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05/09/2014

L’Alliance ne siégera pas dans une Cei présidée par M. Youssouf Bakayoko.

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La question de la Cei est un sujet délicat. La Cei renvoie à des souvenirs douloureux, aux meurtrissures de la crise postélectorale, à l’arrestation du président Laurent Gbagbo et au drame que vivent à l’heure actuelle les militants, le parti et des millions d’ivoiriens. C’est un sujet sensible et je comprends l’émotion qu’il suscite et les réactions de certains camarades. Parler de Cei, c’est ouvrir des plaies, des blessures. Mais nous sommes un parti politique sur lequel comptent des millions d’ivoiriens. La frustration, le ressentiment, la colère ne doivent pas nous aveugler et nous égarer. Ensuite, il y a le contexte de crise interne dans lequel se trouvait le parti. Cela n’a pas permis au FPI de s’impliquer fortement dans la question de la Cei. Mais cette défaillance a été quelque peu suppléée par l’Alliance. Au niveau de l’Alliance dans laquelle nous assumons la présidence, nous avons eu suffisamment de débats sur la loi, sur la posture que nous devions adopter et nous sommes arrivés à la conclusion qu’à défaut d’une révision de la loi, il fallait exiger un bureau consensuel et que ce serait la moins mauvaise façon de participer à cette institution sans être marginalisé, sans faire de la figuration ou avoir un rôle d’accompagnement. Nous avons donc exigé que le poste de président de la Cei nous soit accordé et que nous ayons un poste de vice-président et un des postes de secrétaire. Nous avons hésité pendant longtemps, je dirais même résisté. Puisque, entre le moment où il nous a été demandé de proposer nos représentants et le moment où nous avons dû le faire, il s’est passé près de deux mois. A un moment donné, il fallait se décider. Nous l’avons fait à titre conservatoire et en toute responsabilité pour quatre raisons.

Premièrement, parce que la question de la Cei n’est pas seulement une question électorale. Elle est d’abord politique. Il s’agit de savoir si le FPI et les différents partis membres de l’Alliance, acceptaient et se décidaient à entrer dans le jeu politique ou à rester en dehors du jeu politique. Depuis la crise, c’est la première fois qu’une place est offerte à l’opposition dans une institution qui n’est pas une institution de l’exécutif, qui n’est donc pas compromettante. Rentrer dans la Cei, c’est d’abord affirmer une option. L’option du jeu politique, du dialogue politique, de la participation aux institutions politiques, de la démocratie, pour résoudre tous les problèmes auxquels le parti est confronté. C’est une option stratégique : la stratégie de l’action politique, de la négociation politique, du lobbying pour dénouer toutes les inimitiés accumulées contre le FPI depuis plusieurs années, pour nouer des amitiés et tisser des alliances qui vont nous permettre de renverser le rapport des forces et de gagner toutes nos batailles, en particulier la bataille pour la libération du Président Laurent GBAGBO. Tout le monde s’accorde à dire que la question de la libération du Président GBAGBO est politique. Comment résoudre un problème politique si on n’est pas dans le jeu politique ? L’on sait que pour soutenir ses demandes de mise en liberté provisoire du Président Laurent GBAGBO, Me Emmanuel Altit s’est essentiellement appuyé, notamment en février 2014 puis en juin 2014, sur les résultats de notre stratégie de l’action politique, en mettant en exergue « le rôle central du FPI dans le processus politique ivoirien actuel », «la volonté partagée du FPI et du gouvernement ivoirien de surmonter leurs différends », « la légitimation du FPI comme interlocuteur incontournable du dialogue démocratique en Côte d’Ivoire », pour conclure que «(…) la question de la libération provisoire du Président Laurent GBAGBO est un élément important du dialogue engagé par les deux camps », qu’elle « s’inscrit pleinement dans le processus de réconciliation nationale » et que «le Président GBAGBO, conscient des responsabilités qui lui incombent vis-à-vis de la vis-à-vis de la Cour et vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, n’a aucune intention de se soustraire à la justice. Il poursuit le même objectif que les membres de son parti : la réconciliation entre les Ivoiriens ». Nous devons continuer à donner des arguments politiques à la défense pour sortir le Président GBAGBO de cet enfer. Le Président GBAGBO lui-même a dit que la phase de la violence est finie et qu’il faut faire place à la phase civile, c’est-à-dire les négociations. Evidemment, le jeu politique n’exclut pas des manifestations politiques, bien au contraire pour appuyer les négociations politiques. Toute autre stratégie assise sur des logiques de vengeance, de violence, d’épreuve de force compromet la libération du président Gbagbo. etre à la Cei est un message que nous voulons donner à la fois à l’opinion nationale et internationale. Nous sommes dans le jeu politique, quel que soit ce que nous allons faire par la suite au niveau électoral. La deuxième raison qui motive notre présence à la Cei, c’est qu’une place à la Cei peut être un instrument de lutte, un moyen de pression supplémentaire. Etant donné que nous sommes dans le jeu politique, il faut que les conditions du jeu soient réunies ; que la question de la libération des prisonniers politiques soit réglée. On ne peut pas être dans le jeu politique et avoir ses comptes gelés, avoir ses camarades de lutte en exil. Etre à la Cei, être dans le jeu politique, renforce la crédibilité de nos revendications pour le dégel des comptes. C’est donc un moyen de pression pour la libération des prisonniers, pour la libération des maisons, pour la sécurité, l’encasernement des frci, le démantèlement des dozos, etc. Si on veut que le jeu politique soit transparent, il faut que la sécurité soit garantie pour tous, que la liberté d’expression, la liberté de meeting soit garantie. Si on est dans le jeu politique on doit avoir accès à toutes les localités de Côte d’ivoire pour nous exprimer. Si vous êtes dans le jeu politique, ça vous ouvre plus de perspectives. Si on est en dehors du jeu, on risque d’être hors-jeu. La troisième raison, c’est que cette Cei n’est pas là seulement pour organiser les élections présidentielles de 2015. Elle va organiser les législatives, les municipales et les régionales qui vont suivre. Ne pas y être, c’est être en dehors de tout le processus ; c’est être en dehors du électoral, du découpage des circonscriptions électorales. Cela comporte un risque important pour l’avenir du parti. Donc au-delà de ce que nous pourrons décider pour les élections, il est bon que nous y soyons.
Quatrièmement, si nous sommes en dehors du processus électoral et si nous donnons ce message dès maintenant, quelles peuvent en être les conséquences sur le parti ? si les militants savent dès maintenant que le FPI n’est pas dans le processus électoral, pourquoi les cadres dans les instances et dans les fédérations se mobiliseraient-ils particulièrement ? Pourquoi vont-ils se dépenser pour faire vivre un parti qui a déjà fait l’option de ne pas participer aux élections ? S’il n’y a aucune perspective électorale, les cadres vont relâcher leurs efforts sur le terrain. Et certains peuvent même être amenés à penser à des solutions alternatives. Ça peut susciter des réactions pouvant aller jusqu’à des défections au profit d’autres partis qui sont, eux, dans le processus politique et électoral. Ce serait un élément d’affaiblissement du parti ; une stratégie de déclin. Le message que nous allons donner à travers la Cei est un message important qui a de lourdes implications. Nous avons fixé des conditions. C’est que le bureau de la Cei soit consensuel. Donc nous y sommes pour pouvoir participer à la négociation sur un bureau consensuel. Si nous devons en sortir, ce sera parce qu’on n’aura pas eu un bureau consensuel. Si on a un bureau consensuel, on y reste et on utilise la Cei comme un instrument pour poursuivre notre lutte. Donc notre présence à la Cei est politique et d’ordre tactique.

L’Alliance ne siégera pas dans une Cei présidée par M. Youssouf
Bakayoko.
La question de la Cei est un sujet délicat. La Cei renvoie à des souvenirs douloureux, aux meurtrissures de la crise postélectorale, à l’arrestation du président Laurent Gbagbo et au drame que vivent à l’heure actuelle les militants, le parti et des millions d’ivoiriens. C’est un sujet sensible et je comprends  l’émotion qu’il suscite et les réactions de certains camarades. Parler de Cei, c’est ouvrir des plaies, des blessures. Mais nous sommes un parti politique  sur  lequel  comptent des  millions  d’ivoiriens.  La frustration, le ressentiment, la  colère  ne  doivent  pas nous aveugler et nous égarer. Ensuite, il y a le contexte de crise interne dans lequel se trouvait le parti. Cela n’a pas permis au FPI de s’impliquer fortement dans la question de la Cei. Mais cette défaillance a été quelque peu suppléée   par   l’Alliance.   Au niveau de l’Alliance dans laquelle  nous  assumons  la présidence, nous avons eu suffisamment de débats sur la  loi,  sur  la  posture  que nous   devions   adopter   et nous  sommes  arrivés  à  la conclusion qu’à défaut d’une révision de la loi, il fallait exiger un bureau consensuel et  que  ce  serait  la  moins mauvaise façon de participer à cette institution sans être marginalisé, sans faire de la figuration  ou  avoir  un  rôle d’accompagnement. Nous avons donc exigé que le poste de président de la Cei nous soit accordé et que nous  ayons  un  poste  de vice-président   et   un   des postes de secrétaire. Nous avons hésité pendant longtemps,  je  dirais  même  résisté.   Puisque,   entre   le moment où il nous a été demandé de proposer nos représentants et le moment où nous  avons  dû  le  faire,  il s’est  passé  près  de  deux mois. A un moment donné, il fallait  se  décider. Nous l’avons fait à titre conservatoire et en toute responsabilité pour quatre raisons. 
Premièrement, parce que  la  question  de  la  Cei n’est   pas   seulement   une question électorale.  Elle est d’abord politique. Il s’agit de savoir si le FPI et les différents partis membres de l’Alliance,   acceptaient   et   se décidaient à entrer dans le jeu politique ou à rester en dehors du jeu politique. Depuis  la  crise,  c’est  la  première fois qu’une place est offerte  à  l’opposition  dans une institution qui n’est pas une institution de l’exécutif, qui n’est donc pas compromettante. Rentrer  dans  la  Cei,  c’est d’abord affirmer une option. L’option du jeu politique, du dialogue politique, de la participation aux institutions politiques, de  la  démocratie, pour résoudre tous les problèmes auxquels le parti est confronté. C’est une option stratégique : la stratégie de l’action politique, de la négociation politique, du lobbying pour dénouer toutes les inimitiés accumulées contre le FPI depuis plusieurs années, pour nouer des amitiés et tisser  des  alliances  qui  vont nous permettre de renverser le rapport des forces et de gagner toutes nos batailles, en particulier la bataille pour la  libération  du  Président Laurent   GBAGBO. Tout le monde s’accorde à dire que la question de la libération du Président GBAGBO est politique.  Comment  résoudre un problème politique si on n’est  pas  dans  le  jeu  politique ? L’on sait que pour soutenir ses demandes de mise en liberté provisoire du Président Laurent GBAGBO, Me Emmanuel  Altit  s’est  essentiellement appuyé, notamment en février  2014  puis  en  juin 2014,    sur les résultats de notre stratégie de l’action politique, en mettant en exergue « le rôle central du FPI dans le processus politique ivoirien actuel », «la volonté partagée du FPI et du gouvernement ivoirien  de  surmonter  leurs différends », « la légitimation du FPI comme interlocuteur incontournable du dialogue démocratique en Côte    d’Ivoire »,    pour conclure que «(…) la question de la libération provisoire du Président Laurent GBAGBO est un élément important  du  dialogue  engagé par les deux camps », qu’elle « s’inscrit pleinement dans le processus de réconciliation nationale » et que «le Président GBAGBO,   conscient des responsabilités qui lui incombent  vis-à-vis  de la vis-à-vis  de  la Cour et vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, n’a aucune intention de se soustraire à la justice. Il poursuit le même objectif que les membres de son parti : la réconciliation entre les Ivoiriens ». Nous  devons  continuer  à donner des arguments politiques à la défense pour sortir  le  Président  GBAGBO de cet  enfer. Le Président GBAGBO lui-même a dit que la phase de la violence est finie et qu’il faut faire place à la phase civile, c’est-à-dire les  négociations. Evidemment, le jeu politique  n’exclut pas des manifestations politiques,  bien au contraire  pour appuyer les négociations politiques. Toute autre stratégie assise sur des logiques de  vengeance,  de violence, d’épreuve de force compromet la libération du président Gbagbo. etre à la Cei  est un  message  que nous  voulons  donner  à  la fois à l’opinion nationale et internationale. Nous sommes dans le jeu politique, quel que soit ce que nous allons faire par la suite au niveau électoral. La deuxième raison qui motive notre présence à la Cei, c’est qu’une place à la Cei peut être un instrument de lutte, un moyen de pression supplémentaire. Etant donné que nous sommes dans le jeu politique, il faut que les conditions du jeu soient réunies ; que la question de la libération des    prisonniers politiques soit réglée. On ne peut pas être dans le jeu politique et avoir ses comptes gelés, avoir ses camarades de lutte en exil. Etre à la Cei, être  dans  le  jeu  politique, renforce la crédibilité de nos revendications pour le dégel des comptes. C’est donc un moyen de pression pour la libération des   prisonniers, pour la libération des maisons, pour la sécurité, l’encasernement des frci, le démantèlement des dozos, etc. Si on veut que le jeu politique soit transparent, il faut que la sécurité soit garantie pour tous, que la liberté d’expression, la liberté de meeting soit garantie. Si on est dans le jeu politique on doit avoir  accès à toutes les localités de Côte d’ivoire pour nous  exprimer. Si vous êtes dans le jeu politique, ça vous ouvre plus de perspectives. Si on est en dehors du jeu, on risque d’être hors-jeu. La  troisième  raison,  c’est que cette Cei n’est pas là seulement pour organiser les élections présidentielles de 2015. Elle va organiser les législatives, les municipales et les régionales qui vont suivre. Ne pas y être, c’est être en dehors de tout le processus ; c’est être en dehors du électoral, du découpage des circonscriptions électorales. Cela comporte un risque important pour l’avenir du parti. Donc  au-delà  de  ce  que nous pourrons décider pour les élections,  il est bon que nous y soyons.
Quatrièmement, si nous sommes en dehors du processus électoral et si nous donnons  ce  message  dès maintenant, quelles peuvent en  être  les  conséquences sur le parti ? si les militants savent dès maintenant que le FPI n’est pas dans le processus  électoral,  pourquoi les  cadres  dans  les  instances  et  dans  les  fédérations se  mobiliseraient-ils particulièrement ? Pourquoi vont-ils  se  dépenser  pour faire vivre un parti qui a déjà fait l’option de ne pas participer aux élections ? S’il n’y a aucune perspective électorale, les cadres vont relâcher leurs efforts sur le terrain. Et certains peuvent même être amenés à penser à des solutions alternatives. Ça peut susciter des réactions pouvant aller jusqu’à des défections au profit d’autres partis qui sont, eux, dans le processus politique et électoral. Ce serait un élément d’affaiblissement  du  parti ;  une stratégie de déclin. Le message que nous allons donner à travers la Cei est un message important qui a de lourdes   implications. Nous avons fixé des conditions. C’est que le bureau de la Cei soit consensuel. Donc nous y sommes pour pouvoir participer  à  la négociation sur un bureau consensuel. Si nous devons en sortir, ce sera parce qu’on n’aura pas eu un bureau consensuel. Si on a un bureau consensuel, on y reste et on utilise la Cei comme un instrument pour poursuivre notre lutte. Donc notre présence à la Cei est politique et d’ordre tactique.

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06:15 Écrit par BEN2013 dans CEI, Partis politiques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

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