 1994 d’organiser des élections ; au moment où le président François Mittérand convainc Habyarimana de préparer les élections, les Américains et la communauté internationale dans son ensemble valident la prise de pouvoir par la force et l’assassinat du président Habyarimana. Alors, je considère qu’il y a une incohérence dans la pratique de l’action démocratique sur le continent africain vu de l’Occident et de l’Union Européenne.

Ouattara en Côte d’Ivoire, c’est comme Kabila au Congo

La deuxième comparaison qu’il y a entre les événements de Côte d’Ivoire et les événements, par exemple du Congo, c’est qu’à la tête de la Côte d’Ivoire, on a ins- tallé quelqu’un qui était d’ori- gine étrangère (…) Dans le cas du Congo, ça a également été la même chose. M. Joseph Kabila, dont on dit qu’il serait le fils de Joseph-Désiré Kabila, on sait très bien qu’il est originaire du Rwanda, qu’il a été formé par l’armée patriotique rwandaise. Et que c’est à la suite de cette formation, qu’il est venu conquérir le pouvoir au Congo contre le Maréchal Mobutu Sessé Séko. Kabila Joseph fait partie des gens qui ont participé, dans l’armée rwandaise, à la chute du Maréchal Mobutu.
Lorsque le président Laurent Désiré Kabila est assassiné en 2001, pendant que les Congolais sont en train de chercher qui, du point de vue de la Constitution et des procédures légales, doit remplacer le président pour cause de vacance de pouvoir, Joseph Kabila effectue immédiatement un voyage à Washington et à Paris. Et c’est Paris et Washington qui valident la mise en place du président Joseph Kabila à la tête du Congo. Et je retrouve dans les archives diplomatiques de l’Union Européenne le fait que les Etats-Unis avaient décidé que Joseph Kabila devait être le nouveau président  de la république du Congo. Cela a provo- qué des débats au sein de l’Union Européenne. Et dans les documents confidentiels de l’Union Européenne, je constate également que tout le monde : M. Romano Prodi, M. Ado Ayélo (qui était le représentant spécial de l’U.E dans les grands Lacs)… Tous ces gens-là ont participé, soit par leur silence, soit par leur complaisance, à l’installation de Joseph Kabila à la tête du Congo. En dehors de toutes les procédures démocratiques. Puisque les Congolais sont arrivés à démontrer que non seulement les fraudes électorales étaient massives ; que l’U.E avait financé un processus électoral qui était complète- ment douteux, mais que malgré tout ça, il fallait garder Joseph Kabila au pouvoir. Malgré toutes les protestations des Congolais et malgré les protestations des experts de l’U.E. Les experts ont dit qu’il y avait un énorme problème avec l’élections congolaises. M. Javier Solana, le patron de la diplomatie européenne, M. Ado Ayélo, M. Louis Michel, commissaire de l’U.E, ont validé une élection qu’ils savaient tous fausse, bi- donnée par l’ensemble de la communauté internationale. Face à une telle situation, on se rend compte qu’en Côte d’Ivoire, on a mis au pouvoir quelqu’un qui était d’origine étrangère en ne respectant pas les procédures démocratiques. Au Congo, on a pris quelqu’un qui était d’origine étrangère. On l’a mis à la tête d’un pays très riche. Vous constatez que la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’ouest, est un pays riche. Le Congo en Afrique centrale est un pays riche. Alors que ce choix-là de ces deux chefs d’Etat n’est pas du tout ni le choix des Ivoiriens, ni le choix des Congo- lais. Et cela est prouvé à la fois par les documents qui sont les procès-verbaux des élections. Mais cela est également confirmé par un certain nombre de représentants européens et occidentaux qui ont participé à ces processus électoraux. Comment voulez-vous que les gens continuent à croire à la démocratie en Afrique quand leurs souhaits ne sont pas respectés. Quand leurs désirs ne sont pas respectés. Mais mieux que cela quand on bafoue devant leurs yeux le choix qu’ils font des représentants qu’ils sont censés être les leurs. Je crois que le problème, il se trouve à ce ni- veau-là. Et il y a, bien entendu, des Africains qui tirent profit de cela. Mais je crois qu’il faut être honnête quand on parle de ces questions. Si on décide de ne plus valider des dictateurs au pouvoir, si on veut valider des gens qui n’arrivent plus par des voies déloyales, par des méthodes brutales au pouvoir, il faut renforcer le système qui est reconnu universellement comme le système le plus démocratique. C’est-à-dire des élections libres et transparentes. Si on veut mettre quelqu’un au pouvoir par la voie de la rébellion, ce n’est plus la peine qu’on parle de démocratie. Mais si on veut mettre les gens au pouvoir par la voie de la démocratie, ce n’est plus nécessaire qu’on valide des pseudo- élections ou des élections truquées ou même des élections qui sont contestées par les citoyens de ces pays. Or ce qui se passe aujourd’hui, depuis à peu près 10 ans ou un peu plus, c’est que l’Union européenne et la communauté internationale ont pris l’habitude de valider des chefs rebelles à la tête des Etats. D’un côté, ça a été le cas en Côte d’Ivoire, ça a été le cas au Congo, ça a été le cas à la tête du Rwanda. Tous ces gens qui sont arrivés au pouvoir sont arrivés par la voie des rébellions. Et, d’un autre côté, on refuse de valider des gens qui arrivent par la voie des élections libres et transparentes parce que ces gens-là, ils ne correspondent pas aux aspirations de la com- munauté internationale. Ou, en tout cas, ces gens-là ne sont pas acceptés par eux. Mais par leurs populations. Parce que si leurs populations veulent un dirigeant, même si vous n’aimez pas ces dirigeants, il faut quand même accepter le choix de ces dirigeants. La preuve, c’est qu’en Occident, les gens ne viennent pas dire aux Occiden- taux que vous avez choisi, en Italie, Berlusconi, nous, on ne peut pas accepter Berlusconi. Ou que vous avez choisi Sarkozy, nous, on n’est pas d’accord avec Sarkozy. Les Français en choisissant Sarkozy, même si Sarkozy s’est révélé être un dirigeant contestable, ils l’ont accepté, ils ont assumé le fait d’avoir choisi Sarkozy.

Le procureur Ocampo était mandaté par les grandes puissances

 En Italie, même s’il s’est révélé que M. Berlusconi était l’un des dirigeants italiens qui posait beaucoup de problèmes avec la justice de son pays parce qu’on a dû finir par lui enlever, lui ôter son immunité sénatoriale, mais tout le temps Berlusconi a été au pouvoir, les Italiens ont eu à supporter M. Berlusconi. Je ne comprends pas pourquoi. Il faut laisser les Africains supporter M. Gbagbo pendant 15 ans, 20 ans si eux, ils décident de l’élire pendant 20 ans. Et laisser les Africains supporter M. Habya- rimana plutôt que de l’assassiner. Il faut laisser les gens au Congo choisir M. Tshisekedi ou quelqu’un d’autre plutôt que de les écarter tous. Procéder de cette façon-là fait perdre à l’Occident sa crédibilité sur le discours démocratique. Procéder de cette façon-là fait douter aux Africains de la bonne foi de leurs partenaires occidentaux. Procéder de cette façon fait que les Occidentaux vont, eux- mêmes par leur façon de faire, allumer des foyers partout qui vont systématiquement menacer leurs intérêts. Alors que, dans le même temps, ils ont envie de travailler dans un contexte de paix et de quiétude. Ce n’est pas possible quand vous créez des foyers de tension volontaires ou involontaires, mais quand vous les démultipliez, alors que les aspirations des peuples sont différentes, vous vous mettez dans une situation qui va vous revenir au visage comme un boomerang avec l’immigration et tous les autres dossiers que les Occidentaux contestent. Si vous empêchez que les gens élisent leurs dirigeants, ne soyez pas surpris par la suite que les immigrants fuyant les guerres et fuyant les rebelles qui sont installés au pouvoir avec l’aval de la communauté internationale prennent la mer, fuient je ne sais pas quelle autre voie pour arriver en Occident. Parce qu’ils ne peu- vent pas supporter les chefs rebelles qu’on est en train d’installer au pouvoir dans ces différents pays. A un moment donné, il faut que la rationalité revienne dans la mentalité des Occidentaux et d’un certain nombre de dirigeants africains qui ont choisi la voie de la rébellion plutôt que la voie démocratique pour que les principes qui sont défendus de façon universelle soient partout appliqués, partout respectés conformément au droit constitutionnel de ces pays et conformément au droit international. Pour parler de la Cour pénale internationale, je pense tout simplement, pour avoir enquêté sur son procureur en chef, M. Ocampo Moreno, je me suis simplement rendu compte que lorsque M. Ocampo était jeune avocat en Argentine, il a été l’avocat du célèbre footballeur Diégo Maradona, il a travaillé sur les procédures militaires en Argentine. A l’époque, il avait une fondation. Et cette fondation a été financée par le département d’Etat américain sur les questions de la démocratie de manière générale en Amérique du sud, en Amérique latine. Je me suis rendu compte que quand Ocampo a été désigné comme professeur, il est venu à Havard avec l’aide d’un certain nombre d’enseignants américains qui étaient très liés aux actions de déstabilisation des Etats en Amérique latine. Et j’ai surtout remarqué qu’il était soutenu et financé par d’autres fondations américaines anglo- saxonnes qui agissent dans la déstabilisation du Venezuela, d’autres pays, la Bolivie, etc. Je me suis demandé qui est ce procureur qu’on veut présenter aujourd’hui comme le procureur qui doit être à la tête de la Cour pénale internationale. Est-ce pour avoir un parcours qui est le sien, il peut être un procureur indépendant? Et je me suis rendu compte que, dans le dossier du Darfour, par exemple, M. Ocampo n’était pas du tout indépendant et a appliqué la politique qui était celle des Etats- Unis au Soudan. La politique des Etats-Unis au Soudan, c’est quoi ? La politique des Etats- Unis a mis le président Al-Ba- chir sur la liste des pays qui soutiennent le terrorisme inter- national simplement parce qu’Al-Bachir soutient la cause palestinienne. Le président Al- Bachir a fait la guerre du Kippur en 1973 contre Israël. Le président Al-Bachir a un autre dé- faut. Au moment où son pays est mis sous embargo économique, eh bien, il ne lui reste qu’une seule possibilité. C’est de recourir à la Chine. Alors que les Américains avec l’Italie étaient les pays qui exploitaient le pétrole au Soudan avant. Mais, avec l’embargo, il y a eu un consensus au niveau occidental pour ne surtout pas apporter un soutien économique au Soudan. Le Soudan s’est tourné vers la Chine et a confié l’exploitation des puits pétroliers à la Chine. Quand je suis allé au Soudan, je me suis rendu compte d’un fait. Il n’y a plus de concessionnaire européen au Soudan. L’ensemble des voitures utilisées par les hauts fonctionnaires soudanais sont des voitures asiatiques. Et donc le procureur Luis Moreno- Ocampo décide de traduire le président Al-Bachir devant la Cour pénale internationale (Cpi), alors que le Soudan n’a jamais ratifié le protocole de Rome. Il fait mieux que ça. Il dit : «Lui, il est en train d’organiser un génocide contre le peuple du Darfour ». Sauf que les noirs du Darfour sont une partie d’entre eux des rebelles soutenus par la communauté internationale. Et, dans le camp du Darfour, vous avez vu des acteurs de renom tels George Clooney, le prix Nobel de la paix, des associa- tions pro-israéliennes, une soixantaine mobilisée pour le nord du Darfour.  Je me suis de- mandé : «Mais enfin, il y a des Noirs aux Etats-Unis ?» Notamment quand il y a eu la catas- trophe de Katrina où il a été démontré que le gouvernement Bush a été incapable de proté- ger ces populations, mais personne ne s’est mobilisé autant pour défendre ces Noirs. Mais qu’est-ce qu’il y avait chez les Noirs du Darfour de si passionnant, de si attractif pour mobiliser tous ces gens ? Bernard Kouchner, Georges Bush voulaient tous aller sauver les Noirs du Darfour, alors que les Américains Noirs, victimes de discrimination policière, de violence et de choses horribles dans leur pays, ne sont pas soutenus par tous ces gens. Je me suis simplement rendu compte que c’est pour renverser le président Al- Bachir que toute cette affaire a été montée. Puisque je suis allé au Darfour. Il y avait des Noirs au Darfour qui certes avaient des problèmes par rapport à l’équilibre du développement dans le pays. Et ce problème d’équilibre se posait au niveau du Darfour, mais également au sud du Soudan. Mais personne ne voulait qu’on s’y attaque et là le gouvernement de Khartoum a eu tort de ne pas régler ces problèmes-là. Mais ce n’est pas des problèmes qu’on doit régler en traduisant un président de- vant la Cour pénale internationale. Je me suis finalement rendu compte que M. Ocampo est venu à la Cpi pour appliquer la politique des grandes puissances qui l’avaient mandaté, qui l’avaient placé à la tête de cette cour. Et le cas du Darfour était patent. Puisque, dans le rapport des Nations unies publié en 2005, une commission des Nations unies était présidée par un juge sérieux, Antonio Cassese, spécialiste du droit international. Le rapport conclut que ce qui se passe au Darfour n’est pas un génocide. Mais, pour MM. Georges Bush, Clooney, Bernard Kouchner, ce qui se passe est un génocide. Et leur avis est plus important que celui des experts du droit international mandatés par la Mission des Nations unies. En enquêtant, je découvre que l’histoire du Darfour est un montage atroce qui n’avait qu’un seul  but, qui est celui de faire déstabiliser le Sou- dan, de faire arrêter le président Béchir dont, je rappelle, le pays n’a pas ratifié le statut de Rome. Je remarque qu’une fois le Soudan a été divisé en deux, que le sud a pris son indépendance parce qu’il y a du pétrole, beau- coup de pétrole dans le sud. Eh bien, il n’y a plus de problème du Darfour. Est-ce qu’on a retrouvé les génocidaires du Darfour ? Les a-t-on tous arrêtés ? On ne parle plus du génocide. De la même façon, lorsqu’on a voulu arrêter le président Gbagbo, renverser le président Gbagbo du pouvoir, le moyen qu’on a trouvé, c’était de l’emmener à la Cour pénale internationale. Alors qu’au mois de mars 2011, je découvre l’acte d’accusation préparé contre le président Gbagbo par des avocats parisiens, avant la chute même du président qui va intervenir en avril. Ça m’a été remis par un ami qui est membre de ce cabinet (...) Toujours est-il qu’en construisant cet acte d’accusation, il n’y avait rien dans ce dossier. On parlait des escadrons de la mort. On disait que le président Gbagbo et sa femme avaient décidé de mas- sacrer les populations. Dans le même temps, tout le monde savait que les rebelles ivoiriens avaient tué des milliers et des milliers de personnes, mais leurs crimes ne comptaient pas parce qu’ils étaient soutenus par la communauté internationale. Tout ce que faisait le camp Gbagbo était les seules fautes et les seuls crimes dont on devait parler.  Il ne fallait surtout pas parler des crimes ou des amis que nous soutenons. J’ai trouvé cela  profondément malhonnête et déséquilibré. J’ai trouvé que ça manquait d’objectivité. C’est pour cela que j’ai trouvé nécessaire d’enquêter. La Cour pénale internationale se trouve aujourd’hui dans une situation embarrassante. Ils n’ont pas de preuves suffisantes, d’après ce que dit la Cour elle-même. En 2011, ce n’est pas ce qu’on nous disait.

Pour le cas Gbagbo, la Cpi se trouve aujourd’hui dans l’embarras

On nous disait qu’il y avait des preuves à profusion. Et des preuves accablantes contre Simone Gbagbo, contre tout l’entourage du président Gbagbo. Quand Alassane Ouattara arrive au pouvoir, c’est parce qu’en été, M. Sarkozy avait décidé d’arracher, d’aller extirper Laurent Gbagbo de la présidence de la République. Donc ils n’ont pas eu le temps de cacher les preuves. Tous les crimes que le président Gbagbo a commis ou que son entourage a commis, pourquoi on ne les a pas versés immédiatement à la Cour, pour faciliter la tâche du procureur ? Pourquoi on n’a pas pu obtenir les témoins, les anciens collaborateurs du président. Puisque j’ai cru comprendre qu’un certain nombre d’anciens collabo- rateurs du président Gbagbo a travaillé avec le régime Ouattara. Pourquoi ces  gens qui dé- tiennent des preuves ou qui sont des témoins importants ne sont pas appelés à témoigner à charge devant la Cour pénale internationale. C’est une véritable comédie à laquelle on assiste devant cette cour. C’est lamentable pour la communauté internationale, c’est grave pour les vraies  victimes. Parce que les vraies victimes de la crise ivoirienne ne savent rien des suspects de la rébellion.  Comment voulez-vous établir la justice et la vérité ? Dans une crise qui concerne deux parties, on ne poursuit qu’une partie. Quand vous travaillez sur ce genre de dossier qui met en évidence les forces occidentales, la censure se fait des deux côtés. Vous avez une censure qui vient d’Afrique et une censure qui vient de l’Occident. La censure qui vient de l’Occident, je peux dire qu’elle est facile à gérer, contrairement à ce que l’on pourrait penser. La censure qui vient de l’Occident a cette faculté de vous permet- tre de pouvoir l’anticiper. Quand vous sortez un dossier, vous savez généralement que les médias ne vont pas en parler. Parce qu’il y a un consensus entre les politiques et les médias. Consensus tacite. On a vu, mais on fait comme on n’a pas vu. De toutes les façons, moins on fait la publicité, moins les gens ont la possibilité de savoir qu’il y a quelque chose. Il y a la censure qui consiste à vous at- taquer en diffamation. Parce qu’on considère que vous portez atteinte à l’honneur de quelqu’un qui n’a pas d’honneur en réalité, puisqu’il est trempé dans un dossier. Vous avez trouvé des preuves qui le com- promettent. Donc vous avez la possibilité à tout point de vue de pouvoir gérer et comprendre comment fonctionne cette censure.  

Propos retranscrits par Augustin Kouyo, Benjamin Koré et César Ebrokié

Source: Notre voie N°4602 du vendredi 27 décembre 2013

17:32 Écrit par BEN2013 dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |