topblog Ivoire blogs

04/02/2014

Cdvr : Voici le prochain chantier de Banny Publié le mardi 4 fevrier 2014 | Nord-Sud

charles-konan-0006(1).jpg

Et de deux. La Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) est reconduite. Même si son décret de prorogation n’a pas été encore délivré, l’équipe de Charles Konan Banny va continuer son travail avec l’aval du chef de l’Exécutif. De sources proches de l’institution, jointes hier par téléphone, le président de la République Alassane Ouattara a signifié de façon orale au premier responsable de cette structure la prolongation de son mandat au cours d’un entretien, lundi 27 janvier, après le dépôt du rapport de la mission précédente. M. Banny et ses hommes sont à la tâche. La première étape inscrite au calendrier de la Cdvr est l’appel aux victimes qui prendra en compte la période de 1990 à 2011. « Des résultats des consultations nationales, la population souhaiterait que la Cdvr fasse la lumière sur les évènements qui sont survenus en Côte d’Ivoire entre 1990 et 2011 », informent nos interlocuteurs. Les différentes personnes qui ont subi des préjudices dans cette période seront entendues dans les différents centres d’écoute qui seront ouverts incessamment sur toute l’étendue du territoire national « pour raconter leur histoire », avisent nos informateurs. S’il est vérifié que ces personnes sont de vraies victimes, assurent ces cadres de la Cdvr, elles recevront réparation de la part de l’Etat. Comme le président de la Cdvr l’a mentionné dans son rapport, à en croire ses collaborateurs, après l’écoute des victimes, la structure va procéder à la vérification de leur allégation et l’établissement de la liste pour les réparations. S’ensuivront enfin les audiences publiques. La Cdvr a été créée aux lendemains de la violente crise postélectorale de 2010-2011 dans le but d’œuvrer à la réconciliation et au rétablissement d’une paix durable entre toutes les communautés vivant en Côte d’Ivoire.

Danielle Tagro

16:17 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

24/12/2013

Laurent Dona-Fologo: "Il n’y a pas de honte à reconnaître le travail que Ouattara fait"

fologo.jpg

Invité à dire un mot au nom des récipiendaires, le président du Rpp, Laurent Dona Fologo, a salué l’initiative de la Fondation Atouuu et invité les Ivoiriens à s’inscrire résolument dans le processus de réconciliation. Pour lui, si Bédié et Ouattara ont réussi à faire la paix, leurs adeptes n’ont plus de raison de ne pas suivre leur exemple.
"(…) Nous sommes venu à vos côtés, monsieur le président de l’Ong Atouuu, de très bon cœur pour participer et pour prendre devant vous des engagements pour la réconciliation. Au demeurant, lorsque je regarde cette salle, je ne vous cache pas que je ne me sens pas du tout étranger. Comment être étranger devant Lenissongui, Kah Zion, Bouys…Ce sont des camarades de début et de toujours. C’est pour dire que Mandela, que nous venons de conduire sous terre avec tous les honneurs, disait qu’il n’y a que les hommes politiques qui marchent les bras croisés qui ne font pas d’erreur. Il a dit ça lorsqu’il était en prison. C’est-à-dire au moment où il réfléchissait sur ce qui allait se passer à sa sortie. Il a reconnu qu’il avait fait quelques erreurs, pas beaucoup. Et quand il est sorti de prison, vous savez ce qui s’est passé. On s’attendait à tout sauf à ce qu’on a vécu. Après des milliers de morts, voire après 27 années de prison avec les humiliations que vous savez, il sort et demande que l’on construise le public arc-en-ciel. Parce qu’il disait une autre phrase d’Houphouët-Boigny, la politique, c’est la saine appréciation des réalités et la réalité change selon les époques. Il a pris donc conscience de ce qui se passait en Afrique du Sud, il a demandé à ses frères d’accepter le miracle des Sud-africains. Et le miracle des Sud-africains a été le pardon. Il était difficile de savoir qui a tué et combien de morts. Les jeunes ne savent peut-être pas les tenants et aboutissants de l’histoire sud-africaine. Celui qui vous parle, le sexagénaire qui vous parle, était en septembre 1975 en plein Apartheid en Afrique du Sud. Beaucoup ne juraient pas de notre retour en Côte d’Ivoire parce qu’il y avait des radicaux de tous les côtés. Nous aurions pu être l’objet d’attaque des fanatiques. Nous étions prêt à mourir pour Houphouët-Boigny parce que nous savions que cet homme ne pouvait pas se tromper. Il ne s’est pas trompé et nous sommes revenu sain et sauf. Mieux, c’est après 1975 que les conditions de détention ont baissé pour le leader Nelson Mandela. Beaucoup de gens ont évité de rappeler l’action d’Houphouët-Boigny parce qu’elle avait été condamnée par l’Organisation de l’unité africaine (Oua). Qui avait décidé que les pays indépendants d’Afrique ne se rendent pas en Afrique du Sud. Aucun avion partant de notre pays ne pouvait atterrir là-bas. En même temps, nous sommes arrivés à Libreville en panne de carburant. C’était difficile. Je dis cela pour dire que le pardon doit être un de nos points d’ancrage dans la recherche de la réconciliation. (…) Tout le monde est témoin en Côte d’Ivoire que nous vivons en crise depuis la mort d’Houphouët-Boigny. Qui n’a pas entendu parler des histoires d’Ivoirité, de xénophobie et que sais-je encore ? Mais si aujourd’hui, celui qu’on désignait comme le père de l’Ivoirité est devenu l’ami des plus intimes de celui qu’on présentait comme la victime, cela veut dire que les miracles en Côte d’Ivoire n’ont pas fini de se produire. Alors, si ces deux peuvent se mettre ensemble, que deviennent ceux qui les ont suivis ? Que deviennent ceux qui ont pris parti et qu’ils ont envoyés en mission un peu partout? Comment voulez-vous que votre père vous a montré un chemin et que quand vous vous retournez, vous constatez que vous êtes seul? Est-ce que c’est normal ? Remettons-nous ensemble. Moi, je n’ai aucune honte, aucune gêne. Moi, je ne prétends à rien, je ne souhaite plus être rien, je poursuis ma route. Ce que je souhaite, c’est qu’on retrouve une Côte d’Ivoire comme on l’a connue. (….) Le planteur qui va à son champ, s’il pense qu’on va le tuer, il n’ira pas au champ. Nous allons perdre en production si la sécurité n’est pas garantie. Il en est de même de la réconciliation. La réconciliation, comme on le dit, ne doit pas être un mot, mais un comportement. On se réconcilie avec qui ? On se réconcilie avec celui qu’on a fait palabre. (…) Il ne faut pas demander en menaçant, en insultant ceux qui peuvent donner. Il faut savoir demander avec humilité. La réconciliation, c’est le cœur qui va au cœur, c’est le cœur qui rencontre le cœur. Ce ne sont pas des mots, ce sont des actes. Nous sommes content de tout ce qui est fait ; les routes, les ponts, les immeubles, l’électricité, les infrastructures, etc. Nous sommes content de tout cela. Qui ne veut pas construire tout cela ? Tout le monde le veut. Et qui ne veut pas le faire dans l’honneur et la dignité pour la Côte d’Ivoire ? Il faut savoir le faire. Et si quelqu’un arrive à le faire, il faut le saluer. Moi, je ne vois pas de honte à saluer celui qui le fait. Tout ce que nous disions au départ, c’est terminé. Le passé, c’est terminé. Une fois que monsieur Bédié et monsieur Ouattara se donnent la main, nous savons ce que ça fait. Pourquoi monsieur Fologo qui était derrière monsieur Bédié, voulez-vous que je continue seul la route ? Je ne peux pas. C’est la raison pour laquelle, je suis venu soutenir ceux qui prennent des initiatives dans le sens du rapprochement. Pour dire que c’est au bout de la vieille corde qu’on attache nos bêtes. (…) Le doyen vous dit, avant l’indépendance, beaucoup d’entre vous n’étaient pas nés, il y avait le multipartisme en Côte d’Ivoire, le multipartisme colonial. Il y avait 6 partis politiques. Les plus connus, c’était les progressistes, le Rda. Il y avait aussi la Sfio. En 1946, le président Houphouët-Boigny a été élu député. En 1946, il a appelé ses camarades à Bamako pour créer le Rda. Au sein du Rda, on a appris à militer pour l’union des Africains pour se libérer du joug colonial, pour sortir des humiliations qui faisaient qu’on se trouvait l’honneur bafoué et la liberté confisquée. (…) Il a appelé les partis politiques et il a dit : « Je suis convaincu que seule l’union nous fera gagner. Je demande à tous les frères des autres partis de nous rejoindre pour qu’on se batte ensemble ». En 1952, il a dit la même chose à l’inauguration de l’Assemblée territoriale. Il a dit : « Nous sommes tous convaincus que la Côte d’Ivoire ne sera pas de l’avant si nous ne nous mettons pas ensemble ». Et il a dit que l’union n’est possible que si nous le voulions ensemble. La réconciliation, il faut le vouloir, il faut le faire. Il n’y a pas de honte et d’humiliation à cela. Le président Houphouët-Boigny, en 1962-1963, quand il s’est rendu compte qu’il avait mis des cadres en prison à la prison d’Assabou à Yamoussoukro. J’étais là lorsqu’il a réuni en 1966 tous les cadres à Yamoussoukro pour reconnaître qu’il s’était trompé. Il a reconnu qu’il était en erreur, il les a appelés et a demandé pardon publiquement au pays. Et les gens sont sortis de prison. Beaucoup ont retrouvé leurs postes. Ce ne sont pas des repères qui nous manquent. Nous devons nous ressaisir et repartir. On dit Fologo, il n’aime pas la bataille, il n’aime pas se battre. Ce n’est pas ça. Moi, aujourd’hui, je vais me battre pour quoi ? J’ai eu tout le temps de me battre. Moi, ce que je voudrais, c’est que nous soyons tous d’accord sur le fait que si quelqu’un a fait une faute, qu’il la reconnaisse et demande pardon. C’est ce qui s’est passé en Afrique du Sud. Il n’y avait pas de justice puisqu’on ne sait pas qui a fait quoi. Je ne dis pas que je ne suis pas pour la justice. Mais je dis que si nous voulons aller à la réconciliation, nous sommes obligés de faire des sacrifices. Moi, j’ai été bloqué à Bouaké. J’avais perdu mon frère et j’ai pris le cortège en partance au nord. Lorsque nous sommes arrivés à Bouaké, les militaires nous ont arrêtés alors que nous allions aux funérailles. Nous avons été obligés de retourner à Abidjan. Mais pour moi, c’est fini. La seule voie du miracle, c’est le pardon. Mes chers frères et sœurs, permettez-moi de remercier le frère Zié et remercier tous ceux qui l’ont soutenu dans cette aventure. Il n’y a pas de petit acte dans la réconciliation. Ce que chacun d’entre vous peut faire chez lui, dans son village, dans sa cour, pour aboutir à la réconciliation, à la paix et à l’amour, qu’il puisse le faire. Je vous remercie".
Propos retranscrits par LANCE TOURE (Nouveau Réveil)

06:45 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

14/12/2013

Côte d’Ivoire – Les alliances ou « pacte de non-agression » entre les Peuples d’origine Mis en ligne par Connectionivoirienne.net La Rédaction • 13 décembre, 2013 a 17:59

loidici.com

Les alliances en Côte d’Ivoire ou « le Pacte de non agression » sont un phénomène social en Côte d’Ivoire et partout en Afrique et qui autorise un groupe à plaisanter avec un autre groupe et à même injurier l’autre groupe sans risque de se voir agresser.

Lorsqu’il y a une alliance qui lie deux groupes ethniques, l’un peut empêcher un enterrement en déposant la feuille d’une plante sur le cercueil.

L’allié qui se trouve ainsi coincé sera obligé d’offrir à l’allié demandeur, tout ce qu’il exigera avant d’enterrer son proche.

Sur le site Internet : http://lautreafrique.blogspot.com/2010/12/les-alliances-inter-ethniques.html, il est indiqué que :

« Dans chaque ensemble d’alliance, il est censé avoir une ethnie chef qui domine sur les autres (esclaves). Ainsi, l’esclave est tenu d’exercer une hospitalité sans faille envers son chef, de lui apporter aide, secours et assistance en cas de nécessité, d’obtempérer à ses ordres et de satisfaire tous ses besoins, aussi frivoles soient-ils (d’ou parfois les brimades!). Cependant, une ethnie chef devient à son tour esclave d’une autre et ainsi de suite. Mais force est de constater que par ruse, chaque ethnie s’autoproclame chef et considère les autres comme esclave! Ainsi, seuls les garants de la tradition savent exactement quelle ethnie est chef et à son tour esclave d’une autre. Les alliances ethniques donnent occasion à des plaisanteries qui ont pour seul but l’autodérision puisque l’on doit accepter sans rancune le regard critique de l’agresseur sur sa propre culture. L’anecdote suivante illustre ce fait. J’ai assisté récemment à des obsèques dans un village Dan. Un vieil homme Yacouba y avait rendu l’âme et conformément à l’alliance, c’étaient des Sénoufos qui avaient creusé sa tombe la veille, gratuitement en plus. Le lendemain, au moment de l’inhumation, avant d’y faire descendre le cercueil l’on constata qu’un crapaud était pris au piège dans la tombe creusée par les fossoyeurs. L’un des Sénoufo y descendit, pour l’en faire sortir. Il tint la pauvre bête par la patte et déclara avec mépris : ‘‘Vous les Yacoubas-là, vous aimez tellement manger les crapauds, qu’un vieux crapaud est venu se cacher dans votre tombe. Je vous le donne. Prenez-le pour faire votre cuisine de ce soir ! » Sur ce, il lança le dit crapaud sur la famille éplorée, rassemblée pour l’inhumation. La famille laissa échapper des cris d’horreur et un fou rire s’empara de la foule. Ce geste détendit quelque peu l’atmosphère trop triste qu’imposait la cérémonie. En réalité, les Yacouba ne mangent pas les crapauds mais bien les grenouilles ! Mais les Sénoufos disent que c’est du pareil au même ! L’ultime avantage des alliances inter ethnique est qu’elles représentent un facteur de paix entre les différentes ethnies à cause du pacte de non-agression et d’assistance mutuelle qui les lient entre elles. C’est donc à juste titre que Boniface Batiana** a déclaré :  »Si la parenté à plaisanterie existait entre Tutsis et Hutus, il n’y aurait sûrement pas eu de génocide. » L’idéal serait donc que le peuple ivoirien revienne sur cette tradition (peut-être un peu trop rustique, diraient-ils mais tout de même importante) afin de consolider l’amour et la tolérance inter ethnique en cette période sensible que traverse ce beau pays. »

Ainsi, il existe alliances entre (non exhaustive):

Les Attié et les Dida

Les Attié et les M’batto

Les Attié et les Kroumen

Les Attié et les Bakwé

Les Abron et les Agni

Les Agni et les Baoulé

Les Abbey et les Abidji

Les Ano et les Senoufo

Les Ano et les Koyaka

Les Ano et les Djimini

Les Ano et les Baoulé

Les Ano et les Godé

Les Ano et les Agni

Les Abron et les Baoulé

Les Abron et les Agni

Les Abron et les Senoufo

Les Abron et les Koulango

Les Abron et les Bron et Ashanti du Ghana

Les Bété et les Dida ;

Les Bété et les Gagou

Les Dida et les Abidji

Les Dida et les Abbey

Les Dida et les Adjoukrou

Les Dida et les Neyo

Les Dida et les Godié

Les Dida et les Kroumen

Les Dida et les Allandian

Les Adjoukrou et les Ahizi

Les Ahizi et les Alladian

Les Adjoukrou et les Alladian

Les Dida et les Kodê (Baoulé)

Les Godé avec les Djamala ;

Les Godé avec les Dida

Les Godé avec les Baoulé

Les Godé avec les Anofoué

Les Godé avec les Koyaka

Les Godé avec Tagwana

Les Koulango et les Abron (une forte alliance, à telle enseigne que les abrons ne parlent la leur mais parlent koulango)

Les Koulango et les Lobi

Les Sénoufo et les Koyaka

Les Senoufo et les Yacouba (ou Dan)

Les Senoufo et les Lobi

Les Senoufo et les Gouro

Les Senoufo et les Mahouka

Les Senoufo et les Koulango

Les Koyaka et les Lobi

Les Yacouba (ou Dan) et les Gouro

Les Koyaka et les Djimini

Les Koyaka et les Koulango

Les Koyaka et les Tagwana

Les Yacouba (ou Dan) et les Djamala

Les Yacouba (ou Dan)et la Tagwana

Les Yacouba (ou Dan) et les Mahou

Les Gouro et les Tagwana

Les Gouro et les Djamala

Les Gouro et les Djimini

Les Gouro et les Peulh de la Guinée Konakry

Les alliances ont été crées suivant des légendes propres à chaque cas.

Pour l’alliance entre YACOUBA et SENOUFO, la légende fait ressortir que « les YACOUBA à un guerrier SENOUFO qui s’était introduit sur leur territoire sans s’annoncer, comme un « bandit ». Ce dernier a commis des actes de maltraitances sur des SENOUFO et fait des sacrilèges. Ne pouvant pas le combattre par les armes, les YACOUBA donne au guerrier une femme. Le SENOUFO en prend plaisir et exige avoir désormais la femme du Chef des YACOUBA. Pour laver l’affront, les YACOUBA demandent au guerrier SENOUFO de leur offrir un bébé panthère ou un bébé éléphant mais ne pouvant pas réaliser cet exploit, les YACOUBA ont pu ainsi rétablir l’honneur de leur Chef. Aujourd’hui encore, les YACOUBA estiment que les SENOUFO leur restent redevables de ce qu’ils ont demandé. »

Au total, les alliances bien que considérés par certains comme « dures », consolident l’amour et la tolérance entre les ethnies et je préviens déjà les AGNI que ce site n’a pas été élaboré pour eux parce qu’ils restent et resteront mes esclaves.

Source: loidici.com

 

30/11/2013

Réconciliation nationale Banny: “Le temps de la vérité est arrivé”

Gbeke-Ouattara-Meeting-BouakeB-0000.jpgBannyouattara.jpg

Le temps des victimes est arrivé. Les Ivoiriens souhaitent que réparation soit faite aux victimes», a déclaré, jeudi, le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny. Il recevait, au Centre de recherches et d’action pour la paix (Cerap) de Cocody, les résultats des consultations qualitatives menées par les plates-formes de la société civile et des Ong. «Que ce soient des victimes individuelles ou collectives, réparation doit leur être faite. Réparations morales, matérielle, toutes sortes de réparations», a-t-il souligné. D’autant que, a expliqué Charles Konan Banny, «on ne peut pas faire la réconciliation sans faire droit à ce droit fondamental qu’ont les victimes de recevoir réparation», a insisté l’orateur. Cette phase, a-t-il indiqué, passe par une phase de recensement où les victimes doivent se faire connaître.

«Le temps de la recherche de la vérité est arrivéa, par ailleurs, lancé le président de la Cdvr. «Ce temps,a-t-il précisé, est le moment où il faut, ensemble, chercher à savoir qui a fait quoi, comment et pourquoi». Sans cette vérité, a-t-il averti, «il n’y aura pas œuvre de justice». Or, selon lui, les Ivoiriens estiment que sans justice, la réconciliation ne sera que de façade. «Les populations indiquent que le pardon n’exclut pas la justice. Tout doit se faire dans la justice républicaine», a-til relevé. «N’ayons pas peur de la phase de la recherche de la vérité, soyons courageux. Le système ne marchera pas, s’il n’y a pas d’aveu de la faute commise. La justice républicaine ne sera pas sourde aux aveux», a estimé Charles Konan Banny. «Je crains fort que nous soyons tentés d’entrer dans un processus de déni. Il s’est passé des choses pas jolies, jolies pendant la crise post-électorale et pendant la période indiquée (1990-2011). Et il se passe actuellement des choses qui ne sont pas jolies, jolies…La recherche de la vérité ne doit pas cohabiter avec le déni», a conseillé le président de la Cdvr.

Selon ses précisions, ce sont environ 50 000 personnes, représentatives de la population ivoirienne, qui ont été interrogées dans le cadre des consultations. «Plus des trois quart des personnes interrogées souhaitent vivement que la lumière soit faite sur tous les événements, surtout politiques, survenus en Côte d’Ivoire de 1990 à 2011», a-t-il révélé. Et de préciser que les Ivoiriens considèrent comme violations, les atteintes à la vie, aux droits économiques, à l’intégrité physique et morale et à la liberté. «Pour que la réconciliation soit effective et sincère, les populations ont indiqué que le pardon des victimes doit être motivé par la repentance sincère des auteurs des violations. Il ne peut pas y avoir de pardon sincère sans repentir sincère», a-t-il rapporté. La conseillère de Charles Konan Banny, chargée de la société civile et des Ong, Marie Paul Kodjo, Yao Pauline (société civile), Arra Daté (plate-forme de Yopougon) et Mme Kparaiso (plate-forme de Sassandra) se sont félicités des résultats auxquels ont abouti les consultations. Ils ont indiqué que les victimes attendent réparation et réclamé des moyens financiers et matériels pour le reste du travail à faire.

PASCAL SORO
Fraternité Matin

07:13 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

22/11/2013

L’Intégralité de l’allocution de Charles Konan Banny devant Alassane Ouattara

CDVR-ouattara1.jpg

ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE LA CDVR

Monsieur le Président de la République,

Voici venu le moment solennel de la remise du rapport de deux ans d’activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Conformément aux prescriptions de l’ordonnance N° 2011-167 du 13 juillet 2011, portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la CDVR, nous venons vous rendre compte de l’exécution du mandat que vous avez bien voulu nous confier. Mais avant d’en arriver au contenu du rapport, permettez-moi de rappeler le contexte de la création de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation.

Monsieur le Président,

Dès la période de la campagne électorale en vue des élections présidentielles de 2010, vous avez pris la mesure de la déchirure du tissu social ivoirien. Et, alors que rien ne vous y contraignait de façon pressante, vous vous êtes engagé à inscrire la réconciliation nationale en tête de vos priorités de futur président de la République.
Malheureusement, les élections présidentielles se sont soldées par une crise extrêmement grave, venant confirmer l’urgence et la nécessité de la mise en œuvre d’un processus de réconciliation nationale.
Peu après votre entrée en fonction, vous avez traduit en acte vos promesses de la campagne électorale en matière de cohésion sociale. En effet, le 1er mai 2011, sous les yeux de trois illustres témoins, vous avez fait connaître votre choix d’une Commission Vérité et Réconciliation pour aider à guérir le mal ivoirien. Nous vous avons demandé, pour notre part, de placer le travail de la commission sous le sceau du dialogue pour tenir compte de la spécificité culturelle ivoirienne. Ainsi est née la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation.

Monsieur le président de la République,

La profondeur de la crise ivoirienne appelait des réponses objectives et vigoureuses. La création de la CDVR fut la réponse la plus appropriée à la situation parce que la réconciliation ne se décrète pas. C’est une œuvre de longue haleine qui requiert un environnement pacifié, la recherche de la vérité, l’administration d’une justice équitable et le refus de l’impunité.
Vous avez inscrit toutes ces exigences dans l’ordonnance qui fixe les attributions de la CDVR. Je voudrais en rappeler la teneur afin que la mission qui nous a été confiée soit bien entendue.

« Article 5 : La CDVR a pour mission d’œuvrer, en toute indépendance, à la réconciliation et au renforcement de la cohésion sociale entre toutes les communautés vivant en Côte d’Ivoire.

À ce titre, elle est chargée :

- d’élaborer une typologie appropriée des violations des droits de l’homme susceptibles de faire l’objet de ses délibérations ;
- de rechercher la vérité et situer les responsabilités sur les événements sociopolitiques nationaux passés et récents ;
- d’entendre les victimes, obtenir la reconnaissance des faits par les auteurs des violations incriminées et le pardon consécutif ;
- de proposer les moyens de toute nature susceptibles de contribuer à guérir les traumatismes subis par les victimes ;
- d’identifier et faire des propositions pour leur réalisation des actions de nature à renforcer la cohésion sociale, l’unité nationale ;
- d’identifier et faire des propositions visant à lutter contre l’injustice, les inégalités de toute nature, le tribalisme, le népotisme, l’exclusion ainsi que la haine sous toutes leurs formes ;
- d’éduquer à la paix, au dialogue et à la coexistence pacifique ;
- de contribuer à l’émergence d’une conscience nationale et à l’adhésion de tous au primat de l’intérêt général ;
- de promouvoir le respect des différences et les valeurs démocratiques. »
Monsieur le Président de la République,

La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation est à la fois une suite de mécanismes de la justice transitionnelle et un moteur du dialogue entre les populations de la Côte d’Ivoire. Son rôle est de créer les conditions d’une éradication de la violence et des violations des droits humains en vue d’aboutir à la réconciliation des Ivoiriens.
Le rapport que nous allons vous présenter rend compte du chemin parcouru par le processus de réconciliation depuis la création de la CDVR et des opérations restant à réaliser.
La démarche de la CDVR s’articule en plusieurs points : la phase préparatoire, la recherche des causes profondes de la crise, les prises de dépositions et les enquêtes, les audiences, le Mémorial, les recommandations et les réparations.

Sur la base de cette démarche, la CDVR a conçu un rapport en plusieurs volumes : le premier volume parle des activités de la CDVR et des résultats obtenus, un autre volume est consacré à la recherche des causes profondes de la crise, un autre traite de la recherche de la vérité, c’est-à-dire des prises de déposition, des enquêtes et des audiences publiques, un autre encore est relatif aux réparations, le dernier volume, quant à lui présente le Mémorial de la crise et les recommandations.
La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation possède des caractéristiques propres qui la distinguent de ses homologues.

Les activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation se sont poursuivies dans un environnement non encore débarrassé des conflits et des tensions politiques. En effet, les affrontements continuaient encore au moment où la CDVR entamait ses travaux. Sa création et les contacts avec tous les regroupements politiques et sociaux ont tout de même permis de décrisper l’atmosphère.

À la différence des autres Commissions Vérité et Réconciliation de par le monde, la CDVR a été créée avant la consultation des citoyens. C’est donc à la Commission qu’est revenue la responsabilité de l’organisation des consultations nationales. Ailleurs, les consultations nationales ont servi de base aux textes portant création de ces Commissions et permis d’obtenir des indications sur la qualité des personnalités appelées à les diriger. Ces consultations nationales préliminaires ont fourni également les repères pour fixer la profondeur historique de la recherche de la vérité.

Les consultations nationales ont permis à la CDVR non seulement de savoir que les Ivoiriens attendent qu’elle mène des investigations sur les violations intervenues entre 1990 et 2011, mais également sur leur perception de la société ivoirienne ainsi que sur les réformes qu’ils espèrent voir mises en œuvre.
Le modèle ivoirien n’offre pas non plus de contrepartie incitative pour amener les “perpétrateurs“ à faire des aveux. Ailleurs, comme en Afrique du Sud, les auteurs de violations qui consentaient à se présenter devant la Commission pour avouer leurs méfaits bénéficiaient en échange d’une amnistie.

Enfin, seule à ce jour parmi les Commissions Vérité et Réconciliation, la CDVR a installé des commissions locales. Au nombre de 37, ce sont de véritables structures déconcentrées qui font, à l’échelon régional, le même travail que la Commission à l’échelon national.

Au cours de la phase préparatoire, qui a été particulièrement longue parce qu’il a fallu organiser des consultations nationales et créer les conditions psychologiques de la réalisation du processus, tous les instruments utiles à l’exécution du mandat de la CDVR ont été mis en place.
Dès son installation le 28 septembre 2011, la Commission s’est attachée à prendre les textes et à créer les organes nécessaires à son fonctionnement. C’est ainsi qu’a été élaboré un règlement intérieur, adopté en décembre 2011, qui détermine son organisation interne. Le président de la CDVR dirige et coordonne les activités de la Commission. Il est assisté dans sa tâche par un Comité exécutif qui comprend, outre le président, les trois vice-présidents. L’organe de décision de la CDVR est l’Assemblée plénière des commissaires. Pour l’exécution pratique de la mission, quatre commissions spécialisées ont été créées : la commission Heuristique, la commission Auditions et Enquêtes, la commission Réparations et la commission Mémorial. Le conseil consultatif, constitué de personnalités éminentes du monde politique, religieux, militaire ou de la société civile, prévu par les textes et chargé d’émettre des avis sur les questions relatives à l’exécution des attributions de la CDVR, n’a pu être formellement installé.

Par ailleurs, en vue d’atteindre son objectif d’un processus participatif, consultatif et inclusif, la CDVR a créé dans toutes les régions du pays, des structures déconcentrées appelées Commissions locales. Au nombre de 19 au départ, elles sont passées à 37 en cours de mandat pour être en conformité avec le nouveau découpage administratif.

Nous avons conçu un plan d’action stratégique, élaboré des manuels de procédure de gestion administrative, financière et comptable et un manuel d’acquisition des biens, pour une gestion efficiente.

À la nomination du président de la Commission et avant même l’installation de celle-ci, d’intenses consultations ont été menées par le président de la CDVR qui a rencontré à partir du mois de juin 2011, toutes les structures représentatives de la société ivoirienne : partis politiques, syndicats, associations de femmes et de jeunes, guides religieux, chefs traditionnels, élus nationaux et locaux, leaders d’opinion, responsables de l’administration territoriale et communautés étrangères. Ces consultations ont permis d’intéresser tous les habitants de la Côte d’Ivoire au processus de réconciliation. A l’occasion de ces rencontres qui se poursuivent encore aujourd’hui, tous les interlocuteurs se sont engagés à participer au processus de réconciliation nationale et à appeler les personnes et communautés placées sous leur autorité à en faire de même.
Nous avons mené également des activités symboliques et consultatives pour renforcer l’adhésion des populations au processus.
Dans toutes les régions, des rituels de deuil et de purification de la terre ont été organisés. Ces cérémonies que la commission a voulu œcuméniques, ont permis de gagner la confiance des populations et d’obtenir leur adhésion au processus.

La CDVR a conduit des consultations nationales qui ont fourni des informations capitales sur l’amplitude historique des événements à interroger, sur le type de violation à considérer et sur les réparations attendues par les populations. Ces données ont été exploitées par la Commission Auditions et Enquêtes pour la fixation de ses objectifs et l’élaboration de sa démarche. Les résultats de ces consultations seront vulgarisé après la remise officielle du présent rapport au Président de la République.
La recherche de la vérité porte donc sur toutes les violations graves des droits de l’homme commises entre 1990, date du retour au multipartisme, et 2011, période de la crise post-électorale, parce que tel est le choix de la grande majorité des populations consultées.
La phase opérationnelle des activités de la CDVR a débuté avec les travaux de la commission heuristique. La commission heuristique est une commission spécialisée chargée de rechercher les causes profondes de la crise. La CDVR est persuadée qu’en connaissant les causes profondes des événements, la société se donne les armes pour en combattre les effets, que, pour mieux se réconcilier, il faut d’abord comprendre.

Les travaux de la Commission heuristique se sont conclues par un important colloque dont les conclusions ont permis de mieux appréhender les ressorts de la crise ivoirienne. Ses résultats ont été traduits en recommandations consignées dans le volume consacré aux causes profondes de la crise ivoirienne.
La Commission heuristique ayant posé les bases de la compréhension de la crise, la commission chargée des prises de déposition et des enquêtes a pris le relais.
Le travail de la commission Auditions et Enquêtes a commencé par la compilation des données disponibles sur les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. En effet, aussi bien le gouvernement ivoirien que les organisations de défense des droits humains ont diligenté des enquêtes sur les violations survenues en Côte d’Ivoire et, souvent, ont établi des typologies fiables que la Commission s’est appropriée. Ainsi, près de quarante mille (40 000) fiches de déclaration ont été répertoriées. Elles subissent une révision en vue de les mettre en conformité avec le protocole interne de la Commission avant audition et enquêtes de confirmation éventuelles.
Nonobstant cette base de données déjà disponible, la CDVR prévoit de faire officiellement appel aux victimes de la période 1990-2011 pour audition et enquêtes.
Sur la base des enquêtes déjà menées par les tiers, la Commission Enquêtes et Auditions a réalisé ce qu’il est convenu d’appeler un “mapping“, c’est-à-dire une géo-typologie des violations des droits humains constatées en Côte d’Ivoire. Cette géo-typologie a permis de gagner du temps et d’identifier les zones les plus marquées par les violations en vue de mieux répartir l’effort de recherche de la vérité.

Les auditions des victimes et des témoins de violations qui sont prévues permettront de recueillir des témoignages qui révèleront ce qui s’est passé et d’identifier ceux qui ont subi des dommages et des préjudices durant la crise. Ces auditions fourniront la base d’une typologie des violations et des dommages subis, ainsi que des données sur les victimes, le nombre de violations commises et leur nature légale et juridique. Cela conduira à des recommandations en vue des réparations ultérieures.
Les cas emblématiques retenus par la commission alimenteront les audiences publiques qu’attend la population. Les audiences publiques représentent pour la CDVR l’aspect cathartique du processus. Au cours de ces séances, les “perpétrateurs“ et leurs victimes se retrouvent dans le même espace et répondent aux questions du juge-arbitre qu’est la Commission. La théâtralisation de cette étape participe à la réparation psychologique des violations. En effet, en se racontant et en écoutant la parole des auteurs, la victime est apaisée. Elle met ainsi un visage sur la violation qui l’a brisée et évacue son angoisse et ses frustrations. Les audiences publiques préparent à la restauration de la coexistence entre victime et bourreau, car c’est là que s’amorce le dialogue entre eux.

À l’issue du dialogue des audiences, la Commission peut obtenir des protagonistes qu’ils fassent la paix si le “perpétrateur“ a reconnu sa faute et exprimé des regrets. Le pardon est la conséquence logique de cette entente. Cela dit, la personne qui a subi des préjudices ne peut consentir à pardonner que si les torts font l’objet de réparations appropriées.

La réparation des préjudices subis par les victimes et la réhabilitation de celles-ci commande les actions suivantes :

- Œuvrer à obtenir que les victimes pardonnent à leurs bourreaux. Les procès-verbaux des délibérations de la Commission sur le sujet seront disponibles au plus tard deux mois après la fin de chaque audition.
- Mettre en place des programmes de cicatrisation (programmes psychosociaux, assistance psychologique, formation des communautés locales aux compétences d’aide psychosociale, mise en place de groupes d’entraide, mise en œuvre de formes symboliques de cicatrisation). Le commencement d’exécution de tous ces programmes devra se faire sans tarder.
- Assurer la réparation des préjudices et la réhabilitation des victimes. Les mesures de réparation et de réhabilitation approuvées par la Commission seront transmises sous forme de recommandation au président de la République.
La réparation des conséquences des violations massives des droits de l’homme est un investissement important pour un pays. Elle peut aider à l’intégration ou la réintégration de tous ses citoyens, aider à démonter de fortes divisions qui menaceraient de créer de futures violences. En outre, elle peut aider à traiter certaines formes historiques de la marginalisation, qui en gardant certaines catégories de personnes en marge de la société et de l’économie, leur enlèverait toute possibilité de développement.
La question du financement est donc avant tout une question de volonté politique. Elle pose également la question de l’importance de la réponse au droit des victimes, ainsi qu’un message sur l’équité et l’égalité des chances entre tous les citoyens dans la stratégie de sécurité du pays.
La réparation est une question qu’il faut aborder sur le long terme, qui exige un appui politique excédant la vie d’un seul gouvernement, ainsi que l’adoption de normes juridiques pour en assurer la continuité.

La conception d’un programme de réparations nécessite un large dialogue. Cependant, ce dialogue, pour être en mesure d’atteindre ses objectifs a besoin d’être encadré par quelques idées. Les idées et les expériences présentées ont pour but d’aider à guider le dialogue et les évaluations des besoins des victimes d’une façon qui permettrait d’arriver à des propositions réalistes. Cela pourrait permettre aux recommandations de répondre aux besoins des victimes et de pouvoir être mises en œuvre effectivement.
Si l’on ne peut nier la volonté politique publiquement exprimée par le Président de la République et l’amélioration globale de la situation des droits humains, il convient de relever que la mission de la CDVR a subi des entraves qui en ont retardé la poursuite :

- L’absence d’accord préalable entre les parties avant la création de la CDVR.

À la différence de ce qui s’est produit dans les autres pays qui ont créé des Commissions Vérité et Réconciliation, la CDVR est née en pleine tourmente, alors que les affrontements se poursuivaient et que les parties belligérantes n’avaient pas conclu un accord. Cette situation a rendu plus difficile le travail de la CDVR qui doit mener à la fois des activités de justice transitionnelle et des missions de médiation.
- Les tensions liées aux attaques et aux arrestations
Alors que la CDVR s’efforce de persuader tous les Ivoiriens de la nécessité d’aller à la paix et d’accepter de s’inscrire dans le processus de réconciliation, on relève des attaques armées en certains points du territoire, entraînant des arrestations.
- L’impression que la justice est sélective
Alors que la Commission a fait publiquement sienne la règle du « Ni vengeance ni impunité », recommandée par les Nations Unies, et que le président de la République a déclaré qu’il était profondément attaché à une justice équitable, certains citoyens ont l’impression que la justice ivoirienne est sélective.
- La réticence de certains acteurs
Le credo de la CDVR est que le processus soit inclusif, participatif, ouvert et consultatif. Cependant, malgré les appels de la CDVR, certains acteurs parmi les politiques et la presse hésitent encore à s’inscrire dans le processus.

LES RÉSULTATS OBTENUS PAR LA CDVR

Les résultats de la Commission spécialisée heuristique

Les causes profondes de la crise ont été identifiées après près d’un an de travaux de la Commission heuristique. Un certain nombre de facteurs de risque ont été mis au jour ou confirmés. Des recommandations ont été faites. Elles sont consignées dans le volume du rapport consacré aux recommandations.
Les résultats de la Commission Auditions et Enquêtes
La Commission spécialisée chargée des auditions et des enquêtes a identifié les violations des droits de l’homme survenues au cours des différentes crises en Côte d’Ivoire depuis 1990.
Elle a procédé à la collecte des rapports d’organismes nationaux et internationaux portant sur les violations et atteintes aux droits humains perpétrés au cours des différentes crises.
Quarante mille (40.000) déclarations de victimes ont été déjà répertoriées. Ces déclarations ont permis de constituer une importante base de données de départ pour les auditions et les enquêtes.
Une géo-typologie et une cartographie précise des violations de droits humains survenues en Côte d’Ivoire depuis 1990 ont été confectionnées.
La cartographie servira de repère à l’identification des zones et des régions les plus marquées par les violations des droits humains. Elle facilitera le travail d’audition et d’enquête sur le terrain et permettra de dresser la typologie desdites violations par zones et par régions.
Un personnel qualifié possédant une expérience avérée en matière de procédures d’auditions et d’enquêtes a été recruté pour les opérations sur le terrain. Il a reçu à cette fin une formation qualifiante qui le rend apte à conduire les opérations de recherche de la vérité.
L’installation des Commissions locales et des plateformes d’ONG
Pour tenir compte de ses spécificités culturelles et sociales, la Côte d’Ivoire a pris le parti de placer la CDVR sous le sceau du Dialogue et de l’immersion dans la société.
C’est ainsi qu’elle a décidé de faire reposer son travail opérationnel sur des Commissions locales, structures déconcentrées installées dans toutes les régions du pays.
Certes, toutes les régions du pays n’ont pas été affectées au même titre par la crise ivoirienne, mais toutes en ont subi le contrecoup et doivent, dès lors, être intégrées au processus.
Par ailleurs, le souci est de permettre au plus grand nombre d’Ivoiriens de prendre part au processus de réconciliation en cours. Ce processus se voulant ouvert, inclusif, participatif et consultatif, les commissions locales offrent à tous et à chacun l’occasion d’apporter leur contribution à la restauration de la cohésion sociale rompue.
Pour respecter le choix d’une immersion totale dans la société, la CDVR a associé tous ceux qui sont en position de lui fournir un avis éclairé – préfets, maires, élus locaux, guides religieux, etc. – à la désignation des membres des Commissions locales. Les Commissions locales reflètent donc au mieux la société ivoirienne réelle. Elles sont composées de quatre cents (400) personnes environ dont 115 femmes, 77 chefs religieux, 72 chefs traditionnels, 62 jeunes, 34 ressortissants de la CEDEAO, etc.
Missions des commissions locales

Dix missions principales sont assignées aux Commissions locales. Elles doivent :

1- contribuer à la sensibilisation des citoyens et des communautés locales sur les différentes phases du processus ;
2- proposer des procédures culturelles spécifiques pour faciliter le dialogue local en relation avec les organisations spécialisées partenaires ;
3- organiser et conduire le dialogue communautaire et intercommunautaire ;
4- assurer la prise des dépositions des victimes en relation avec les centres d’écoute ;
5- constituer, en relation avec le Coordonnateur régional, des bases de données locales et régionales sur les préjudices et les victimes, à partir des dépositions ;
6- établir et proposer une typologie locale et régionale des crimes et violations des Droits de l’Homme ;
7- procéder à une recension régulièrement actualisée et à une pré-estimation des préjudices subis par les victimes ;
8- présélectionner les cas des violations les plus graves ou les plus symboliques en vue de les proposer pour inscription au rôle des audiences publiques ;
9- être l’interface des ONG travaillant à l’échelon local, au cours des différentes phases du processus ;
10- constituer une base de données locale et régionale devant figurer éventuellement au Mémorial.

La CDVR s’appuie sur plusieurs réseaux d’organisation de la société civile pour atteindre les couches les plus variées de la population. C’est ainsi que les commissions locales et les plateformes d’ONG permettent à la CDVR de pénétrer les zones les plus reculées et d’intégrer au processus le plus grand nombre. En effet, à l’initiative de la Commission, les ONG se sont organisées en plateforme sur toute l’étendue du territoire national afin de servir de relais opérationnel aux commissions locales. Il en est de même à l’étranger où des plateformes d’organisations ivoiriennes ont été créées.
Une part active a été confiée aux femmes dans le cadre de la réconciliation. A toutes les associations de femmes qu’il a rencontrées, le Président de la CDVR a délivré le même message qui a reçu un écho favorable. Conformément aux mêmes principes, le Comité exécutif de la Commission a reçu diverses associations de jeunes. En outre, toutes les commissions locales ont en leur sein des représentants des femmes et de la jeunesse.

Monsieur le président de la République, en dépit des efforts soutenus de la commission et des progrès considérables accomplis par son action, il reste encore des activités à mener.
Si les ressources sont disponibles à temps, les équipes d’enquêteurs formés depuis plusieurs mois seront déployés sur le terrain, puis suivra la sélection des cas emblématiques à inscrire au rôle des audiences publiques.

La démarche de la CDVR a pour but de faire disparaître les sources de la rupture de la cohésion sociale. Après les avoir identifiées et écouté les victimes, la CDVR fera des recommandations en matière de réparation et pour la restauration de la cohésion sociale.

Certaines recommandations étant actuellement disponibles, nous souhaitons les soumettre au Chef de l’État. Elles sont issues des consultations menées auprès des populations ivoiriennes sous diverses formes : directe et indirecte.

Sont appelées consultations directes : les rencontres de la Commission avec toutes les couches socio-économiques de la population, les jeunes, les femmes, les leaders politiques, les organisations de la société civile, les victimes, les perpétrateurs etc.

Sont dits indirects : les colloques, les ateliers, les états généraux et les communications des organisations et des associations diverses.
Ces recommandations, après avoir fait l’objet d’examen et de sélection par la CDVR, ont été ordonnées autour des prescriptions de l’ordonnance N° 2011-167 du 13 juillet 2011, portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation.
Si certaines de ces recommandations emportent l’agrément du Chef de l’État, il serait hautement souhaitable qu’elles connaissent une mise en œuvre par voie législative, réglementaire ou toute autre voie que les autorités estimeront appropriée.

AU TITRE DU RENFORCEMENT DE LA COHESION SOCIALE ET DE L`UNITE NATIONALE (art 5. al 5 ordonnance 2011-167 du 13 juillet 2011)

Rendre effective l’application de la loi foncière de 1998 en édictant les textes réglementaires nécessaires ;
Gérer la pression foncière liée au phénomène migratoire ;
Renforcer l’autorité des chefs traditionnels dans la gestion du foncier rural ;
Promouvoir les échanges socioculturels inter et intra ethniques en vue d’une meilleure intégration sociale.
Reprendre le recensement général de la population en vue d’une meilleure planification ;
Reconstituer et fiabiliser les registres d’état civil.

AU TITRE DE LA LUTTE CONTRE L’INJUSTICE LES INEGALITES, LE TRIBALISME, LE NEPOTISME, L`EXCLUSION ET LA HAINE SOUS TOUTES LEURS FORMES (art 5. al 6 ordonnance 2011-167 du 13 juillet 2011)

Prendre en compte le genre dans l’élaboration des politiques de développement.
Développer et financer davantage la politique d’alphabétisation et le renforcement des capacités des femmes en vue de favoriser leur indépendance financière et leur leadership ;
Mettre en œuvre une politique qui favorise la parité dans l’attribution des postes nominatifs et électifs au sein des institutions de l’État.
Élaborer et mettre en œuvre une politique nationale de protection sociale ;
Réduire les inégalités au niveau du développement régional et de la répartition des revenus au profit des différentes couches de la population;
Promouvoir l’auto-emploi.

AU TITRE DE L’EDUCATION A LA PAIX AU DIALOGUE ET A LA COEXISTENCE PACIFIQUE (art 5. al 6 ordonnance 2011-167 du 13 juillet 2011)

Bâtir une armée attachée aux valeurs d’intégrité et de respect de la morale républicaine ;
Doter les Forces Armées et de Sécurité de moyens appropriés et modernes en vue de rendre les interventions ou opérations rapides et efficaces dans leur mission de protection et de sécurité ;
Favoriser la relation entre les Forces Armées et de Sécurité et les populations par l’organisation de journées portes ouvertes et par le développement de services sociaux au profit des populations vivant dans des zones à risque et rurales ;
Accélérer le désarmement et la réinsertion des ex-combattants pour une meilleure maîtrise de la surveillance du territoire national ;
Former les Forces Armées et de Sécurité au Droit Humain ;
Renforcer l’éducation à la culture de la Paix.
Intensifier la sensibilisation des journalistes sur le respect de la déontologie dans l’exercice de leur métier ;
Engager les médias dans l’éducation civique et morale.

AU TITRE DE LA CONRIBUTION A L’EMERGENCE D’UNE CONSCIENCE NATIONALE ET A L’ADHESION DE TOUS AU PRIMAT DE L’INTERET GENERAL (art 5. al 7 ordonnance 2011-167 du 13 juillet 2011)

Mettre en œuvre avec diligence le plan national de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption ;
Créer un observatoire de suivi du fonctionnement des services publics ;
Établir des mécanismes d’approbation par l’Assemblée nationale des propositions de nomination aux hautes fonctions de l’État ;

AU TITRE DE LA PROMOTION DU RESPECT DES DIFFERENCES ET DES VALEURS DEMOCRATIQUES. (art 5.al 8 ordonnance 2011-167 du 13 juillet 2011)

Garantir la séparation des pouvoirs ;
Éduquer à la culture démocratique ;
Concrétiser la libéralisation de l’espace audiovisuel.

CONCLUSION

I. Tâches réalisées au 28 septembre 2013

• La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, a exécuté les tâches suivantes :
- création d’un climat propice à la réconciliation par la rencontre avec toutes les composantes de la société ivoirienne suivi des recommandations faites au Chef de l’Etat en octobre 2012 ;
- Les consultations nationales sont pour ainsi dire achevées ;
- Deuil des violences et purification des terres ;
- Renforcement des capacités des commissaires et des agents.
• Les commissions locales ont été toutes installées et font un travail remarquable de proximité.
• La Commission a achevé la première phase des activités opérationnelles : les causes profondes de la crise ont été identifiées à l’issue d’un grand colloque national tenu au mois de juillet 2013.
• Tout le dispositif pour la prise des dépositions et les enquêtes est prêt depuis le mois de juillet 2013.
• Quarante mille déclarations de victimes ont été traitées.
Je voudrais à ce stade de mon propos rendre un hommage mérité aux partenaires techniques et financiers de la Côte d’Ivoire pour leur concours inestimable. Leur présence constante à nos côtés a largement contribué à la bonne conduite des activités de la CDVR.

II. Tâches restant à accomplir

Les tâches suivantes restent à accomplir :
- Rendre publics les résultats des consultations nationales ;
- Engager les auditions des victimes, auteurs et témoins présumés des violations des droits humains et les enquêtes consécutives ;
- Tenir les audiences publiques ;
- Procéder à l’estimation des réparations dues à celles et ceux qui ont subi des préjudices attestés, conformément à la politique de réparation arrêtée par la Commission,
- Lancer les activités du Mémorial dont l’essentiel est conçu,
- Rédiger le rapport final.
Conformément à l’ordonnance N° 2011-167 du 13 juillet 2011, portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la CDVR, tel est, Monsieur le Président de la République, l’état d’avancement de la mission que vous avez confié à la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation.
Merci de votre attention, Monsieur le Président de la République.

Fait à Abidjan le 21 novembre 2013.
Pour la CDVR

 

 

 

07:15 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

15/11/2013

Déclaration du Programme National de Cohésion Sociale à l’occasion de la Journée Nationale de la Paix 2013 Publié le jeudi 14 novembre 2013 | PNCS

marr (Medium).jpg

La Côte d’Ivoire célèbre demain, 15 novembre 2013, la Journée Nationale de la Paix. La commémoration de cette journée doit permettre à chacun de nous de marquer une pause dans sa vie pour faire le bilan de ses rapports à autrui, au sein de sa famille ou de sa communauté, sur son lieu de travail, etc. Avons-nous été des acteurs de paix à travers nos attitudes et comportements quotidiens ?
Les conflits sont inhérents à toute société. Ils peuvent être de nature et/ou de degré variables. La paix, individuelle ou collective, peut être menacée à tout moment. Mais, à chaque circonstance, nous devons avoir les ressources morales pour vaincre les difficultés et faire le pas nécessaire vers l’autre et lui tendre la main.
Les douleurs, les ressentiments, les rancœurs et les frustrations nées des situations de violences verbales ou physiques, des effets d’une guerre fratricide qui a laissé des milliers de familles dans la désolation et le dénuement le plus total, doivent être surmontés pour qu’on puisse scruter de nouveaux horizons avec espérance. Chacun de nous doit apporter sa petite pierre à l’édification d’une Nation forte, riche de la diversité de ses habitants et de la complémentarité de leurs qualités et compétences.
Nous pouvons aller à la paix. Nous devons aller à la paix. C’est une exigence de fraternité et de solidarité. Pour ce faire, il y a une nécessité absolue de désarmer nos cœurs et aller vers ceux qui sont différents de nous par leur appartenance ethnoculturelle, raciale ou religieuse. La paix du cœur, la paix intérieure, est celle qui conditionne la paix au sein de sa propre famille, avec le voisin de quartier ou le collègue de bureau, en un mot avec tous les autres membres de la communauté.
La paix est fragile. Elle doit être entretenue tous les jours. C’est le message que nous devons intérioriser à chaque célébration de la Journée Nationale de la Paix.
Le Programme National de Cohésion Sociale, dont la mission est de ressouder le tissu social fragilisé par plus d’une décennie de crises, invite toute la population à des comportements de paix qui minimisent les risques de tensions et de conflits, les frustrations qui constituent une menace pour la paix sociale. Sans paix, aucun développement n’est possible. Pour relever les défis d’une Côte d’Ivoire qui retrouve la prospérité, nous devons, résolument, adopter une culture de la paix qui rime avec tolérance, solidarité et fraternité.

Pr KONE Mariatou
Directrice Coordonnatrice

08:02 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

10/11/2013

CPI-Côte d’Ivoire: Gbagbo en liberté conditionnelle dans un pays européen ? Mis en ligne par Connectionivoirienne.net

gbagbo-laurent.jpg

Dans quelques jours, va reprendre la rhétorique de l’examen de mise en liberté provisoire du président Laurent Gbagbo. Les fameux 120 jours donneront lieu à une décision des juges de la Chambre préliminaire, le 11 novembre prochain. Alors que les décisions concernant l’audience du 9 octobre et l’appel du bureau du procureur contre l’ajournement de l’audience de confirmation des charges tardent à tomber, on se demande bien ce qui pourra changer l’avis déjà émis à plusieurs reprises par les juges contre la mise en liberté même assortie des conditions du président Laurent Gbagbo ?

On le sait les deux moyens d’appel ou arguments solides à ce stade de la procédure et pouvant permettre une libération provisoire, à savoir l’état de santé du détenu et le pays hôte ont longuement été contestés par le bureau du procureur et la chambre préliminaire.

Cette dernière n’aurait toujours pas été convaincue de la sincérité du président Laurent Gbagbo, arguant que celui-ci s’évaderait dans la nature s’il est en liberté. « Il a beaucoup de soutiens à travers le monde. Ses partisans ont des moyens financiers. Le président Gbagbo veut revenir au pouvoir. S’il est libéré il se vengera ect… » Voilà ce qui trotte dans la tête des juges de la CPI appuyés par le régime de Ouattara. Face donc à ce mur, il serait utile d’être le plus convaincant possible et rassurer tout le monde sur, non seulement la moralité de l’Homme Gbagbo mais aussi sa vision pour la Côte d’Ivoire. On le sait et Laurent Gbagbo lui-même l’a dit aux premières heures de son kidnapping au Golf hôtel : « La phase de belligérance est terminée. Il est maintenant l’heure de passer au règlement civil et polique de la crise » avait-il confessé. Mieux, tout le monde y compris les plus radicaux du pouvoir actuel, la maxime « Asseyons-nous et discutons » est bien de Laurent Gbagbo. Lors de son audience de confirmation des charges en février dernier, il n’a pas hésité à faire relire tous ses écrits et publications sur la démocratie. Voilà des gages qui pourraient interpeller les juges de la Cour. Une cour qui a un rôle répressif mais aussi moral. Lutter contre l’impunité mais aussi garantir un climat de paix dans le pays. La cour elle-même le sait. Cela figure sur les petites fiches au Quai d’Orsay à Paris, il faut libérer le président Laurent Gbagbo pour qu’il y ait une vraie paix en Côte d’ivoire. Et comme aime à le dire, Gervais Coulibaly, ex porte parole de Gbagbo et actuel artisan de la réconciliation en Côte d’ivoire, si tel que la CEI et la communauté internationale attribuent 46% des voix à Laurent Gbagbo aux sorties des élections de novembre 2010, alors que faire de cette presque moitié de la population ivoirienne ? Devrait-on les ignorer dans le pays et aspirer à une bonne gouvernance ?

ben et ado.jpg

La CPI doit aider à la cohésion sociale en Côte d’ivoire comme elle tente de le faire au Kenya. La France et ses alliés ivoiriens doivent y croire ! Car et c’est le sentiment de plusieurs observateurs de la scène politique ivoirienne, il suffit que le président Laurent Gbagbo recouvre la liberté, qu’on n’ait pas le sentiment qu’il est enfermé, pour que tous ses partisans fassent profil bas. Car en Afrique, l’on ne supporte pas l’enfermement d’un Chef.

Enfin, si la Cour pénale internationale hésite à prononcer un non-lieu dans l’affaire Laurent Gbagbo ou encore à le mettre en liberté provisoire dans un pays africain, alors pourquoi ne pas opter pour un pays Européen ? Pour vu que le Chef soit libre et parle. Car et c’est ce à quoi nous allons assister très bientôt en Côte d’ivoire, sans le mot d’ordre venu clairement et sorti de la bouche de Gbagbo, il sera difficile pour le FPI et ses alliés (partis membres du CPD) d’aller aux élections. Ce que redoute la communauté internationale qui tiendrait fort à ce que tout le monde participe au jeu politique et permettre la fluidité des Affaires en Côte d’Ivoire. « La France commence à être agacée par cette situation de ni paix ni guerre en Côte d’Ivoire » nous a confié une grande oreille de la République française.

Enfin, comment faire comprendre à ces milliers de patriotes, pro-Gbagbo, qui battent le pavé dans les rues de Paris et à la Haye, qu’après les résultats positifs obtenus grâce à la mobilisation, il faudra maintenant rassurer l’opinion internationale et nationale que leur Chef n’est pas un danger pour la paix en Côte d’Ivoire ? Comment transformer le discours guerrier en un discours d’apaisement ? L’exemple du peuple Kenyan devrait servir. Jamais l’on n’a vu de Kenyan roder autour du bâtiment de la CPI quand bien même que leurs deux présidents comparaissent dans la même salle d’audience que Gbagbo. Résultat, Ruto, le vice président Kenyan comparait libre. Quant au président Uhru Kenyatta, son procès vient d’être ajourné. Mieux, l’Union Africaine serait très favorable à leur relaxe. Discours que l’organisation sous régionale ne tient pas à l’encontre de Laurent Gbagbo. A peine si le nom de Gbagbo est évoqué aux assemblées de l’UA et de la CEDEAO.

Si tel que la libération de Laurent Gbagbo est la clé de voute de la réconciliation en Côte d’ivoire alors, chacun doit y travailler sans un agenda caché. La Côte d’Ivoire est belle et prospère. Les Ivoiriens savent se faire pardonner.

Philippe Kouhon/ Diaspo Tv

08:10 Écrit par BEN2013 dans CPI, Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

06/11/2013

Bohinou (Vavoua)/ Après l’incendie et le pillage du village : Les populations appellent Ouattara au secours Publié le lundi 4 novembre 2013 | Le Patriote

« Les villageois ont tout perdu. Ils ont besoin de la solidarité des Ivoiriens et de la communauté internationale ». A travers ce cri de c?ur émis, jeudi dernier, lors de la conférence de presse qu’il a prononcée, le président du Collectif des cadres du canton Niédeboua, sous-préfecture de Dania dans le département de Vavoua, Tapé Touapli Jerôme, a plaidé pour une aide en faveur des populations sinistrées du village de Bohinou, suite à l’incendie et au pillage du village. S’agissant des faits, M. Tapé Touapli Jerôme explique que tout serait parti d’un refus d’obtempérer du nommé Ouédraogo Ousseini, qui quittait Dania, le chef-lieu de sous-préfecture à mobylette, le dimanche 13 octobre vers 21h pour se rendre à Bohinou qu’il habite. A l’entrée du village, il aurait selon notre interlocuteur, refusé d’éteindre les phares à la demande des anciens de la danse panthère, qui procédaient à un rituel. Ouédraogo Ousseini qui aurait ensuite accéléré l’engin à deux roues pour poursuivre son chemin fait une chute lui causant de graves blessures au flan et à la tête. Son de cloche différent pour la communauté à laquelle appartient l’accidenté, qui estime que le motocycliste aurait été violemment bastonné par les initiés. Le prenant pour mort, ils auraient donc entrepris, selon le président du Collectif des cadres du canton Niédeboua, d’attaquer le village en représailles. La suite, on la connaît: le village est incendié et pillé. Devant cette triste situation, M. Tapé Touapli Jerôme a lancé un appel à la solidarité en faveur des déshérités. Pour cela, il a sollicité l’appui du président Alassane Ouattara, de son gouvernement et au-delà, de la communauté internationale. Notre interlocuteur a indiqué qu’une permanence sera installée à cet effet au maquis ‘’La Place vendome’’ à Yopougon. Ce pour recevoir les dons au profit des populations en détresse.

CZ

01:30 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

05/11/2013

Ouattara Gnonzié justifie sa décision de rentrer en Côte d'Ivoire après 2 ans 6mois d'exil

J’ai pris la décision de regagner, dans les prochains jours, la Côte d’Ivoire, mon pays, après 2 ans et 6 mois d’exil au Ghana. En effet, le 16 Avril 2011, j’ai été contraint de quitter Abidjan devenue une nécropole à ciel ouvert, dans un environnement de violence et de haine mortifères. Je n’avais d’autres choix que de m’expatrier, d’autant que ma personne était visée par des agressions de toutes natures. Ma résidence a été totalement et intégralement pillée et saccagée. J’ai été traqué, poursuivi et menacé de mort (messages téléphoniques et électroniques). Pour sauvegarder mon intégrité physique, j’ai observé le seul et unique impératif qui s’imposait. Celui de trouver ailleurs un abri et un espace sécurisés, totalement expurgés d’actes de violence, de règlements de comptes et de négation des règles de droit et de dignité humaine. C’est dans ces conditions que le Ghana voisin a ouvert les bras à des dizaines de milliers de naufragés de la crise post-électorale de Cote d’Ivoire. L’histoire et le peuple ivoirien sauront gré aux populations ghanéennes et à leurs dirigeants pour leur hospitalité salvatrice. Cinq mois après l’exode massif des ivoiriens, en Août 2011, les nouvelles autorités lançaient un appel invitant les réfugiés à regagner le pays. J’ai répondu, par voie de presse, que le meilleur argument pour convaincre, était la remise en liberté des prisonniers politiques. J’observe, depuis quelques mois, qu’une frange de personnalités politiques incarcérées fait l’objet d’un élargissement, sous forme de liberté provisoire. Je note, avec un intérêt tout particulier, au nombre des bénéficiaires, la présence du Premier Ministre Aké N’Gbo, qui a conduit le dernier gouvernement du Président Laurent Gbagbo, et plusieurs membres de son équipe à laquelle j’ai moi-même appartenu. Cette initiative et bien d’autres, m’apparaissent comme autant de prémisses d’une volonté visant à restaurer un paysage socio politique apaisé, avec la sérénité et le discernement indispensables pour l’avènement d’une Côte d’Ivoire véritablement réconciliée que tous nos concitoyens appellent de leur vœux. C’est dans ce contexte et cette perspective que je retourne au pays pour prendre part aux côtés de ceux et celles de nos compatriotes qui œuvrent au raffermissement du tissu social quasi atomisé, et à l’édification d’une nation de progrès respectueuse des règles de droit et de liberté, en conformité avec notre loi fondamentale. Je n’ignore pas les critiques et les analyses, d’acteurs et d’observateurs de la vie politique ivoirienne, qui relèvent des insuffisances dans le processus de normalisation et réclament davantage de cohérence, de lisibilité et de sincérité de la part des principaux initiateurs de la décrispation politique en Côte d’Ivoire. La diversité des critiques et des postures démontrent éloquemment la nécessité de l’incontournable concertation indispensable entre tous les acteurs politiques, ainsi que les leaders d’opinions. Surtout lorsque l’intérêt de la nation est aussi fortement compromis comme c’est le cas depuis bientôt trois ans. En effet peut-on, raisonnablement, croire, un seul instant, qu’un seul individu, ou un seul groupe, un seul camp, ait la capacité d’en finir tout seul avec la crise ivoirienne qui se complexifie, au fil des années, pour devenir à la fois politique, militaire, économique, sociale, sociologique et culturelle. La longue durée de la crise ivoirienne et le décryptage qui en découle donnent, me semble-t-il, à tirer des leçons qui résonnent comme autant d’évidences basiques et de postulats opposables à tous les acteurs politiques. Dans la foule d’évidences que l’on peut imaginer, j’en relève principalement trois. Première évidence : La Côte d’Ivoire, aujourd’hui, nul n’en doute, est une grande malade. Dans cet état de dégénérescence avancée, la chaleur de l’union et du rassemblement de tous ses enfants lui est indispensable pour son rétablissement entier et durable. Tous ses enfants. Sans exclusion et sans exclusive. Deuxième évidence : Pour reconstituer le puzzle de la nation ivoirienne brisée, une réconciliation sincère et fondamentalement inclusive ne peut être l’objet de quelque esquive. C’est pourquoi, les chapelles de toutes obédiences devraient se convaincre que les forums recommandés pour entreprendre cette réconciliation tant attendue ne peuvent être ni les prisons, ni les camps de réfugiés. Troisième évidence : La Côte d’Ivoire de nos rêves ne peut se bâtir avec des hommes et des femmes qui sèment la haine à tous vents et instaurent de ce fait dans le pays une culture et un climat de violence et d’intolérance politiques, ainsi qu’une négation de la dignité humaine. L’invalidation de l’usage des armes, de la force, de la violence et de l’arbitraire dans l’arène et le champ politiques conférera au pays un surcroit de gains en termes de paix, de cohésion sociale, de progrès et de démocratie. Pour ma part, je rentre en Côte d’Ivoire sans le moindre ressentiment à l’égard de quiconque. Durant mon exil, j’ai découvert la vie et l’œuvre philosophique de Martin Luther KING. De celles-ci me revient, en permanence et en boucle, comme un hymne et une exhortation à la tolérance, une phrase : « En ce qui me concerne, j’ai retenu l’amour, parce que la haine est un fardeau trop lourd à supporter.
Fait à Accra le 4 Novembre 2013
Le Ministre Ouattara Gnonzié
Secrétaire Général du Rassemblement pour la Paix

02/11/2013

Retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire: Crisis Group rejoint l’opposition

L’organisation de lutte contre les conflits, « International Crisis Group » a produit un dernier rapport dans lequel elle fait des propositions pour une réconciliation sincère et un retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire. Des propositions qui, dans leur grande majorité, entre dans la droite ligne des exigences de l’opposition ivoirienne, notamment du Front populaire ivoirien (FPI).

CIVOX. NET

Vendredi 1 Novembre 2013

ado1.jpg

«Les conditions d’un dialogue constructif entre pouvoir et opposition n’ont jamais été aussi favorables qu’actuellement. La classe politique ivoirienne doit saisir cette opportunité pour trouver un accord sur au moins trois volets préalables au bon déroulement de la prochaine élection : la révision des listes électorales ; la mise en place d’une nouvelle commission électorale ; et la définition d’un meilleur statut pour le perdant de l’élection. La communauté internationale doit pousser les dirigeants politiques à dialoguer en dépêchant un facilitateur à Abidjan chargé de stimuler et d’arbitrer un dialogue sincère entre pouvoir et opposition. Depuis la fin de la crise postélectorale, les deux forces politiques les plus antagonistes du pays, le Rassemblement des républicains (RDR) au pouvoir et le Front populaire ivoirien (FPI), principal parti d’opposition, ne se sont officiellement assis face à face qu’une seule fois, en janvier dernier. Cette rencontre n’a pas débouché sur des décisions concrètes. Mais elle a montré la possibilité d’un dialogue. Comme le note une diplomate : « contrairement à ce qui se déroule dans d’autres pays africains, nous sommes dans une situation où il est envisageable de mettre les leaders politiques face à face ». La libération en août dernier de quatorze membres du FPI, détenus sans procès depuis la fin de la crise postélectorale de 2011, a ouvert une période de détente », écrit Crisis Group qui note, eu égard à certaines ruses d’acteurs politiques qui tentent de s’agripper au pouvoir, la nécessité «d’une facilitation extérieure». «La rencontre de janvier entre pouvoir et opposition a montré toute l’importance d’une facilitation extérieure dans la construction du dialogue. Elle a été rendue possible par la facilitation du président sénégalais Macky Sall.»
«La redéfinition du cadre électoral, poursuit « Crisis Group », n’est pas seulement indispensable à l’organisation d’un scrutin pacifique en 2015. Elle sera aussi décisive pour le succès des élections législatives prévues pour décembre 2016. Le retour à une Assemblée nationale équilibrée, où l’opposition est représentée, sera une étape cruciale dans la normalisation de la vie politique. Actualiser le fichier des électeurs et modifier la composition de la commission électorale ne sont pas seulement des questions techniques. Amener toutes les parties à un consensus sur la mise en place de ces réformes, et les impliquer de la même manière à toutes les étapes, sont des démarches essentielles pour arriver à des élections qui feront avancer le pays. C’est aussi pour cela que la présence d’un facilitateur est si importante.» L’organisation non gouvernementale craint également « le risque principal aujourd’hui est que les chefs du FPI boycottent l’élection présidentielle s’ils ne se sentent pas suffisamment associés à sa préparation.» « Crisis Group », après avoir noté que « la Côte d’Ivoire a hérité des années de crise d’une commission électorale qui ne correspond plus à la réalité politique actuelle et qui est dominée par la coalition au pouvoir » souhait que « cette commission doit être réorganisée dans sa totalité avec un souci d’équilibre entre les partis, ou d’indépendance totale par rapport aux partis, ce qui n’est peut-être pas réaliste dans le contexte de polarisation politique actuelle.»

Par Saint-Claver Oula

Source: Le Nouveau Courrier N° 917 Du Jeudi 31 Octobre au Dimanche 03 Novembre 2013

06:27 Écrit par BEN2013 dans Réconciliation nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |