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30/10/2014

Éducation financière : l’expérience ivoirienne comme cas d'école pour mieux former les enseignants à toucher les jeunes 28 octobre 2014, 19:42

Ancien enseignant, Félix Yao Kouassi a été sensibilisé à la question du surendettement du corps professoral ivoirien. Il témoigne du dispositif qu'il a mis sur pied pour remédier à cette situation.

En 2001, alors enseignant du primaire, j’ai été témoin de la fuite d’un collègue par l’une des fenêtres de sa classe lorsque celui-ci a vu venir l’usurier – le « Margouillat » comme nous les dénommons – auprès duquel il s’était endetté. Cette situation, à la fois cocasse et triste, m’a permis de comprendre qu’il y avait une action à mener et un déficit de formation à combler (lire aussi l'article d'Estelle Brack). Une dizaine d’années plus tard, je suis arrivé à la direction de la Vie scolaire où j’ai alors pu monter le programme d’éducation financière auquel je réfléchissais depuis lors et mis en place une équipe pour sa conduite. J’ai bénéficié plus tard d’une formation en éducation financière à Paris auprès de la Fédération bancaire française, des Clés de la banque, de la Finance pour tous et de Finances et Pédagogie.

La phase pilote du programme a été conduite au cours de l’année scolaire 2012-2013 dans les Centres de formation pédagogique d’élèves-maîtres. Au regard de l’intérêt accordé par les bénéficiaires au programme et notant une expression de réels besoins en la matière, le programme a été soumis à la ministre de l’Éducation nationale et son cabinet qui l’ont cautionné et encouragé les initiateurs à le déployer à l’ensemble des personnels du ministère. Aujourd’hui, le programme est devenu un outil au service de la DRH dans la sensibilisation des enseignants sur la question du surendettement, qui mine le corps professoral et, conséquemment, menace les résultats et l’avenir scolaires de milliers d’enfants. Il est logé au Bureau d’exécution des projets (BEP) du ministère depuis le 14 mars 2014.

Le programme consiste à donner aux personnels le corpus de connaissances et de savoir-faire leur permettant de faire des choix informés et pertinents dans le domaine de la finance de base. Dans cette veine, nous sensibilisons les enseignants sur le surendettement. Plusieurs thèmes sont abordés au cours des formations:

  • la relation avec l’argent ;
  • les revenus et l’impôt ;
  • le budget et l’élaboration d’un budget personnel et familial ;
  • les services bancaires et financiers ;
  • l’épargne et l’investissement ;
  • les notions de base du crédit ;
  • l’endettement et le surendettement ;
  • le consommateur averti.

Le programme développe depuis peu des formations en direction des apprenants (élèves) en vue de les préparer à une approche saine des questions d’argent. Les notions d’épargne et de budget sont au centre de leurs formations. Plusieurs activités sont ainsi prévues pour leur éducation et inclusion financières : formation des présidents et trésoriers des coopératives scolaires en éducation financière et à la tenue d’une comptabilité simplifiée et des jeux-concours.

À ce jour, le programme a visité 11 directions régionales de l’éducation nationale et de l’enseignement technique (Drenet) et a formé 2 754 enseignants et 562 apprenants. Une formation de 41 assistants sociaux des différentes régions a été programmée pour une meilleure prise en charge des personnels surendettés du ministère.

L’évaluation en matière d’éducation financière n’est pas une chose aisée. Cependant, le constat qui est établi aujourd’hui, c’est que les personnes formées ont commencé à intégrer dans leurs habitudes, l’élaboration de budgets pour un meilleur suivi leurs ressources. C’est déjà encourageant.

Un accent sera maintenant particulièrement mis sur la formation de formateurs pour démultiplier le programme. En dehors du ministère de l’Éducation nationale, l’équipe réfléchit en ce moment à des stratégies pour développer une alphabétisation financière des populations fragiles et à faibles revenus. Nous pensons notamment aux groupements associatifs de femmes et aux jeunes non scolarisés.

Difficultés et perspectives

Les contraintes rencontrées dans le développement du programme sont de plusieurs ordres. D’abord, il y a l’épineuse question du financement. Les déplacements et la prise en charge de l’équipe pour le déploiement du programme dans les différentes régions reviennent cher. Or, le programme n’étant pas encore inscrit au budget du ministère, l’équipe peine à le déployer sur toute l’étendue du territoire. L’équipe se débat comme elle peut pour amener quelques structures privées à l’accompagner dans l’organisation des séances de formation. Ensuite, l’absence de documents sur l’éducation financière adaptés au contexte national est un autre défi qu’il faut relever. Pour étendre l’éducation financière à tout pays, il faut l’intégrer dans les programmes scolaires, amplifier la formation des formateurs et outiller les enseignants. Cela suppose qu’une réponse durable soit trouvée à la question du financement qui demeure, comme précisé précédemment, une contrainte majeure.

La question de la promotion de l’éducation financière doit être traitée d’une manière globale au plan sous-régional et même continental. Dans cette optique, nous envisageons de soumettre sous peu à notre ministère de tutelle, un projet d’organisation d’une rencontre sous-régionale des ministères de l’Education afin de dégager ensemble des stratégies pour le développement de l’éducation financière à l’école dans nos différents États.

En effet, l’éducation financière des populations s’impose aujourd’hui à tous. Elle est devenue « une exigence à la fois pratique et morale », afin de donner aux personnes démunies « les instruments élémentaires de leur survie et les outils qui les aideront à sortir de la trappe de la pauvreté [1] ». C’est à ce titre que j’invite les pouvoirs publics à s’approprier l’éducation financière comme un véritable outil de lutte contre l’exclusion financière et la pauvreté. C’est un passage obligé pour aller à l’émergence. Aussi, doivent-ils l’inscrire dans leurs différentes stratégies économiques et accepter d’appuyer les initiatives de promotion de l’éducation financière.

Nous demandons par ailleurs aux bailleurs et aux institutions financières internationales de soutenir les efforts dans le domaine. Nous souhaitons, pour notre part, qu’ils appuient financièrement le programme et l’aident à s’inscrire dans la catégorie des projets cofinancés de l’État de Côte d’Ivoire.

Enfin nous invitons le secteur privé à s’ouvrir au partenariat pour qu’ensemble nous puissions réussir ce challenge.

 

                                                                                                                                                                               Felix YAO / Patrick BOUBLI

 

Source http://www.revue-banque.fr/banque-detail-assurance/articl...

00:16 Écrit par BEN2013 dans Contribution, Le savez vous ? | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

27/08/2014

Livre : Un nouveau manuel de mathématiques pour préparer le Bac Publié le mercredi 27 aout 2014 | Notre Voie

«Mathématiques à travers l’Afrique francophone» du Pr. Joséphine Guidy Wandja, paru chez Fratmat éditions, est le nouveau document mis à la disposition des élèves candidats au baccalauréat 2015 pour une meilleure préparation de leurs examens. Le livre regorge des annales de mathématiques comportant des épreuves complètes de baccalauréat (entre 2010 et 2013) à travers huit pays d’Afrique francophone : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’ivoire, Gabon, Mali, Sénégal et Togo. Ces sujets couvrent l’essentiel des programmes des séries scientifiques et technologiques (Cde). Dans l’ensemble, l’auteur présente 25 épreuves qui s’articulent dans leur majorité autour de l’analyse avec l’étude des fonctions numériques et des courbes représentatives, les nombres complexes, la géométrie (plane et de l’espace), les intégrales, les suites numériques, les équations différentielles et l’étude des probabilités. Ce sont les chapitres les plus récurrents au Bac à travers ces différents pays.

Dans la deuxième partie, l’auteur propose les corrigés détaillés de tous les sujets dans une clarté qui permet à l’élève de s’auto-évaluer.
Le livre est aussi bien utile pendant l’année scolaire qu’à l’approche des examens.
«Mathématiques à travers l’Afrique francophone» est depuis peu en vente dans les librairies.

M.B.

15:09 Écrit par BEN2013 dans Contribution, Notre école | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

17/02/2014

Côte d’Ivoire/ Santé de Ouattara : Le candidat Martial AHIPEAUD dénonce la danse morbide des sorciers de la politique ivoirienne

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Le Dimanche 9 février 2014, les Ivoiriens apprenaient officiellement, par un communiqué du gouvernement, ce qui faisait quelques heures auparavant, le « buzz » sur les réseaux sociaux : que leur Président, SEM Alassane Dramane Ouattara, était en salle d’opération chirurgicale. Cette information s’étant emparée de la toile, il était inévitable que le gouvernement tue ce qui deviendrait très vite une toxique rumeur, s’il ne reprenait pas la main.

Cette embarrassante situation pour un régime qui a refusé de diffuser ma candidature à la présidentielle de 2015, atteste clairement deux choses : d’une part, que nous sommes dans une nouvelle ère et les méthodes staliniennes sont plus au détriment de ceux qui les utilisent que contre ceux qu’ils veulent censurer, opprimer, étouffer;

 d’autre part, il importe pour la classe dirigeante ivoirienne de tirer la grande leçon de la frayeur du 9 février 2014, pour enfin apparaître comme une vraie élite dirigeante, et non, un conglomérat de mafieux kleptocrates égoïstes et méchants.

 

1-De la question de la santé du Président et de l’enjeu de la succession constitutionnelle

Au-delà des apparences, la Côte d’Ivoire politique et les milieux d’affaires ont tremblé tant l’intervention chirurgicale sur la personne de notre président a directement remis au goût du jour la problématique de la succession et de l’éligibilité. Si l’article 40 impose le président de l’assemblée nationale comme successeur du président en cas d’indisponibilité permanente, il lui est recommandé l’organisation, dans les 45 ou 90 jours, d’une élection présidentielle.

Or justement, à la date du 9 février 2014, la Côte d’Ivoire ne peut pas organiser des élections présidentielles acceptables par toute la classe politique.

En effet, le journal L’Eléphant Déchaîné, il ya quelques jours, barrait à sa une, dans une enquête à haut risque digne des plus grands journaux occidentaux, l’extrême fragilité du système d’identification du pays, par la fraude massive qui s’organisait, au vu et au su, désormais, des autorités ivoiriennes.

 Comment pouvait-on ainsi s’exposer à une contestation de la part de l’opposition en ne levant même pas le petit doigt contre ces faussaires organisés en véritable industrie du trafic sur l’identité ivoirienne et penser que l’opposition accepterait une liste électorale certainement truffée de ces personnes ? Si nous considérons alors le grand risque de fraude massive sur l’identité par des faussaires certainement en mission politique puisque non inquiétés par les forces de répression étatiques,

comment ne pas prendre la décision de refuser une nouvelle liste, au grand dam des nombreux nouveaux majeurs et des personnes n’ayant pas pu s’inscrire en 2008 ? La population électorale concernée tournerait, selon les chiffres du recensement de 1998, autour de 4 à 5 millions, soit, presque le nombre des électeurs de 2010.

L’importance numérique mais surtout la qualité de cette population ne peuvent pas militer en faveur de leur exclusion parce que l’Etat aura laissé des faussaires semé le trouble sur la qualité des citoyens. Car cette population jeune sera l’enjeu de ces présidentielles puisqu’elle n’a pas la même façon de voir le monde aujourd’hui que celle de leurs aînés.

Qui plus est, elle est celle qui a été sacrifiée sur l’autel du crime économique et de l’irresponsabilité des dirigeants ces 20 dernières années. L’exclure est donc une volonté criminelle de ceux qui ont pillé l’état et détruit toutes ses capacités, pour maintenir un système de pillage de caste qui fonctionne avec une incroyable complicité des acteurs principaux qui en profitent.

C’est, en dernière analyse, empêcher l’élan révolutionnaire pacifique et démocratique, par une élite défaite intellectuellement et socialement hors de portée de la réalité au quotidien du peuple dans toutes ses composantes.

 Si la désormais crise du 9 février 2014 a donc officiellement posé le problème de l’incapacité du pays à faire face à une telle perspective par l’incapacité à organiser des élections dans les 45 ou 90 jours, pourquoi la classe politique tourne-t-elle les yeux ailleurs, pour justement ne pas poser ce problème ?

Pourquoi, alors que si effectivement le Président de la république, quelque soit la personne, est incapable de gérer le pays pour mille raisons, il importe de faire en sorte que les conditions d’une élection transparente, soit réunies, les candidats aux présidentielles ne se préoccupent-ils pas pour dénoncer les lenteurs du gouvernement, sinon, sa tactique du jeu de la montre dans les négociations au sein du Cadre Permanent de Dialogue ?

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2- Jeu morbide des sorciers de la politique ivoirienne et perspectives de la paix

A la vérité, la classe politique ivoirienne est loin d’être une des plus stupides au monde. Non seulement elle est consciente de ses intérêts, mais elle est d’une culture politique digne de l’époque de Machiavel. Machiavel lui-même serait en extase devant l’art de la manœuvre des dirigeants des principales formations, dans leur but ultime de conquérir le fauteuil présidentiel, seul enjeu de la politique nationale.

 Car, si les élections parlementaires permettent au président de bénéficier d’une majorité qui lui donne de gouverner, un président, avec la puissance de roi, n’a pas peur de l’assemblée nationale. Il peut toujours acheter les voix et faire basculer le vote en sa faveur. Qui plus est, il a les moyens de faire plier les populations lorsqu’il est élu avant tout le monde puisqu’il peut, là encore, puiser dans la source intarissable de trésor public pour financer les campagnes des députés.

Au total, la vraie et unique élection dans le système présidentialiste monarchique que nous avons, reste celle du président de la république.

Aussi, nombre des leaders des partis ne veulent que prendre le pouvoir, rien que le pouvoir présidentiel. C’est la porte magique dont la clef est unique et entre les mains d’une seule personne : Le Président !

Alors que la constitution, loi qu’ils se sont donnés pour réguler la compétition entre eux, est là pour tous, personne n’en a cure. Quoi ! Qui est fou pour se prendre la tête quand une échelle plus courte est là pour permettre à celui dont l’ambition reste d’être appelée «Prési » de l’assouvir ? Tous les calculs ne regardent pas, en réalité, vers la compétition électorale mais le fait de la fragilité du Président Ouattara.

En effet, toute lecture de la démarche des partis et de leurs leaders, en dehors de cette perspective, me semble certainement juste académiquement, mais politiquement inappropriée.  La position de dauphin constitutionnel permet à ce dernier d’attendre son heure. C’est pour cela que le PDCI, pensant certainement que le Président ne finirait pas son mandat, entend le soutenir pour pouvoir récupérer le fauteuil lorsque son incapacité sera totale.

Sur cette route, la proposition de la vice-présidence heurte les intérêts immédiats du dauphin constitutionnel actuel puisque c’est le président de l’assemblée nationale qui perdra le jeu en cas de modification de la constitution et de la mise en place de la vice-présidence. La proposition de la vice-présidence est donc une tactique habile pour contourner l’écueil de l’affrontement avec les forces pro-SORO/ADO tout en occasionnant une guerre en leur sein.

 A ce jeu, cette  proposition semble ignorer l’intérêt des héritiers d’ADO qui seraient suffisamment stupides pour accepter que le PDCI leur ravisse le pouvoir par procuration ? Il est vrai qu’ils devront d’abord convaincre le président Ouattara que c’est un piège alors que ce dernier n’a pas envie de voir le PDCI ruer dans les brancards et lui faire prendre le risque de perdre une majorité politique, justifiant un passage en force au 1er tour des élections prochaines.

Cela est déjà une tâche impossible mais si et seulement si Ouattara est encore physiquement dans le jeu. S’il ne l’est pas, les calculs changent. D’une part, ils devront se mettre d’accord pour choisir un successeur au Président Ouattara car une confrontation interne ferait imploser leur force politique et militaire actuelle.

 Et, à mon avis, c’est là encore une autre tâche plus ardue dans ce contexte d’égocentrisme poussé dans la classe politique ivoirienne où tout le monde, depuis la prise du pouvoir de Gbagbo, fils de pauvre, se rase chaque matin et se dit, justement, pourquoi pas mon tour ! Si on a réussit à piller le trésor de l’Etat ou les entreprises en leur soutirant jusqu’à 50% de leur revenus comme l’a démontré une enquête justement de l’intrépide ED, pourquoi ne pas encore, de plus en plus, croire être présidentiable, sinon s’en donner la posture?

Mais d’autre part, vu l’enjeu de perdre le pouvoir définitivement au profit d’une coalition hétéroclite pas forcément favorable au maintien de leurs privilèges acquis ces dernières années, les héritiers politiques du Président Ouattara peuvent faire une union sacrée autour de Soro, dauphin constitutionnel. Ce scénario n’est pas celui que nombre des adversaires de Soro souhaitent.

Cependant, il n’est pas à exclure d’autant plus que le chef de l’ex-rébellion est aussi celui dont le leadership n’est pas remis en cause par ses ex-troupes, entre temps devenus, les forces régulières de la république. Or, en pareille circonstances, les vœux ne font pas le pouvoir, la force, certainement !

 L’opposition est-elle en reste ? Certainement pas puisque le jeu consiste à faire comme si on ne voyait pas la tactique de l’autre camp et distraire les masses qui soutiennent le président Gbagbo par une fausse analyse des conditions de sa libération. En effet, alors que tout le monde sait que la procédure engagée contre le Président Gbagbo est entre les mains d’une institution mise en place par les Etats, certains veulent faire croire aux populations qui supportent Gbagbo que sa libération, même provisoire, peut se faire en dehors de la procédure électorale.

Le rejet des observations de son conseil par la CPI prouve clairement que la procédure juridique est infernalement contre l’ancien président de la république ivoirienne. En d’autres termes, il nous importe de dire que c’est le parallélisme des formes qui s’impose en tout court. C’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui a porté plainte contre Gbagbo pour l’extrader vers une terre étrangère à l’Afrique dans le souci d’une consolidation du pouvoir au plan interne.

 Toutes les formes de mobilisations populaires usitées ainsi servent d’argument au régime pour dire que le danger reste le retour en sa terre natale du président Gbagbo, soit pour une détention préventive, soit pour une libération conditionnelle. La menace de la paix interne est donc l’argument principal que le régime des républicains brandit dans les chancelleries pour justifier le maintien dans les liens de la détention le Président Laurent Gbagbo. Et alors que dire du discours guerrier !!!

Mon analyse est toute autre. Si la démocratie ne peut pas être alors que celui qu’on dit être la cause de sa mort est loin de la terre ivoirienne, comment alors justifie-t-on sa détention ? Si les élections que le régime ivoirien entend truquer par tous les moyens restent identiques à celles qui ont été organisées sous Laurent Gbagbo, comment peut-on ne pas accuser un système néo-patrimonial corrompu et décadent, même si la responsabilité individuelle ne pas être exclue ?

Si ADO perd parce que les partis de l’opposition, y compris l’aile démocrate du PDCI, refusent l’imposture de la candidature unique et s’unifie pour parler au peuple de Côte d’Ivoire et à nos amis, comment réagiraient ses sécurocrates et autres Dozos ? Accepteraient-ils leur défaite et céderaient-ils alors facilement le pouvoir en sachant qu’ils se mettraient à découvert de potentielles poursuites pénales pour abus de biens sociaux et autres violations des droits de l’homme ?

Si tel n’est pas le cas, alors, que dirait la CPI devant les violences postélectorales ? ADO subirait-il le même sort ou non sans prouver au monde entier que la CPI serait un instrument entre les mains des puissances occidentales pour punir les chefs d’Etat  africains  récalcitrants?

En somme, les présidentielles prochaines seront le moment de donner raison ou tord au Président Gbagbo : que Ouattara ne peut pas avoir gagné ou qu’il a gagné les présidentielles de 2010 en faisant en sorte que l’expression populaire ne soit entachée d’aucune dispute. Voilà l’enjeu des candidatures plurielles

Ces interrogations prouvent au moins une chose : nos dos de nageurs sont nus et il importe de ne pas jouer les plus fins dans l’analyse ou l’art de ma manœuvre.

3- Négocier la paix et la réconciliation dans le CPD : la meilleure des solutions

Toutes ces manœuvres ont juste un intérêt : celui de démontrer que la classe politique ivoirienne est suffisamment intelligente pour comprendre les vrais enjeux de la crise de santé du Président Ouattara et il devrait être plus facile de comprendre que les options des uns et des autres s’annuleraient dans un chaos fatal à la nation.

C’est d’abord notre prière à Dieu de permettre au Président Ouattara de revenir en bonne santé pour que, de ce qui fut cette frayeur, il tire une leçon cruciale pour son pays : il importe d’organiser ici et maintenant son retrait de la vie politique en prenant soin de faire en sorte que la guerre n’en soit pas la finalité.

Si le Président Houphouët-Boigny est parti se faire soigner et n’est pas revenu pour remettre de l’ordre dans l’appareil qu’il a laissé avant de rejoindre le Père Céleste, Ouattara a ici une occasion pour mettre les choses en ordre. Dans cette perspective, nos propositions sont les suivantes.

En effet, depuis la mise en place du Cadre Permanent de Dialogue, c’est la tactique du temps que le gouvernement joue avec l’opposition. Sur les grands dossiers de la république, aucune avancée notable n’a été constatée. Il y a en a au moins sept : le recensement général de la population, la liste électorale, la CEI, la sécurisation des prochains scrutins, le statut des partis de l’opposition et leur financement sur fonds de l’Etat, l’accès de tous aux médias d’Etat et enfin, la reforme de la constitution.

 Si le recensement de la population doit nous dire exactement qui habite où et combien sommes-nous dans ce pays, il est aussi et surtout un instrument de planification stratégique du développement ou d’identification géographique des populations. Cet outil de travail, dans tous les pays modernes, permet aux opérateurs économiques et aux autorités étatiques de pouvoir dessiner des perspectives sur des bases objectives.

 Justement, c’est de cette opération que nous saurons exactement combien de personnes devrait-on avoir sur la liste électorale qui doit pouvoir identifier les personnes à partir de leur lieu de résidence. Depuis le dernier enrôlement controversé de Sagem, sept années se seront écoulées, soit sept vagues de nouveaux majeurs.

ahipeau002Si nous nous en tenons aux données de 1998, la liste électorale concerne la population née avant 1998, soit à partir de 1997. L’hypothèse de près de 5 millions de personnes n’est pas irréaliste, soit presque le nombre total de la dernière liste électorale de 2010. Ce chiffre devrait être vérifié par le recensement et l’enrôlement.

Si la liste est faite, la CEI devrait aussi nous aider à avancer vers un scrutin légitime. Cette CEI de Pretoria est plus qu’illégale puisque sa mission est terminée avec les élections générales de 2012. Elle est même illégitime puisque les démembrements de l’ex-rébellion ont disparu.

Alors pourquoi tant de bavardage autour d’une chose qui est normale, celle de la dissoudre et de la remplacer en tenant compte des limites de la CEI politique qui a été une des causes majeures des trois élections ensanglantées que nous avons eu. Il est de notre avis que son bilan atteste clairement qu’il importe de faire une autre mouture qui pourrait intégrer un mélange de personnalités neutres ainsi que d’experts de la société civile, professionnelles de l’administration et de l’organisation des élections, avec une représentation des partis.

En tout état de cause, la CEI ne peut plus être dirigée par une personnalité, responsable d’un parti politique. Cela est malsain et inapproprié. Dans tous les cas de figure, il importe que nous discutions, arguments contre arguments, pour avoir une issue et permettre à notre nation de se doter d’une institution crédible et légitime, capable de nous organiser un scrutin, à tout moment et en toute circonstance.

Les circonstances et le contexte sont aussi des éléments à prendre en compte. Dans un contexte où ma déclaration de candidature fut censurée par les médias d’Etat, comment faire confiance à un tel personnel stalinien, pour permettre une proclamation des résultats qui ne seraient pas favorable au régime actuel ?

Comment même prétendre débattre à arme égale devant les Ivoiriens quand 90% des reportages politiques sont uniquement consacrés à un seul camp, sinon à un seul parti et ses militants ? D’ailleurs, les dérives des forces paramilitaires accroissent la tension et surtout, inquiètent largement les populations qui ne sont pas réputées favorables au régime. Comment alors parler d’une élection dans ces conditions ?

On comprend que les caciques du régime entendent faire main basse sur le pouvoir d’Etat. Cependant, l’expérience de ces vingt et une dernières années, nous a prouvé qu’aucune personne ne peut maîtriser l’histoire de ce pays ou l’interpréter en sa faveur. La main invisible de Dieu intervient toujours à des moments pour rappeler à chacun que nous sommes avant tout des humains et personne ne détient le souffle de sa vie, encore moins celui d’un autre.

C’est pour cela que les modifications intéressées de la constitution pour la vice-présidence ne passeront pas comme nous le faisions remarquer plus haut. Ce qui importe de faire, c’est justement, dans le Cadre permanent de Dialogue élargi aux trois plateformes, que nous mettions à l’ordre du jour les questions en suspens, y compris, celle de la vacance du pouvoir dans le cas où les institutions de la république ne pourraient pas être capable d’organiser une élection dans les 45 ou 90 jours.

Voilà en notre sens, ce qui serait de la responsabilité politique, de la vision d’homme d’Etat. Toute autre option, pour ma part, est simplement de l’aventurisme. Et cela, la Côte d’Ivoire et le peuple Ivoirien n’en ont surtout pas besoin. Reste à savoir si les gens ont des yeux pour voir, ou alors des oreilles pour entendre ?

Pour 5minutesinfos.net

Dr Martial Joseph AHIPEAUD, Président de l’UDL,

Candidat déclaré à la Présidentielle de 2015

 

07:53 Écrit par BEN2013 dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

23/01/2014

Quand la politique engendre la violence en Côte d’Ivoire

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Qu’y-a-t-il de spécifique aux partis politiques ivoiriens qui engendre une telle violence ?

Par Pr Christophe Yahot, de l’université Alassane Ouattara à Bouaké, Côte d’Ivoire.

Depuis l’avènement du multipartisme, les élections riment avec violences: campagnes musclées, voire armées ; boycott (actif ou passif) contestation des résultats ; guerres, etc. qui occasionnent de nombreux morts, blessés et dommages collatéraux incommensurables. Aussi, à l’approche des élections générales, l’angoisse l’emporte-t-elle sur l’espoir d’un dynamisme nouveau. Pourquoi ? Nous examinerons cette question au regard du fonctionnement des partis politiques ivoiriens.

Dans les sociétés conçues par les « Lumières » européennes à la fin des régimes monarchiques, ce sont les partis politiques, en tant qu’associations libres d’individus qui sont appelés à animer le système politique et démocratique. Dans cette perspective, les « théoriciens du contrat » ont tous fondé les nouvelles sociétés en construction sur l’idée que tous les hommes sont nés égaux et libres. Mais l’exercice de la liberté individuelle ou collective n’est pas l’anarchie, car il n’y a pas de liberté sans contrainte. Aussi, l’exercice de la liberté politique, notamment de la liberté d’association au niveau des partis politiques ou des syndicats, obéit-il non seulement à des principes fondateurs (libéralisme ou capitalisme, socialisme, communisme, centrisme, etc.) mais aussi à des règles (statuts et règlements intérieurs). À ce niveau, les associations libres, que nous appelons les partis politiques, reposent sur l’idée fondamentale exprimée par Diderot dans l’Encyclopédie qu’ « aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres ». C’est donc d’un commun accord, par consensus, élection, etc. (et non par la force) que les associés (membres d’un parti) désignent, conformément aux textes qui régit leur activité, celui qui doit commander.

Au regard de ce bref rappel théorique, il est clair qu’un parti, à plus forte raison un État, ne peut être conduit par l’autorité d’un seul individu, au risque de retomber dans la dictature, car c’est du consentement des associés que vient la légitimité du pouvoir. Ainsi, le prince (chef de parti ou Président de la république) tient du « peuple » même l’autorité qu’il a sur eux ; et cette autorité est bien entendu limitée par les principes, règles, statuts et règlements fixés par l’association. Ce n’est donc pas, comme le souligne Diderot dans le texte précité « L’État qui appartient au prince, c’est le prince qui appartient à l’État ». Cela est valable pour les partis politiques .

Mais dans la pratique, et pour le cas particulier des partis politiques ivoiriens, comment les choses fonctionnent-elles ? Pourquoi la pratique politique engendre-t-elle autant de violences ?

L’argument principal utilisé ici pour soutenir notre hypothèse est que, manifestement, c’est le mode de fonctionnement des partis politiques ivoiriens qui engendre la violence. C’est ce fonctionnement qui sème et diffuse insidieusement les germes de la haine et de la division dans les esprits.
Premièrement, et pour ainsi dire de manière concrète, les principes idéologiques dont se réclament les partis politiques n’existent que sur le papier ; ils sont juste bons pour valider ou définir son identité auprès de l’administration et obtenir un récépissé. D’ailleurs, les principes idéologiques des partis sont méconnus de la population et ne donnent lieu à aucun débat public. Mais bien plus grave, les principaux partis politiques, en lieu et place du discours idéologique, ne font que ressasser des récriminations ethniques, tribales, régionales, religieuses mêmes, et toutes sortes d’affinités occultes. L’image d’Houphouët-Boigny («houphouétisme »), dans cette perspective, est aussi devenue un instrument de propagande, une sorte d’épouvantail politique derrière lequel l’on se cache, à défaut de proposer des arguments objectifs. En second lieu, les principes, statuts et règlements des partis, censés guider l’action collective de ces associations libres, n’ont en vérité aucune valeur fonctionnelle, car dans la réalité, l’on assiste partout à des bricolages juridiques pour faire prévaloir l’individu ou les intérêts d’un groupe au détriment de l’intérêt collectif des partis, donc du peuple. Dès lors, les congrès, assemblées ordinaires, souvent extraordinaires, ne sont rien que de la pure mascarade servie à des membres ébahis et impuissants devant la machine dirigée d’une main de fer par les thuriféraires du parti. Dans les partis ivoiriens, la pyramide du pouvoir est inversée. Tout repose sur l’individu, le leader, auquel l’on ne manquera pas d’associer toutes sortes de noms extraordinaires.

L’absence véritable d’idéologies politiques, le caractère pervers de leurs substituts d’une part, le mépris ou la mauvaise foi des dirigeants des partis vis-à-vis des principes, statuts et règlements d’autre part, sont à l’origine de la violence et de la misère politique en Côte d’ivoire. Cette misère politique se manifeste sous plusieurs formes.

Premièrement, les partis politiques ne sont pas des associations libres et collectives, mais des clubs privés, caractérisés par la pratique des clubs de soutien, le culte de la personnalité, le népotisme. Deuxièmement, l’on assiste au vieillissement de la classe politique et à des conflits de génération. Troisièmement, il apparaît indéniable que n’importe quel analyste politique, même expérimenté, perdrait son latin en Côte d’Ivoire, car il n’y a aucune lisibilité sur le plan idéologique. Toutes les alliances sont possibles, et ces combinaisons, véritables « arbres de mensonges » et non de vérité, nous réservent encore pleins de surprises ! Quatrièmement, l’absence de conviction politique (de nombreux partis ont été créés, non par nécessité idéologique, mais par frustration : perte d’un poste important, censure au sein de l’ancien parti, etc.), le nomadisme politique et ce qu’on appelle ici « la politique du ventre » montrent bien à quel point les joutes électorales peuvent devenir dangereuses et meurtrières. Cinquièmement enfin, même si cette énumération n’est pas exhaustive, les méthodes et moyens mis en œuvre pour remporter une élection quelconque reposent, semble-t-il essentiellement, sur la « technologie électorale », cause indéniable de contestation et de violence. Rarement les électeurs sont préparés à accepter les résultats.
En somme, le monde politique ivoirien est devenu une véritable jungle où règne la loi des plus forts, des plus rusés. Il n’est donc pas étonnant que d’un pouvoir à l’autre, l’on assiste à une radicalisation des antagonismes, surtout avec la répétition des mêmes pratiques : gabegie, népotisme, clientélisme, culte de la personnalité, corruption, diabolisation de l’opposition, usage illégitime de la force publique, etc.

Certains pourraient, à juste titre, demander: que faut-il faire ? Peut-être commencer par respecter les textes !

00:23 Écrit par BEN2013 dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

22/01/2014

La bataille d’Abidjan et la capture de Laurent Gbagbo: quel rôle ont joué les Français? Mis en ligne par Connectionivoirienne.net La Rédaction • 21 janvier, 2014 a 01:45

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Par Christophe Boisbouvier RFI

La bataille d’Abidjan et le jour où Laurent Gbagbo a été capturé, c’était il y a trois ans, le 11 avril 2011. Quel rôle précis ont joué les militaires français ? Jusqu’où sont-ils allés ? Jean-Christophe Notin a recueilli les témoignages de nombreux militaires français de l’opération Licorne. Aujourd’hui, il publie aux éditions du Rocher l’ouvrage Le Crocodile et le scorpion. Il répond aux questions de RFI.

RFI : Dans la bataille d’Abidjan, tout le monde se souvient des combats de la dernière semaine. Mais vous nous dites que le premier bras de fer, c’est dès le mois de janvier pour le carburant. Et ça commence à la sortie d’Abidjan sur l’autoroute du Nord…

Jean-Christophe Notin : Oui, puisque Gbagbo voulant éviter l’affrontement en direct avec les Français a choisi la manière détournée d’instaurer un blocus en fermant à la fois le port et l’aéroport. Donc, évidemment, la force française Licorne, basée à Port-Bouet dans Abidjan, aurait pu se retrouver rapidement à court de carburant. Elle a été obligée de constituer des convois très lourds avec des dizaines de blindés, de véhicules accompagnés d’hélicoptères qui devaient gagner Bouaké, la zone à peu près sûre où on pouvait instaurer un pont aérien. Donc, ces convois passaient par la sortie – ce qu’on appelle le corridor nord à Abidjan – où les forces pro-Gbagbo, elles, avaient instauré un barrage.

Et finalement, les convois français ont pu forcer les barrages sur l’autoroute du Nord.

Oui, parce que les Français ont une très grande expertise de ce genre d’événements grâce à la gendarmerie nationale. Les gendarmes mobiles qui sont équipés de blindés, eux-mêmes équipés de lames pouvant pousser les éventuels véhicules au milieu. Ça s’est relativement bien passé à chaque fois, mais on n’est pas passé loin, à plusieurs reprises, d’incidents assez graves.

→ A (RE) LIRE : Les événements des 11 et 12 avril en Côte d’Ivoire, minute par minute

A partir de février, le camp de Laurent Gbagbo perd des positions dans la ville, notamment à cause de ce commando invisible qui tend des guets-apens dans le quartier Abobo. Est-ce qu’on sait aujourd’hui qui était derrière ce commando invisible ?

Il y a eu beaucoup de fantasmes et de rumeurs sur le sujet. Maintenant que l’on dispose de l’analyse des services de renseignements auxquels j’ai pu avoir accès, on sait que c’était le légendaire « IB » [ Ibrahim Coulibaly, ndlr] qui avait participé à toutes les révoltes depuis une dizaine d’années, qui avait réussi à fédérer grosso modo une centaine de partisans qui ont mené des opérations coups de poing contre les forces de sécurité.

En mars, c’est le bombardement d’un marché d’Abobo, puis le vote du Conseil de sécurité en faveur de frappes anti-Gagbo. Le 4 avril, les frappes des hélicoptères de Licorne et de l’Onuci [opération de maintien de la paix de l'ONU en Côte d'Ivoire] commencent, mais le camp Gbagbo résiste farouchement et vous dites que les pilotes d’hélicoptère sont alors pris du « syndrome du faucon noir » ?

Oui, avec un guetteur s’installant sur un toit et tirant au lance-roquettes sur l’hélicoptère. C’est exactement ce qui s’est passé à Mogadiscio en 1993, « La chute du faucon noir » [bataille de Mogadiscio appelée ainsi, ndlr]. Ça aurait été une scène évidemment terrible et qui aurait contrebattu l’effet politique qu’on voulait pour l’opération.

→ A (RE) LIRE : L’étrange bataille d’Abidjan et Crise ivoirienne:chronologie des événements du 8 au 10 avril

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Dans la nuit du 8 au 9 avril, il faut exfiltrer un diplomate britannique de sa résidence de Cocody tout près de celle de Laurent Gbagbo. Quatre hélicoptères français sont engagés. Et vous dites qu’à ce moment-là, les militaires français sont passés tout près de la catastrophe ?

Oui, une opération qui était encore inconnue à ce jour et que je révèle donc grâce à mes sources au sein des forces spéciales. C’est une opération impliquant une cinquantaine de forces spéciales, plusieurs hélicoptères et qui a donc failli très mal tourner : les forces spéciales se sont retrouvées quasiment bloquées contre un mur comme pour un peloton d’exécution. L’affrontement a duré plusieurs heures, les Français ont failli enregistrer plusieurs pertes au sol, mais également en l’air. Les hélicoptères ont été impactés.

Ce qu’on apprend dans votre livre, c’est que lors d’un redécollage d’urgence, un hélicoptère tape un lampadaire et il est sur le point de se crasher.

Oui, pour récupérer les hommes au sol, les pilotes ont pris des risques considérables. Ils ont tapé ces lampadaires. Ils les ont d’ailleurs sciés. Evidemment ça n’arrange pas trop la conduite d’un hélicoptère et ça aurait vraiment pu tourner au drame absolu.

Les Français comme les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pro-Ouattara à ce moment-là sont surpris par la capacité de résistance du dernier carré de Laurent Gbagbo. Est-ce qu’il n’y avait que des soldats ivoiriens dans ce dernier carré ?

Non. Déjà le dernier carré est constitué des meilleures troupes de Gbagbo : les Cecos [Centre de commandement spécial], la Garde républicaine. Mais il y avait également beaucoup de mercenaires libériens et quelques Angolais qui étaient vraiment très motivés et par l’argent et par différentes substances que les Français ont pu retrouver sur place.

Des substances de quelle nature ?

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De la drogue.

On arrive à la journée décisive du 11 avril : comme les FRCI du camp Ouattara n’arrivent pas à approcher la résidence Gbagbo, c’est une colonne de blindés français qui fait la percée. Il est 11H45. Il y a cette phrase inoubliable – c’est dans votre livre – d’un officier français de la base opérationnelle de Port-Bouet au capitaine qui commande le premier blindé de la colonne : « Balance-moi ton putain d’obus dans le portail de cette baraque ! »

Oui, c’est là où on voit une certaine exaspération à Paris qui veut absolument conclure ce jour-là. Donc les blindés français ont montré la voie de Gbagbo, les FRCI ne suivent pas. Donc le commandement français estime qu’il faut en plus pratiquer des ouvertures dans les murs pour être sûr que les FRCI rentrent, d’où ce fameux lieutenant-colonel qui donne l’ordre de « bréchage ».

Le « bréchage », en termes pudiques, c’est la frappe sur le portail de la résidence de Laurent Gbagbo.

Le portail et les murs.

Et derrière le portail, il y avait un anti-char ?

Oui, ça a été la grosse découverte. Une arme anti-aérienne qui n’était pas prévue et qui aurait pu tirer sur les assaillants s’il n’avait été détruit par le blindé français.

Qui a tiré un deuxième coup…

Oui.

Et alors, la question évidemment que tout le monde se pose : est-ce qu’après ce « bréchage », les Français ont participé à l’assaut de la résidence elle-même ?

Non, là c’est vraiment la limite absolue qui a été donnée par le sommet de l’Etat : ne pas entrer dans la résidence de Gbagbo. Ça se comprend également, la bataille est terminée. Il n’y a pas besoin d’engager des vies humaines françaises, risquer des vies alors que, de toute façon, Gbagbo est coincé.

Qu’est-ce que vous prouve que les Français n’ont pas participé à l’assaut final ?

C’est d’après les témoignages que j’ai recueillis au sein de la résidence française, qui était juste à côté des troupes qui étaient engagées. J’ai rencontré ceux qui, vraiment, non seulement ont détruit le mur, qui étaient en survol de la résidence, ça m’étonnerait quand même qu’avec une telle conjonction de témoignages on n’aboutisse pas à la vérité.

Laurent et Simone Gbagbo sont donc capturés, mais ce que vous dites, c’est qu’une fois l’assaut terminé, les Français vont rendre visite à cette fameuse résidence.

C’est une des surprises de ce livre. En soirée, quelques éléments français de différents services – DGSE, GIGN et l’ambassadeur également – se sont rendus sur place. Le but étant de vérifier le contenu des papiers de Laurent Gbagbo.

Et de ne pas seulement les regarder…

On imagine qu’il y a eu certaines saisies.

 

 

03:50 Écrit par BEN2013 dans Contribution, Le savez vous ? | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

28/12/2013

Nouvelles révélations de Charles Onana: Comment la France a couvert les crimes de la rébellion.

Dans la deuxième partie de son intervention que nous vous proposons ci-dessous, le journaliste d’investigation et écrivain français d’origine camerounaise, Charles Onana évoque la façon dont les puissances occidentales soutiennent les rébellions armées contre les gouvernements qu’elles veulent renverser. Il commence par établir un parallèle entre la crise ivoirienne et celle des Grands Lacs.

Il y a deux types de comparaisons qu’on peut faire entre le dossier des Grands Lacs et le dossier de la Côte d’Ivoire. La première comparaison, c’est que dans le dossier des Grands Lacs, par exemple le Rwanda, le président Juvenal Habyarimana qui était au pouvoir depuis 1973 jusqu’en 1994 a eu à faire, face lors de la période des années 90, à une rébellion armée qui était soutenue par les Américains, la Grande Bretagne et d’autres pays occidentaux. A l’époque, la France était le seul pays qui soutenait le président Habyarimana. La France a été accusée dans ce dossier, à tort à mon avis, puisque à ce moment- là la France soutenait la légalité au pouvoir c’est-à-dire le président en exercice. On avait de- mandé que le président Habyarimana fasse des efforts pour démocratiser le pays. Et il a fait ces efforts. On a demandé à la rébellion de négocier avec le pouvoir pour aller ensemble vers les élections. La rébellion n’a jamais déposé les armes et la communauté internationale ne s’est jamais indignée sur le fait que la rébellion ne dépose pas les armes. On a eu le même scénario en Côte d’Ivoire, mais cette fois, la France était non pas du côté du respect des institutions, mais elle s’est retrouvée en train de défendre la rébellion. Et contrairement à ce que les gens peuvent imaginer, la Côte d’Ivoire s’est retrouvée également dans une situation où le président Gbagbo était le président qui était sévèrement critiqué par l’ensemble de la communauté internationale comme M. Habyarimana était sévèrement critiqué en 1994. On avait demandé que la rébellion ivoirienne dépose les armes, arrête de faire la guerre contre les institutions de l’Etat, contre la république. La communauté internationale, à aucun moment, ne s’est indignée du fait que les attaques rebelles se poursuivaient. Mais on a fait mieux que ça.

Les rebelles ont assassiné deux soldats français

 En 2003, avant que les rebelles ne viennent s’asseoir à la table de négociation à Linas-Marcoussis, ils ont assassiné deux militaires français. Et la France n’a jamais cherché à diligenter une enquête approfondie pour savoir pourquoi des rebelles ivoiriens ont assassiné des mili- taires français. J’ai trouvé que tout cela était un comportement inacceptable. Quand on arrive à Marcoussis, le président Jacques Chirac, lui-même, avec l’orchestration du ministre des affaires étrangères de l’époque, M. Dominique De Villepin, impose la rébellion au pouvoir. Le président Gbagbo est obligé par la suite de gouverner avec Guillaume Soro, chef de la rébellion, c’est-à-dire des gens qui ont assassiné des Français et de milliers d’Ivoiriens. Comment expliquer aux Ivoiriens que les gens qui ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité vont désormais partager le pouvour avec le président Gbagbo qui a été démocratiquement élu ? Voilà une situation à laquelle la communauté internationale devait faire face. Ou on défend la démocratie et on demande aux gens de venir au pouvoir par la voie des élections libres et plu- ralistes, ou alors on défend des coups d’Etat et des rébellions et alors on fait la promotion de ces rébellions comme on l’a fait au Rwanda, en RDC et en Côte d’Ivoire. Dans ce cas-là, ce n’est plus nécessaire de convaincre les Africains que les élections sont importantes, que le président de la république élu au suffrage universel, c’est  im- portant, il faut dire à tout le monde, même si vous gagnez les élections, la meilleure voie d’accéder au pouvoir en Afrique, aujourd’hui, c’est de prendre les armes, menacer les institutions qui sont en place. C’est à ce moment-là que j’ai compris que la communauté internationale ne défendait pas ces principes. Défendre les principes de la démocratie, c’est défendre le pluralisme des élections et la transparence. Mais vous ne pouvez pas de- mander à un président comme on avait demandé à Habyarimana en 1994 d’organiser des élections ; au moment où le président François Mittérand convainc Habyarimana de préparer les élections, les Américains et la communauté internationale dans son ensemble valident la prise de pouvoir par la force et l’assassinat du président Habyarimana. Alors, je considère qu’il y a une incohérence dans la pratique de l’action démocratique sur le continent africain vu de l’Occident et de l’Union Européenne.

Ouattara en Côte d’Ivoire, c’est comme Kabila au Congo

La deuxième comparaison qu’il y a entre les événements de Côte d’Ivoire et les événements, par exemple du Congo, c’est qu’à la tête de la Côte d’Ivoire, on a ins- tallé quelqu’un qui était d’ori- gine étrangère (…) Dans le cas du Congo, ça a également été la même chose. M. Joseph Kabila, dont on dit qu’il serait le fils de Joseph-Désiré Kabila, on sait très bien qu’il est originaire du Rwanda, qu’il a été formé par l’armée patriotique rwandaise. Et que c’est à la suite de cette formation, qu’il est venu conquérir le pouvoir au Congo contre le Maréchal Mobutu Sessé Séko. Kabila Joseph fait partie des gens qui ont participé, dans l’armée rwandaise, à la chute du Maréchal Mobutu.
Lorsque le président Laurent Désiré Kabila est assassiné en 2001, pendant que les Congolais sont en train de chercher qui, du point de vue de la Constitution et des procédures légales, doit remplacer le président pour cause de vacance de pouvoir, Joseph Kabila effectue immédiatement un voyage à Washington et à Paris. Et c’est Paris et Washington qui valident la mise en place du président Joseph Kabila à la tête du Congo. Et je retrouve dans les archives diplomatiques de l’Union Européenne le fait que les Etats-Unis avaient décidé que Joseph Kabila devait être le nouveau président  de la république du Congo. Cela a provo- qué des débats au sein de l’Union Européenne. Et dans les documents confidentiels de l’Union Européenne, je constate également que tout le monde : M. Romano Prodi, M. Ado Ayélo (qui était le représentant spécial de l’U.E dans les grands Lacs)… Tous ces gens-là ont participé, soit par leur silence, soit par leur complaisance, à l’installation de Joseph Kabila à la tête du Congo. En dehors de toutes les procédures démocratiques. Puisque les Congolais sont arrivés à démontrer que non seulement les fraudes électorales étaient massives ; que l’U.E avait financé un processus électoral qui était complète- ment douteux, mais que malgré tout ça, il fallait garder Joseph Kabila au pouvoir. Malgré toutes les protestations des Congolais et malgré les protestations des experts de l’U.E. Les experts ont dit qu’il y avait un énorme problème avec l’élections congolaises. M. Javier Solana, le patron de la diplomatie européenne, M. Ado Ayélo, M. Louis Michel, commissaire de l’U.E, ont validé une élection qu’ils savaient tous fausse, bi- donnée par l’ensemble de la communauté internationale. Face à une telle situation, on se rend compte qu’en Côte d’Ivoire, on a mis au pouvoir quelqu’un qui était d’origine étrangère en ne respectant pas les procédures démocratiques. Au Congo, on a pris quelqu’un qui était d’origine étrangère. On l’a mis à la tête d’un pays très riche. Vous constatez que la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’ouest, est un pays riche. Le Congo en Afrique centrale est un pays riche. Alors que ce choix-là de ces deux chefs d’Etat n’est pas du tout ni le choix des Ivoiriens, ni le choix des Congo- lais. Et cela est prouvé à la fois par les documents qui sont les procès-verbaux des élections. Mais cela est également confirmé par un certain nombre de représentants européens et occidentaux qui ont participé à ces processus électoraux. Comment voulez-vous que les gens continuent à croire à la démocratie en Afrique quand leurs souhaits ne sont pas respectés. Quand leurs désirs ne sont pas respectés. Mais mieux que cela quand on bafoue devant leurs yeux le choix qu’ils font des représentants qu’ils sont censés être les leurs. Je crois que le problème, il se trouve à ce ni- veau-là. Et il y a, bien entendu, des Africains qui tirent profit de cela. Mais je crois qu’il faut être honnête quand on parle de ces questions. Si on décide de ne plus valider des dictateurs au pouvoir, si on veut valider des gens qui n’arrivent plus par des voies déloyales, par des méthodes brutales au pouvoir, il faut renforcer le système qui est reconnu universellement comme le système le plus démocratique. C’est-à-dire des élections libres et transparentes. Si on veut mettre quelqu’un au pouvoir par la voie de la rébellion, ce n’est plus la peine qu’on parle de démocratie. Mais si on veut mettre les gens au pouvoir par la voie de la démocratie, ce n’est plus nécessaire qu’on valide des pseudo- élections ou des élections truquées ou même des élections qui sont contestées par les citoyens de ces pays. Or ce qui se passe aujourd’hui, depuis à peu près 10 ans ou un peu plus, c’est que l’Union européenne et la communauté internationale ont pris l’habitude de valider des chefs rebelles à la tête des Etats. D’un côté, ça a été le cas en Côte d’Ivoire, ça a été le cas au Congo, ça a été le cas à la tête du Rwanda. Tous ces gens qui sont arrivés au pouvoir sont arrivés par la voie des rébellions. Et, d’un autre côté, on refuse de valider des gens qui arrivent par la voie des élections libres et transparentes parce que ces gens-là, ils ne correspondent pas aux aspirations de la com- munauté internationale. Ou, en tout cas, ces gens-là ne sont pas acceptés par eux. Mais par leurs populations. Parce que si leurs populations veulent un dirigeant, même si vous n’aimez pas ces dirigeants, il faut quand même accepter le choix de ces dirigeants. La preuve, c’est qu’en Occident, les gens ne viennent pas dire aux Occiden- taux que vous avez choisi, en Italie, Berlusconi, nous, on ne peut pas accepter Berlusconi. Ou que vous avez choisi Sarkozy, nous, on n’est pas d’accord avec Sarkozy. Les Français en choisissant Sarkozy, même si Sarkozy s’est révélé être un dirigeant contestable, ils l’ont accepté, ils ont assumé le fait d’avoir choisi Sarkozy.

Le procureur Ocampo était mandaté par les grandes puissances

 En Italie, même s’il s’est révélé que M. Berlusconi était l’un des dirigeants italiens qui posait beaucoup de problèmes avec la justice de son pays parce qu’on a dû finir par lui enlever, lui ôter son immunité sénatoriale, mais tout le temps Berlusconi a été au pouvoir, les Italiens ont eu à supporter M. Berlusconi. Je ne comprends pas pourquoi. Il faut laisser les Africains supporter M. Gbagbo pendant 15 ans, 20 ans si eux, ils décident de l’élire pendant 20 ans. Et laisser les Africains supporter M. Habya- rimana plutôt que de l’assassiner. Il faut laisser les gens au Congo choisir M. Tshisekedi ou quelqu’un d’autre plutôt que de les écarter tous. Procéder de cette façon-là fait perdre à l’Occident sa crédibilité sur le discours démocratique. Procéder de cette façon-là fait douter aux Africains de la bonne foi de leurs partenaires occidentaux. Procéder de cette façon fait que les Occidentaux vont, eux- mêmes par leur façon de faire, allumer des foyers partout qui vont systématiquement menacer leurs intérêts. Alors que, dans le même temps, ils ont envie de travailler dans un contexte de paix et de quiétude. Ce n’est pas possible quand vous créez des foyers de tension volontaires ou involontaires, mais quand vous les démultipliez, alors que les aspirations des peuples sont différentes, vous vous mettez dans une situation qui va vous revenir au visage comme un boomerang avec l’immigration et tous les autres dossiers que les Occidentaux contestent. Si vous empêchez que les gens élisent leurs dirigeants, ne soyez pas surpris par la suite que les immigrants fuyant les guerres et fuyant les rebelles qui sont installés au pouvoir avec l’aval de la communauté internationale prennent la mer, fuient je ne sais pas quelle autre voie pour arriver en Occident. Parce qu’ils ne peu- vent pas supporter les chefs rebelles qu’on est en train d’installer au pouvoir dans ces différents pays. A un moment donné, il faut que la rationalité revienne dans la mentalité des Occidentaux et d’un certain nombre de dirigeants africains qui ont choisi la voie de la rébellion plutôt que la voie démocratique pour que les principes qui sont défendus de façon universelle soient partout appliqués, partout respectés conformément au droit constitutionnel de ces pays et conformément au droit international. Pour parler de la Cour pénale internationale, je pense tout simplement, pour avoir enquêté sur son procureur en chef, M. Ocampo Moreno, je me suis simplement rendu compte que lorsque M. Ocampo était jeune avocat en Argentine, il a été l’avocat du célèbre footballeur Diégo Maradona, il a travaillé sur les procédures militaires en Argentine. A l’époque, il avait une fondation. Et cette fondation a été financée par le département d’Etat américain sur les questions de la démocratie de manière générale en Amérique du sud, en Amérique latine. Je me suis rendu compte que quand Ocampo a été désigné comme professeur, il est venu à Havard avec l’aide d’un certain nombre d’enseignants américains qui étaient très liés aux actions de déstabilisation des Etats en Amérique latine. Et j’ai surtout remarqué qu’il était soutenu et financé par d’autres fondations américaines anglo- saxonnes qui agissent dans la déstabilisation du Venezuela, d’autres pays, la Bolivie, etc. Je me suis demandé qui est ce procureur qu’on veut présenter aujourd’hui comme le procureur qui doit être à la tête de la Cour pénale internationale. Est-ce pour avoir un parcours qui est le sien, il peut être un procureur indépendant? Et je me suis rendu compte que, dans le dossier du Darfour, par exemple, M. Ocampo n’était pas du tout indépendant et a appliqué la politique qui était celle des Etats- Unis au Soudan. La politique des Etats-Unis au Soudan, c’est quoi ? La politique des Etats- Unis a mis le président Al-Ba- chir sur la liste des pays qui soutiennent le terrorisme inter- national simplement parce qu’Al-Bachir soutient la cause palestinienne. Le président Al- Bachir a fait la guerre du Kippur en 1973 contre Israël. Le président Al-Bachir a un autre dé- faut. Au moment où son pays est mis sous embargo économique, eh bien, il ne lui reste qu’une seule possibilité. C’est de recourir à la Chine. Alors que les Américains avec l’Italie étaient les pays qui exploitaient le pétrole au Soudan avant. Mais, avec l’embargo, il y a eu un consensus au niveau occidental pour ne surtout pas apporter un soutien économique au Soudan. Le Soudan s’est tourné vers la Chine et a confié l’exploitation des puits pétroliers à la Chine. Quand je suis allé au Soudan, je me suis rendu compte d’un fait. Il n’y a plus de concessionnaire européen au Soudan. L’ensemble des voitures utilisées par les hauts fonctionnaires soudanais sont des voitures asiatiques. Et donc le procureur Luis Moreno- Ocampo décide de traduire le président Al-Bachir devant la Cour pénale internationale (Cpi), alors que le Soudan n’a jamais ratifié le protocole de Rome. Il fait mieux que ça. Il dit : «Lui, il est en train d’organiser un génocide contre le peuple du Darfour ». Sauf que les noirs du Darfour sont une partie d’entre eux des rebelles soutenus par la communauté internationale. Et, dans le camp du Darfour, vous avez vu des acteurs de renom tels George Clooney, le prix Nobel de la paix, des associa- tions pro-israéliennes, une soixantaine mobilisée pour le nord du Darfour.  Je me suis de- mandé : «Mais enfin, il y a des Noirs aux Etats-Unis ?» Notamment quand il y a eu la catas- trophe de Katrina où il a été démontré que le gouvernement Bush a été incapable de proté- ger ces populations, mais personne ne s’est mobilisé autant pour défendre ces Noirs. Mais qu’est-ce qu’il y avait chez les Noirs du Darfour de si passionnant, de si attractif pour mobiliser tous ces gens ? Bernard Kouchner, Georges Bush voulaient tous aller sauver les Noirs du Darfour, alors que les Américains Noirs, victimes de discrimination policière, de violence et de choses horribles dans leur pays, ne sont pas soutenus par tous ces gens. Je me suis simplement rendu compte que c’est pour renverser le président Al- Bachir que toute cette affaire a été montée. Puisque je suis allé au Darfour. Il y avait des Noirs au Darfour qui certes avaient des problèmes par rapport à l’équilibre du développement dans le pays. Et ce problème d’équilibre se posait au niveau du Darfour, mais également au sud du Soudan. Mais personne ne voulait qu’on s’y attaque et là le gouvernement de Khartoum a eu tort de ne pas régler ces problèmes-là. Mais ce n’est pas des problèmes qu’on doit régler en traduisant un président de- vant la Cour pénale internationale. Je me suis finalement rendu compte que M. Ocampo est venu à la Cpi pour appliquer la politique des grandes puissances qui l’avaient mandaté, qui l’avaient placé à la tête de cette cour. Et le cas du Darfour était patent. Puisque, dans le rapport des Nations unies publié en 2005, une commission des Nations unies était présidée par un juge sérieux, Antonio Cassese, spécialiste du droit international. Le rapport conclut que ce qui se passe au Darfour n’est pas un génocide. Mais, pour MM. Georges Bush, Clooney, Bernard Kouchner, ce qui se passe est un génocide. Et leur avis est plus important que celui des experts du droit international mandatés par la Mission des Nations unies. En enquêtant, je découvre que l’histoire du Darfour est un montage atroce qui n’avait qu’un seul  but, qui est celui de faire déstabiliser le Sou- dan, de faire arrêter le président Béchir dont, je rappelle, le pays n’a pas ratifié le statut de Rome. Je remarque qu’une fois le Soudan a été divisé en deux, que le sud a pris son indépendance parce qu’il y a du pétrole, beau- coup de pétrole dans le sud. Eh bien, il n’y a plus de problème du Darfour. Est-ce qu’on a retrouvé les génocidaires du Darfour ? Les a-t-on tous arrêtés ? On ne parle plus du génocide. De la même façon, lorsqu’on a voulu arrêter le président Gbagbo, renverser le président Gbagbo du pouvoir, le moyen qu’on a trouvé, c’était de l’emmener à la Cour pénale internationale. Alors qu’au mois de mars 2011, je découvre l’acte d’accusation préparé contre le président Gbagbo par des avocats parisiens, avant la chute même du président qui va intervenir en avril. Ça m’a été remis par un ami qui est membre de ce cabinet (...) Toujours est-il qu’en construisant cet acte d’accusation, il n’y avait rien dans ce dossier. On parlait des escadrons de la mort. On disait que le président Gbagbo et sa femme avaient décidé de mas- sacrer les populations. Dans le même temps, tout le monde savait que les rebelles ivoiriens avaient tué des milliers et des milliers de personnes, mais leurs crimes ne comptaient pas parce qu’ils étaient soutenus par la communauté internationale. Tout ce que faisait le camp Gbagbo était les seules fautes et les seuls crimes dont on devait parler.  Il ne fallait surtout pas parler des crimes ou des amis que nous soutenons. J’ai trouvé cela  profondément malhonnête et déséquilibré. J’ai trouvé que ça manquait d’objectivité. C’est pour cela que j’ai trouvé nécessaire d’enquêter. La Cour pénale internationale se trouve aujourd’hui dans une situation embarrassante. Ils n’ont pas de preuves suffisantes, d’après ce que dit la Cour elle-même. En 2011, ce n’est pas ce qu’on nous disait.

Pour le cas Gbagbo, la Cpi se trouve aujourd’hui dans l’embarras

On nous disait qu’il y avait des preuves à profusion. Et des preuves accablantes contre Simone Gbagbo, contre tout l’entourage du président Gbagbo. Quand Alassane Ouattara arrive au pouvoir, c’est parce qu’en été, M. Sarkozy avait décidé d’arracher, d’aller extirper Laurent Gbagbo de la présidence de la République. Donc ils n’ont pas eu le temps de cacher les preuves. Tous les crimes que le président Gbagbo a commis ou que son entourage a commis, pourquoi on ne les a pas versés immédiatement à la Cour, pour faciliter la tâche du procureur ? Pourquoi on n’a pas pu obtenir les témoins, les anciens collaborateurs du président. Puisque j’ai cru comprendre qu’un certain nombre d’anciens collabo- rateurs du président Gbagbo a travaillé avec le régime Ouattara. Pourquoi ces  gens qui dé- tiennent des preuves ou qui sont des témoins importants ne sont pas appelés à témoigner à charge devant la Cour pénale internationale. C’est une véritable comédie à laquelle on assiste devant cette cour. C’est lamentable pour la communauté internationale, c’est grave pour les vraies  victimes. Parce que les vraies victimes de la crise ivoirienne ne savent rien des suspects de la rébellion.  Comment voulez-vous établir la justice et la vérité ? Dans une crise qui concerne deux parties, on ne poursuit qu’une partie. Quand vous travaillez sur ce genre de dossier qui met en évidence les forces occidentales, la censure se fait des deux côtés. Vous avez une censure qui vient d’Afrique et une censure qui vient de l’Occident. La censure qui vient de l’Occident, je peux dire qu’elle est facile à gérer, contrairement à ce que l’on pourrait penser. La censure qui vient de l’Occident a cette faculté de vous permet- tre de pouvoir l’anticiper. Quand vous sortez un dossier, vous savez généralement que les médias ne vont pas en parler. Parce qu’il y a un consensus entre les politiques et les médias. Consensus tacite. On a vu, mais on fait comme on n’a pas vu. De toutes les façons, moins on fait la publicité, moins les gens ont la possibilité de savoir qu’il y a quelque chose. Il y a la censure qui consiste à vous at- taquer en diffamation. Parce qu’on considère que vous portez atteinte à l’honneur de quelqu’un qui n’a pas d’honneur en réalité, puisqu’il est trempé dans un dossier. Vous avez trouvé des preuves qui le com- promettent. Donc vous avez la possibilité à tout point de vue de pouvoir gérer et comprendre comment fonctionne cette censure.  

Propos retranscrits par Augustin Kouyo, Benjamin Koré et César Ebrokié

Source: Notre voie N°4602 du vendredi 27 décembre 2013

17:32 Écrit par BEN2013 dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

13/12/2013

LES VRAIES RAISONS DE LA DIABOLISATION ET DE LA MISE A L'ECART DE WINNIE MANDELA.

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10th December 2013 from TwitLonger

LES VRAIES RAISONS DE LA DIABOLISATION ET DE LA MISE A L'ECART DE WINNIE MANDELA.

« J’ai entretenu la flamme du mouvement. Vous êtes passés dans le township. Comme vous l’avez constaté, il est toujours aussi sordide. Pourtant, c’est ici que nous avons jeté la première pierre. Ici que nous avons versé tant de sang. Rien n’aurait pu arriver sans le sacrifice du peuple – du peuple noir. Le Congrès national africain (ANC) était en exil. Tous ses leaders étaient soit en fuite, soit en prison. Et il n’y avait personne pour rappeler à ces gens, aux Noirs, l’horreur de leur réalité quotidienne ; quand quelque chose d’aussi anormal que l’apartheid devient une réalité quotidienne. C’était notre réalité. Et quatre générations avaient vécu avec – comme un peuple nié. »
« Pour ma famille, le nom de Mandela est un poids qui pèse sur nos épaules. Vous devez tous comprendre que Mandela n’a pas été le seul homme qui a souffert. Il y en a eu beaucoup d’autres, des centaines, qui ont macéré en prison et sont morts. Notre combat comptait beaucoup de héros, restés anonymes et méconnus, et il y en avait d’autres aussi dans le leadership, comme le malheureux Steve Biko, mort tabassé, dans une atroce solitude. Quand Mandela est entré en prison, c’était un jeune révolutionnaire fougueux. Et regardez l’homme qui est sorti, dit-elle en prenant l’écrivain à témoin. Mandela nous a laissé tomber. Il a accepté un mauvais accord pour les Noirs. Economiquement, nous sommes toujours exclus. L’économie reste très blanche. Il y a bien entendu quelques Noirs alibis, mais tant de ceux qui ont donné leur vie pour ce combat sont morts sans en avoir touché les dividendes. »
« Je ne peux pas lui pardonner d’avoir reçu le Nobel [en 1993] avec son geôlier, Frederik De Klerk. Ils y sont allés la main dans la main. Vous pensez que De Klerk l’a libéré par pure bonté d’âme ? Non. Il n’avait pas le choix. C’était dans l’air du temps, le monde avait changé, et notre lutte n’était pas un feu de paille. C’était une lutte meurtrière, pour dire le moins, et nous avions donné des fleuves de sang. Je l’avais maintenue vivante avec tous les moyens dont je disposais. Regardez cette farce que constitue la Commission vérité et réconciliation. Il n’aurait jamais dû accepter. Qu’est-il sorti de bon de la vérité ? En quoi aide-t-elle qui que ce soit à savoir où et comment leurs proches ont été tués ou enterrés ? Quand l’archevêque Tutu, qui a fait de tout cela un grand cirque religieux, est venu ici, poursuit-elle en montrant une chaise vide, il a eu le culot de me demander de comparaître. Je lui ai servi quelques vérités bien senties. Je lui ai dit que lui et sa bande de crétins n’étaient assis là que grâce à notre combat et grâce à MOI. Grâce à tout ce que moi et des gens comme moi avons fait pour gagner la liberté. »
« Je ne suis pas seule, reprend-elle. Les gens de Soweto sont encore avec moi. Regardez ce qu’ils lui font faire. Le grand Mandela. Il n’a plus de pouvoir ni même voix au chapitre. Ils ont dressé cette énorme statue de lui en plein milieu du quartier blanc le plus riche de Johannesburg, pas ici, où nous avons versé notre sang et où tout a commencé. Mandela est devenu une fondation institutionnalisée. On le trimballe dans le monde entier pour lever des fonds et lui est tout content de jouer le jeu. L’ANC l’a mis sur la touche, mais le garde comme figure de proue pour sauver les apparences. »
« Rien n’a changé pour les Noirs, mis à part le fait que l’apartheid a officiellement disparu »

06:27 Écrit par BEN2013 dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

10/12/2013

L'homélie de Mgr Marcellin Kouadio, évêque de Yamoussoukro, à l'occasion des 20 ans de la disparition de Félix Houphouët-Boigny

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Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, président de la République de Côte d'Ivoire,
Monsieur le Président Henri Konan BEDIE,
Excellence Mgr Paul-Siméon Ahouanan ; archevêque métropolitain de Bouaké,
Mesdames et messieurs les autorités en vos titres, qualités et grades,
Veuve maman Thérèse Houphouët-Boigny,
Révérends pères, révérendes sœurs,
Chers fidèles laïcs,
Aujourd'hui, l'Eglise universelle fait mémoire de Saint Ambroise, un homme au parcours exceptionnel.
Romain d’origine, alors qu’il était préfet de police à Milan (Italie), il fut désigné par l'enthousiasme populaire évêque de la même ville. Ambroise n'avait pourtant pas encore reçu le baptême. Baptisé, ordonné prêtre et sacré évêque en 374, il défendit les droits de l'Eglise contre les ingérences du pouvoir impérial. Comme laïc, Ambroise a servi son pays avec dévouement et comme clerc, il a aimé et servi l’Eglise avec fidélité. Et dans sa double-relation au monde et à l’Eglise, Ambroise apparaît comme un citoyen exemplaire et un chrétien modèle. L’humanité, de tout temps, et de tous pays, a besoin de guides éclairés. Saint Ambroise est, donc pour nous une référence,
Dans l'Evangile, Jésus, en voyant les foules, en eut pitié, parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Par analogie, notre mère Afrique ne serait-elle pas comparable à ces foules désenchantées, harassées qui n'ont pas, de vrais guides, de bons bergers, pour conduire aux bons pâturages ? J'en veux pour preuves les situations de misère dont nombre de pays d'Afrique sont le théâtre et qui ont pour nom:
Souffrances provoquées et entretenues
Guerres et rébellions planifiées
Instabilité politique chronique
Démocratie armée
Famine et maladies chroniques
Pillage systématique des ressources naturelles
Mondialisation au profit des seuls pays nantis
Corruption généralisée et injustices
Fuite des cerveaux
Situation d'endettement chronique
Violation massive des droits de l'homme
Dans cette vallée de larmes, quelle est la situation de notre mère patrie, la Côte d'Ivoire?
Malheureusement, notre pays ne connaît pas un sort autre que celui des autres pays africains - au moins depuis la disparition du Père-fondateur de notre nation. Oui, depuis la mort du Président Houphouët-Boigny, la Côte d'Ivoire a du mal à se retrouver.
Nous sommes rassemblés pour commémorer le 20è anniversaire du décès du Père-fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. C'est le lieu pour moi et ce, au nom de l'Eglise famille de Dieu qui est à Yamoussoukro, d'exprimer ma proximité aux membres de la grande famille BOIGNY et d'une façon singulière à la veuve - Maman Thérèse Houphouët-Boigny. Merci pour cette messe que vous offrez au Seigneur afin qu'il repose en paix, nonobstant les problèmes que connaît le pays qu'il nous a laissé en héritage. Saint Ambroise que nous célébrons aujourd'hui a aimé son pays et servi l'Eglise; Feu le Président Houphouët a, lui aussi, aimé son pays et servi l'Eglise. Il a cultivé la paix, l'entente et l'amour; il a bâti plusieurs édifices religieux à la gloire de Dieu.
Le sacrifice de la messe, pour nous chrétiens, remplace tous les autres sacrifices de la RTA. Alors, en ce jour où nous rappelons la mémoire de Feu le Président Félix Houphouët-Boigny, permettez qu'à partir d'une méditation inculturée, je m'adresse à lui au nom des sans-voix. Car en Afrique, les morts ne sont pas morts. En outre, les familles de la terre communiquent avec celles de l'au-delà, d'où la vénération des ancêtres. Et cette foi des Africains ne contredit pas la foi chrétienne qui intègre la communion des saints, la résurrection de la chair et la vie éternelle.
Oui, depuis quelques années, ils sont nombreux ceux et celles qui regrettent Houphouët. Oui, Nanan, tu nous l'avais dit et je cite: «Le vrai bonheur, on ne l'apprécie que lorsqu'on l'a perdu». Oui, depuis le 07 décembre 1993, jour où tu nous a quittés, ton peuple a perdu le vrai bonheur. Et depuis lors, la Côte d'Ivoire, notre mère patrie, s'est asservie aux mensonges, à la violence et .aux crimes. La belle Côte d'Ivoire jadis enviée parce que, prospère, est aujourd'hui défigurée et meurtrie par multiples crises militaro-politiques dont les raisons profondes restent encore à élucider. La dernière en date a fait officiellement, semble-t-il, 3.000 morts. La rébellion de 2002 a fait une foule innombrable de victimes. Curieusement, Nanan, ceux qui mentent et tuent croient servir ainsi la Côte d'Ivoire. Les innocents dont les droits sont bafoués sont déclarés, coupables - d'où le nouveau concept de la culpabilité collective doublé de la culture de l'impunité où les médiocres sont célébrés, certains de nos jeunes revendiquent fièrement le statut d'ex-combattants afin d'être récompensés. Et dans cette situation trouble, les ressources de notre pays sont livrées en pâture aux prédateurs. Notre mère patrie, humiliée et meurtrie, est traitée comme une fille de joie - oui, la Côte d'Ivoire est traitée, contre sa volonté, comme une péripatéticienne. Le temps, pour ainsi dire, vient de te donner raison : «La paix, ce n'est pas un vain mot mais un comportement». Malheureusement bon nombre de tes enfants qui prennent, ton nom mais n’ont pas ton esprit-préfèrent la guerre à la paix, la vie, le mensonge à la vérité, l'aumône au travail, etc. Nanan, aujourd'hui, jouissant de ta double nationalité de citoyen du monde d'ici-bas et de l'au-delà, aide-nous à renouer avec la paix. De là où tu es, prie pour nous.
Quant à vous, chers frères et sœurs, hommes et femmes de bonne volonté, demandons au Seigneur Jésus, le Roi des rois, d'accorder à notre pays la grâce de la Paix par la Réconciliation vraie; qu'il touche le cœur des bourreaux et prennent en pitié les victimes de ces multiples crises. Les Ivoiriens parlent de paix et de réconciliation. Mais combien sont-ils qui désirent vraiment la paix ? Jésus dit: «Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu» (Mt 5,9).
Pour que la Côte d’Ivoire renoue avec la paix, je verrais humblement, pour ma part, les Présidents OUATTARA et GBAGBO faire la paix au sommet ; et une fois réconciliés qu'ils demandent pardon à leurs militants et aux Ivoiriens qui, à leur tour, feront la paix.
En Dieu, cela est encore possible pour le bonheur de tous.
Puisse Jésus, le Prince-de-la-Paix, par l'intercession de Notre Dame de la Paix, les aider et nous aider à faire la paix maintenant et pour toujours.
Amen!
Mgr Marcellin KOUADIO
Evêque de Yamoussoukro

08:04 Écrit par BEN2013 dans Contribution | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

13/11/2013

Honorat de Yedagne-Venance Konan : le Match

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En attendant une prochaine publication intégrale dans une seule édition des réactions autour de la sortie de l’ex Dg de Fraternité Matin dans l’Intelligent d’Abidjan, ci-dessous l’extrait relatif à Venance Kona de cette Interview exclusive et évènement d’Honorat de Yedagne et le droit de réponse de Venance Konan, toujours dans l’IA. Tout cela rappelle cette expression chère à l’intellectuel David Gakunzi : « Quand les hommes se parlent ils ne se tuent pas ». Oui pendant qu’on se parle, on n’a pas le temps de prendre les armes et de se tuer !
« Un commentaire sur la gestion de Fraternité Matin version Venance Konan ?
Ce qu’il faut savoir, c’est que dès mon arrivée à la tête de Fraternité Matin, en 2002, en vue de construire un pôle éditorial diversifié mais équilibré donc pluriel et pluraliste, je suis allé chercher Venance Konan à l’Assemblée nationale. Quelques années plus tôt, Il avait laissé son poste de rédacteur en chef à Ivoir’ Soir pour aller exercer comme chargé de Communication à l’Assemblée nationale, sous feu Emile Brou. Comme cela arrive souvent dans la profession à la plupart de nos bons journalistes ou à ceux qui, comme Venance Konan lui-même ont été lauréats du prix Ebony. Pour l’histoire, Venance Konan fut le premier lauréat du prix Ebony. C’était en 1993. C’est donc moi qui suis allé rencontrer Mamadou Koulibaly alors président de l’Assemblée nationale, son nouvel employeur, chez lui à domicile, du côté de la Riviera-Palmeraie pour lui demander de le licencier. Et, je l’ai donc recruté à Fraternité Matin. Cela a été d’autant plus facile pour moi que Mamadou Koulibaly ne voulait plus de sa collaboration. Il m’a expliqué qu’à ses yeux, après tout ce qu’il a pu lire de Venance Konan dans Fraternité Matin et Ivoir’ Soir sur Alassane Ouattara, ce dernier était « un fieffé tribaliste ». C’est la clef pour comprendre la guéguerre entre les deux hommes qui a surgit, bien plus tard, dans la presse …

Il est aujourd’hui le directeur général de Fraternité Matin, qu’est ce que vous pouvez dire sur sa gestion ?
La gestion éditoriale de Fraternité-Matin par Venance Konan me rappelle de celle, sous l’ère Bedié, de Michel Kouamé qui avait fait de Ouattara ‘‘le mouton noir’’ de la politique ivoirienne. Sauf qu’aujourd’hui ‘’le mouton noir’’ a pour nom : Laurent Gbagbo. Ironie de l’histoire. Je déplore le fait qu’il y ait aujourd’hui à Fraternité Matin une ligne éditoriale à sens unique qui ne soit pas l’expression de la pluralité des courants, des opinions et des idées qui traversent la société ivoirienne. Je déplore le fait que Venance Konan, écrivain de renom, se transforme en « plume de service » comme hier déjà sous Bédié et sous Ouattara aujourd’hui. Avec des écrits qui transpirent parfois la haine du Bété et du FPI. Comme hier, il ne peut servir la réconciliation nationale aujourd’hui. Cela n’honore pas l’intellectuel qu’il prétend être et le prix Ebony qu’il est. Cela ne sert pas l’image de la corporation et de notre métier.

Vous voulez dire que la ligne éditoriale « Ni neutre, ni partisan » est brocardée et gravement mise à mal par Venance Konan ?
Nous exerçons un métier noble, sauf qu’ici, sous nos tropiques, nous avons du mal à nous soustraire à cette tentation funeste que tous ces régimes politiques d’Houphouët à Ouattara en passant par Bédié, Guéi, et Gbagbo ont eu la tentation de vouloir contrôler. Ces régimes successifs n’ont de cesse de vouloir nous infantiliser, nous domestiquer, nous asservir, nous embrigader…Mais nous devons résister : la liberté s’arrache, elle ne se donne pas.
Je m’en vais vous faire une confidence. C’est à cause de Venance Konan que j’ai perdu mon poste à la tête de Fraternité Matin.
Un jour, par l’entremise de Jean Baptiste Akrou, mon ami et frère, le colonel Logbo, alors aide de camp du président Laurent Gbagbo, me reçoit chez une de ses amies proches, elle-même conseillère à la Présidence de la République, pour me lancer cet ultimatum : « Ou tu pars, Ou tu fais partir Venance Konan ! ». Il exprimait ainsi, sans le dire tout en le disant, un cri de ras-le-bol au sommet. J’ai résisté et c’est moi qui suis parti quinze jours plus tard. Venance Konan m’a suivi, un ou deux mois après. La boucle était bouclée. Gbagbo et le FPI pouvaient respirer, enfin !
Pour tout dire, je ne suis donc pas étonné de voir Venance Konan à ce poste. J’avais prévenu le président Laurent Gbagbo. Chaque fois qu’il me convoquait à son sujet pour ses écrits acerbes, je n’avais de cesse de lui dire : « A trop vouloir t’en débarrasser, tu en feras un faux héros ». Il ne m’a pas écouté et l’histoire m’a donné raison. Car cinq ans plus tard, c’est mon frère Jean Baptiste Akrou, une autre plume de service qui remettait son tablier à son « ennemi intime » Venance Konan. Comme quoi la roue tourne, et elle tournera encore….
La leçon que je tire de cet épisode de ma carrière à Fraternité Matin est que : il n’y a pas de liberté acquise sans renoncement, sans sacrifices »
Extraits de l’Interview à l’Intelligent d’Abidjan,

(……. ) La réponse de Venance Kona Mon très cher ami Honorat De Yédagne a accordé une intéressante interview à notre confrère l’Intelligent d’Abidjan le mardi 29 octobre dernier, dans laquelle il m’a consacré de longs passages. Il a donné ses appréciations sur certaines de mes positions, sur notre collaboration à l’époque où il dirigeait Fraternité Matin, et sur le travail que je fournis en ce moment en tant que directeur général du même journal. Tout cela est de son droit. Qu’il me permette donc à mon tour de dire ce que je sais de lui et que je donne mes appréciations sur lui et son travail.
Honorat De Yédagne et moi, nous nous connaissons depuis l’université. Il était en faculté de sciences économiques et moi en droit. Puis, après nos études, nous avons commencé à travailler ensemble au début du journal Ivoir’Soir, en 1987. Il y a encore de nombreux témoins de cette époque qui sont toujours vivants et présents dans le pays, pour confirmer ou infirmer ce que je vais dire. Durant la période Ivoir’Soir, Honorat se caractérisait beaucoup plus par son ardeur à critiquer le travail de ses collègues, à regarder son nombril, à toujours se proclamer le meilleur, que par son ardeur au travail ou par la qualité de ses articles. Non, ce n’était certainement pas Honorat qui aurait emprunté un car pour traverser la Côte d’Ivoire afin d’aller réaliser un reportage sur les tracasseries routières, par exemple. Non. Seuls les reportages dans les salons climatisés, là où l’on portait des costumes, intéressaient mon ami. Et pour qu’il aille faire un reportage en dehors des salons climatisés, il fallait d’abord mettre à sa disposition une voiture climatisée, un chauffeur, un photographe, et beaucoup d’autres moyens. Ainsi, à force d’exiger, de se proclamer le meilleur, Honorat De Yédagne n’a pas laissé une trace remarquée dans l’histoire d’Ivoir’Soir. Je ne sais si un de ceux qui ont lu régulièrement Ivoir’Soir pourrait aujourd’hui citer un seul article d’Honorat. Il ne suffit pas de se proclamer le meilleur journaliste pour l’être effectivement. Nous, journalistes, faisons un métier avec lequel il est difficile de tricher vis-à-vis des lecteurs. Ils ont chaque jour, à leur disposition, le produit de notre travail, qu’ils savent apprécier. Et là, les lecteurs ne sont pas dupes. Ce sont eux, qui décrètent qui est bon ou mauvais journaliste.
Après Ivoir’Soir Honorat s’est retrouvé au service économique de Fraternité Matin, où il est resté égal à lui-même. Non seulement il était le meilleur journaliste, il était également le meilleur économiste de ce pays. Et la bonne planque qu’il avait trouvée pour ne pas écrire, pour ne pas montrer ce qu’il valait réellement, a été de se faire porter à la tête de l’UNJCI. Là, il pouvait pontifier, plastronner dans les salons en reprenant des phrases toutes faites, des phrases de Césaire, Zadi Zaourou, Samir Amin, Frantz Fanon, aligner des mots qui sonnent bien mais sans vraiment avoir de sens, du genre « faisons parler le génie politique qui est en nous et en chaque peuple, posons-nous la question de savoir d’où venons-nous, où allons-nous ? La réponse est en nous…Nous ne sommes pas des damnés de la terre, collectivement et individuellement nous n’existons pas sur terre par hasard. Nous ne sommes pas une fiction de l’histoire. A notre façon nous devons contribuer à réinventer cette fresque universelle que l’Occident veut écrire sans nous, en y apportant notre part de lucidité critique… » (L’Intelligent d’Abidjan du 29 octobre, se proclamer anticolonialiste, anti-français, ce qui au temps de Gbagbo était très bien vu, distribuer les bons et mauvais points, mais sans jamais se mouiller en travaillant, en montrant ce qu’il valait réellement en tant que journaliste. Beaucoup se sont laissé prendre au bagout d’Honorat. Mais celui qui dirigeait Fraternité Matin à l’époque avait compris l’escroquerie intellectuelle. Il s’apprêtait à le virer pour incompétence lorsqu’il fut nommé directeur général de l’entreprise par Laurent Gbagbo.
Devenu DG de Fraternité Matin, mon ami devint naturellement le meilleur DG de notre pays. Lorsqu’il se maria, il inonda le journal pendant plusieurs jours des photos de ce mariage du siècle. A ceux qui lui dirent qu’il en faisait trop, il répondit crânement que le meilleur DG de Côte d’Ivoire qu’il était devait avoir un mariage aussi médiatisé. Un de mes amis me dit un jour ceci : « je suis sûr que ton patron passe au moins une heure par jour devant son miroir à se dire « ah, que je suis beau ! Ah, que je suis intelligent ! Ah, que mon costume est joli ! »
Je reconnais à Honorat de m’avoir sorti du placard, pas doré, mais pas trop inconfortable non plus, dans lequel Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale m’avait enfermé à son avènement. Honorat proclame partout qu’il est indépendant d’esprit. C’est vrai. Mais ne touchez pas à Gbagbo. Tous les journalistes qui soutiennent d’autres hommes politiques que Gbagbo sont des vendus, des haineux, des tribaliste etc. Les meilleurs journalistes de ce pays, selon Saint Honorat, ceux qui sont indépendants, intègres, de vrais combattants de la liberté, sont ceux des journaux bleus, ceux qui soutiennent Gbagbo bec et ongles.
Dans son interview, Honorat se vante de n’avoir écrit aucun éditorial pendant les cinq ans qu’il a passés à la tête de Fraternité Matin. Lorsque l’on est journaliste, que l’on dirige un journal, il n’y a aucune gloire à n’avoir pas écrit un seul papier. Mais mon ami sait bien qu’écrire un éditorial n’est pas donné au premier journaliste venu. Dans tous les grands journaux, les éditorialistes sont les meilleurs de leur profession. Et Honorat est bien placé pour savoir au fond de lui-même ce qu’il vaut comme journaliste. Il dit aussi qu’il a perdu son poste à cause de moi, de mes écrits. Il sait très bien que c’est faux. Il était le DG, le garant de la ligne éditorial du journal. Si mes écrits sortaient de la ligne éditoriale, il avait non seulement le droit, mais le devoir de les refuser. Et c’est bien ce qui s’est passé lorsque mes papiers ont commencé à déranger le pouvoir politique d’alors. Honorat acceptait mes papiers lorsqu’ils correspondaient à sa ligne. Lorsque les choses ont changé, il ne les a plus acceptés, et je ne lui ai rien reproché. Honorat doit se souvenir que je lui avais dit, lorsque nos rapports avaient commencé à se gâter, que je n’étais pas celui dont il devait se méfier, parce que moi, je ne cherchais pas à prendre sa place. Il sait qui a manigancé pour le faire tomber et le remplacer. Lorsqu’à un certain moment je me suis retrouvé en total désaccord avec la ligne éditoriale, Honorat était alors déjà parti depuis quelques semaines, j’ai présenté moi-même ma démission pour ne pas gêner celui qui était là, et pour retrouver mon indépendance.
Après Fraternité Matin, Honorat a lancé son propre journal, financé par feu Yves Lambelin, qui fut tué par les forces de Gbagbo. Je suis étonné du silence de mon ami sur cet assassinat. En fait, je ne devrais pas être étonné. Honorat sait que c’est celui qu’il appelle son frère, son ami, Gbagbo, qui a tué son bienfaiteur. Son journal s’est cassé la figure. Honorat dit dans son interview que c’est à cause de la crise post-électorale. C’est faux. Pourquoi cette crise s’en serait-elle prise à son seul journal, fait à Paris et distribué dans 11 pays ? Son journal s’est cassé la figure parce qu’il était à l’image de son promoteur, c’est-à-dire prétentieux et creux. Les lecteurs ne sont pas dupes. Ils savent faire la différence entre bon et mauvais journal.
Enfin, Honorat dit dans l’Intelligent d’Abidjan que le contentieux qu’il a personnellement avec Fraternité Matin a été « en partie vidé grâce au ministre Sy Savané, mais il reste une partie du problème qui n’a pas encore été réglée. » Cette partie, la voici. Lorsque je suis arrivé à la tête de Fraternité Matin, Honorat m’a dit que l’entreprise restait lui devoir encore environ cent millions de francs, en plus de ce qu’il avait déjà touché grâce au ministre Sy Savané. J’ai interrogé les documents, ceux qui avaient traité ce dossier, et la réponse a été que l’entreprise ne devait plus un centime à Honorat. Il a utilisé tous les moyens de pression qu’il a pu, m’a harcelé pendant des mois, pour que je lui paie cette somme. Pendant ce temps il avait saisi la justice. Celle-ci a tranché en le déboutant. L’affaire pour moi était close. Mais Honorat m’a rencontré après pour me demander de décider de ma propre autorité de lui donner cette somme, parce qu’il aurait des problèmes de survie. Je lui ai alors dit à peu près ceci : « puisque tu es plus intelligent que moi, que tu as été DG avant moi, indique-moi comment on fait pour donner plus de cent millions d’une entreprise à quelqu’un à qui cette entreprise ne doit absolument rien, tout en respectant les règles de la bonne gouvernance. » Il ne m’a pas encore expliqué comment on fait, mais continue de me harceler pour que je « lui rende justice. »
Je voudrais, pour conclure, demander à mon ami comment on fait, pour vivre de dons de ses amis, lorsque l’on est aussi pétri de qualités et de talents que lui ? Il précise qu’il vit grâce à l’aide de ses amis nordistes, avant d’ajouter « preuve que cette division entre le nord et le sud qu’on nous vend est factice, sinon fabriquée de toutes pièces pour servir des ambitions meurtrières et mortifères. » Honorat, si tu fais cette précision, que tu vis grâce à tes amis nordistes, c’est parce que dans ta tête, tu continues de distinguer les Ivoiriens entre sudistes et nordistes. Le vrai tribaliste, c’est toi, Honorat. J’aimerais vraiment savoir comment cela se fait que le meilleur journaliste, le meilleur économiste, le meilleur DG que la Côte d’Ivoire ait jamais eu, vive d’aumônes en attendant une nomination. Honorat dit qu’un poste de maire ou de député ne l’intéresse pas. Normal. Il faut être élu pour avoir un tel poste. Et ça, ce n’est pas moins difficile que d’écrire de bons articles. Honorat dit attendre « d’être à un niveau de responsabilité où l’on travaille à faire entrer ce pays dans la modernité politique. » En clair, il attend qu’on le nomme ministre. Bonne chance mon ami.
Venance Konan
Source :
L’Intelligent d’Abidjan

08:37 Écrit par BEN2013 dans Contribution, Réaction | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

11/11/2013

Lazare Koffi Koffi: GBAGBO NE DOIT ETRE NI ABANDONNE NI OUBLIE A LA HAYE Par voixdelafrique dans Accueil le 11 Novembre 2013 à 07:28

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Quiconque a bien suivi le parcours de Gbagbo et partagé ses rêves aura compris que cet homme a été donné d’abord à la Côte d’Ivoire sa patrie, pour expérimenter la démocratie et contredire tous les racistes du monde qui pensent et écrivent que cette forme de gouvernement n’est pas faite pour les Africains. Non seulement il n’a pas mis du temps pour l’incruster dans les habitudes des Ivoiriens, mais il l’a humanisée.

Avec Gbagbo, nous sommes loin du type de démocratie qui a cours en Occident, où les tueurs, les gens de mauvaises moralité, éliminent leurs concurrents par des pratiques peu honorables pour parvenir au pouvoir.

Avec Gbagbo, on découvre avec horreur que chez les Blancs, la démocratie est une démocratie de la mort dans laquelle les puissants impriment leur ordre au monde par les canons et les obus. Parce qu’ils sont toujours à court d’arguments dans les discussions entre humains. Gbagbo a bien démontré qu’en tant qu’Africain, on peut gouverner avec ses adversaires politiques pour consolider la nation.
Il a été aussi donné à l’Afrique. Il s’inscrit dans le sillage des grands leaders africains comme le Congolais Patrice Lumumba, le Ghanéen Francis Kwamé Nkrumah et le Burkinabé Thomas Sankara qui ont compris très tôt que l’avenir du continent noir se trouve dans son unité. Aussi, tous les fervents panafricanistes actuels ont-ils pu rêver avec Gbagbo, de voir au niveau continental ou simplement régional, les chefs d'Etat mettre leur effort en commun pour développer le transport aérien, trouver une nouvelle monnaie non plus indexée sur celles des anciens colonisateurs mais gérée par les Africains eux-mêmes de façon autonome et dans leur seul intérêt, chercher un marché commun pour le commerce du café et du cacao africains, exploiter ensemble et partager les ventes de certaines matières premières et des sources d’énergie stratégiques comme le pétrole et l’uranium.

Ardent défenseur de la souveraineté des Etats africains, Gbagbo est l’un des premiers chefs d’Etat africains à réclamer la réforme de l’Onu pour permettre aux Etats non détenteurs de l’arme atomique, de jouir du respect dû aux nations. 
A cause de ce combat-là en faveur de son peuple et de sa race, Gbagbo a accepté de prendre des coups. Sa vie est faite d’emprisonnements, d’humiliations, de suspensions de salaires, de privations, de frustrations quasi quotidiennes, d’insultes publiques, de calomnies, de séparations douloureuses d’avec sa famille, d’exil.

C’est à cause de ce combat-là aussi que, comme Béhanzin le Dahoméen, Samory Touré le Manding, Kakou Aka le Nzima, Kadjo Amangoua l’Abouré, etc. qui, présentés tous comme des sanguinaires (aujourd’hui on parle de dictateurs), connurent la déportation en réalité pour s’être dressés contre l’envahisseur Blanc, lui également a été combattu et déporté à La Haye pour les mêmes raisons. Du temps de ses illustres prédécesseurs, où les Africains ne connaissaient pas le monde hors d’Afrique, aujourd’hui nous sommes informés des enjeux qui se trament contre l’Afrique et le peuple africain. Gbagbo ne peut donc pas être abandonné ni oublié, et ne doit pas être un instrument aux mains des impérialistes de notre temps.

Il ne doit pas connaitre le sort qui a été réservé à Patrice Lumumba, Samora Machel, Thomas Sankara et bien d’autres illustres combattants pour une Afrique libre et responsable de son destin. Tous, Ivoiriens et Africains, nous tous qui avons bien compris les véritables enjeux des rapports entre les Blancs et nous, nous devons nous mobiliser, et par des manifestations permanentes, nous mettre en mouvement pour obtenir sa libération ici et maintenant. 


08:17 Écrit par BEN2013 dans Contribution, CPI | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |