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15/04/2015

AFFAIRE APPEL ATTRIBUE A BLÉ GOUDÉ PAR Dr. Patrice Saraka ET PRÉTENDUE VISITE A LA HAYE DU PREMIER MINISTRE PASCAL AFFI N’GUESSAN AU MINISTRE CHARLES BLÉ GOUDÉ, BLÉ GOUDÉ CLARIFIE TOUT LUI-MÊME, AVEC LE VOYAGE À LA HAYE DE HANNY TCHELLEY.

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UN COMPTE RENDU DE Hanny Tchelley Etibou :

Ce lundi 13 Avril 2015, j’ai passé la journée avec mon jeune frère, ami et compagnon de lutte, le ministre Charles Blé Goudé, de 9H à 16H 45. Face aux réactions « vives » suscitées par la publication de son « appel au dialogue » dans la crise du FPI, au-delà de toutes les rumeurs qu’on a lues çà et là sur la toile et dans la presse ces derniers temps, au vu de l’indignation de tous ceux qui d’habitude sont calmes, posés, discrets mais qui se sont levés face aux attaques contre CBG, j’ai voulu aller à la source pour savoir la vérité pour moi-même, mais surtout pour tous les millions de personnes qui n’ont jamais rencontré ni le Président Gbagbo ni Gbapê et sont dans ce combat avec leur cœur, leurs espérances, leurs rêves de liberté et de justice. Car dans cette « confusion », ils ont besoin de se retrouver afin de ne pas se perdre et être perdus. C’est surtout envers ces personnes que nous, qui allons voir le président et le ministre Charles Blé Goudé, avons un devoir de mémoire, de vérité. En tout cas c’est ainsi que je vois mon action et non pour m’enorgueillir d’être « proche » du PR. Ça, tout le monde le sait donc mon égo n’en a pas besoin pour exister ! Notre rôle, en tout cas le mien, n’est pas non plus de travestir la vérité, ni de « polluer » nos illustres prisonniers avec des rumeurs non fondées.

Chers miens, je suis donc arrivée mais au lieu de l’homme debout de mes autres visites, j’ai trouvé un homme meurtri, blessé dans sa dignité, et j’ai eu très mal. Charles Blé Goudé s’est effondré en larmes dans mes bras et pendant près de 30 minutes il a pleuré, pleuré, pleuré !
C’est là que j’ai compris pourquoi il a dit à mon autre jeune frère Mambo Abbé samedi dernier au téléphone : « dis à Hanny que si elle reporte notre rdv de lundi là, c’est mon cadavre qu’elle va venir chercher ici ».

Chers (ères) pendant tout le temps où il pleurait, je priais, Dieu m’inspirait des paroles pour lui. Je lui ai rappelé son rôle auprès du vieux, pourquoi Dieu a voulu qu’il soit à la Cpi et pourquoi c’est lui qui y est et pas un autre…

Quand il s’est enfin calmé, il m’a tout raconté : d’abord son quotidien avec le Président Gbagbo, dont il s’occupe comme un fils de son père, et de sa fierté de le faire, ce que je savais déjà. Mais il m’a aussi raconté tout le reste : les manigances, les « mouvements néfastes » autour du pr. Son incompréhension, sa déception face à certains agissements et surtout leur objectif ! Car dans une lutte, tout acte doit avoir un objectif élévateur, libérateur. Or là, il voit la méchanceté gratuite, la noirceur, il voit des égos surdimensionnés (avec les noms et les actes de chacune des personnes citées), mais il ne voit pas en quoi cela sert les intérêts du Président Laurent Gbagbo. Ne me demandez pas de citer des noms, prenez-moi au sérieux svp, je ne suis pas dans un « affairage » ici et l’heure est grave.

Revenons à la lettre d’appel au dialogue et je tiens d’abord à dire que cette déclaration publiée par le Dr Patrice est bien de lui, je l’atteste et le confirme. Pour parler de cet appel à trouver une solution à la crise au sein du FPI, blé se pose la question de savoir si les gens qui l’attaquent l’ont bien lu et si oui, s’ils peuvent relever ce que certains considèrent comme une trahison et un soutien au PM Affi N’guessan. Il invite vraiment tous ceux qui ne recherchent que le bien commun, à relire sa lettre. En homme libre et démocrate, habitué aux critiques et non adepte de la pensée unique, il ne s’attendait pas à ce que cette déclaration fasse l’unanimité donc ce n’est pas ce qui l’a abattu.
Ce qui a fait déborder le vase, la goutte d’eau qu’il n’a pas supportée et qu’il ne supporte pas dans cette affaire, ce n’’est pas tant d’être critiqué, ce sont 3 choses :

1/ Effectivement, le PM Affi N’guessan a demandé à rencontrer Opah la Nation et Gbapè. Mais alors qu’ils se sont mis d’accord lui et le Président Gbagbo pour recevoir le PM Affi N’guessan quand les conditions d’une telle rencontre seront réunies - conditions qui n’ont rien à voir avec la présence du Président Aboudramane Sangaré dont tout le monde sait qu’il ne peut pas sortir de Côte d’ivoire-, il voit leur conversation exposée dans les journaux et sur face book. Quel en est le but ? Il se demande si le PR ne peut donc pas s’exprimer devant des gens sans que cela ne se retrouve sur la place publique ?

2/ Des gens se sont permis d’affirmer sur face book qu’il avait rdv avec le PM Affi N’guessan le 10 et le 11 avril. Alors qu’il suffisait juste d’attendre pour voir si c’était vrai. Parce que quand vous avez rdv, cela vous est notifié par l’administration de la CPI, donc même si vous annulez, il y a des traces ! Alors quel est l’objectif d’un tel mensonge ?

3/ Certaines personnes ont même appelé le Président Gbagbo pour l’informer que les dates de cette « rencontre fictive» entre le Ministre Blé Goudé et le PM Affi N’guessan étaient dans les journaux ivoiriens. Surpris, le Président Gbagbo lui a dit le nom de la personne qui l’avait appelé pour lui donner cette « information ».
Or dans l’équipe de défense de Blé Goudé, il y a une personne qui est chargée de faire la revue de presse tous les matins. Sans un mot, Blé est donc allé chercher les journaux cités, qui ne contenaient évidemment pas cette « information », et les a fait lire au PR qui s’est exclamé : « les gens vraimeeeeeeennnt ! »

En réalité, le programme de visite du Ministre Charles Blé Goudé (en dehors de son équipe de défense renforcée par ses avocats ivoiriens) qui prépare activement sa prochaine audience se présente comme suit :

PROGRAMME DE VISITES DU VENDREDI 10 AVRIL 2015:

9H à 15H : Apollos Dan Thé et Patrice Koute
15H10 – 17H : séance de kinésithérapie pour son dos.
Ce même jour, Jo Mamadou et Abdon Bayeto y étaient, ils peuvent donc témoigner du non présence du PM Affi N’ guessan

PROGRAMME DE VISITES DU SAMEDI 11 AVRIL 2015 :

Il devait encore recevoir Apollos Dan Thé et Patrice Koute, ainsi que KKB et Miss Agnès Gbagbo. Et comme il n’y a pas de visite à la Cpi le samedi matin, il a programmé ces quatre rendez-vous pour l’après-midi. Mais l’administration ayant estimé que quatre personnes c’était trop, Patrice Kouté s’est proposé, de lui-même, de se retirer puisqu’il l’avait vu la veille. Donc de 13H 45 à 14H 45 Gbapè a reçu Apollos. Malheureusement, la voiture qui transportait KKB et Miss Gbagbo ayant eu un problème non loin de Paris, ils ont préféré faire demi- tour. Donc finalement, Blé n’a reçu qu’Apollos le samedi 11 Avril.

J’ai aussi parlé avec le Président Gbagbo qui recevait son ami de longue date Mr Guy Labertit, et je lui ai fait trois big smacks de votre part à tous ! Il était content de savoir que vous pensez à lui.
Voilà, ainsi se termine la 1ère partie de mon C.R. J’ai pris le temps de le faire pour vous apporter la vraie information et vous encourager à sortir des rumeurs.
On n’est pas dans un jeu !
On n’est pas dans une course aux scoops !
Faisons attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain…

Bonne journée, chers miens.

Source: BLÉ GOUDÉ News Officielles

Photo de Patrice Saraka.
Photo de Patrice Saraka.
Photo de Patrice Saraka.

00:31 Écrit par BEN2013 dans CPI, Le savez vous ? | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

15/12/2014

Museveni appelle les africains à quitter la CPI

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Le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré vendredi qu’il initie une démarche pour amener les africains à se retrirer de la Cour Pénale Internationale qu’il a accusée de déstabiliser les Etats africains.

Museveni a fait son discours à Nairobi à l’occasion de 51 ans de l’indépendance du Kenya, quelques semaines après l’abandon par la CPI des poursuites contre le président Uhuru Kenyatta.

“Je déposerai une motion à la prochaine réunion de l’Union africaine (UA) pour que tous les Etats africains se retirent de la Cour. Ils pourront ainsi se débrouiller avec leur propre Cour”, a indiqué Museveni applaudi par l’assistance.

“La CPI déstabilise les Etats africains. Nous leur avons dit d’attendre la fin de mandat de Kenyatta et Ruto avant de les juger, ils ont refusé”, a ajouté plus loin M. Museveni, parlant aux côtés de M. Kenyatta. “Et maintenant, regardez, ils ont retiré les accusations portées contre M. Kenyatta”.

Le président kényan, qui s’était réjoui d’être “innocenté” par la CPI, était soupçonné de crimes contre l’humanité pour son rôle présumé dans les violences postélectorales de fin 2007-début 2008 au Kenya, qui avaient fait plus de 1.000 morts et 600.000 déplacés.

Selon des observateurs, l’abandon des procédures contre M. Kenyatta est le plus grand échec de la CPI depuis sa création en 2002.

06:11 Écrit par BEN2013 dans CPI | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

03/11/2014

COMMUNIQUE DE Me ALTIT

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La Défense du Président Gbagbo formule les présentes soumissions sous réserve des éléments d’information qui lui seront donnés lors de la conférence de mise en état, 

- Par l’Accusation ; ces éléments concernent notamment la durée des enquêtes du Procureur, la position du Procureur quant à une éventuelle jonction, le volume des divulgations, le nombre de témoins qu’il entend appeler, les mesures de protection qu’il compte réclamer ; - Par le Représentant légal des victimes ; ces éléments concernent notamment le nombre de victimes représentées lors de la phase de procès, les modalités de leur participation, les éventuelles mesures de protection sollicitées, etc. - Par le Greffe ; ces éléments concernent notamment le traitement de demandes de participation des victimes lors de la phase de procès, les mesures de protection des témoins et des victimes, les mesures mises en œuvre pour assurer la traduction des langues utilisées lors de la phase de procès, etc. 6. Plus généralement, la capacité de la Défense à se prononcer sur un certain nombre de questions dépend en grande partie de la manière dont l’Accusation va présenter son dossier (« case »). Par conséquent, la défense sera plus à même de donner plus de détails à la Chambre sur sa propre position à mesure que la procédure évoluera et que l’ensemble des éléments sur lesquels l’Accusation compte se fonder auront été divulgués.

 

7. La Défense soumet que la divulgation des noms des témoins de l’Accusation effectuée conformément à la Règle 76 devrait avoir lieu le plus rapidement possible de manière à ce que la Défense dis- pose du temps nécessaire pour préparer le procès. Le calendrier qui sera établi doit prendre en compte les droits de la défense et d’abord le droit à disposer du temps nécessaire pour préparer adéquatement le procès (article 67 du Statut). Par ailleurs, tout ajout de témoin supplémentaire par l’Accusation doit être sollicité le plus tôt possible et devrait être interdit à un stade avancé puisqu’alors la Défense ne disposerait pas du temps nécessaire pour analyser et vérifier les dires de ce témoin et pour préparer un contre-interrogatoire. La Défense espère que le modus operandi utilisé par l’Accusation dans la phase préliminaire, consistant à divulguer de nombreux documents et témoignages au dernier moment de façon à « noyer » la Défense, pourra ainsi être évité1.

 

1.1 Sur le volume.

1.1.1 Sur le nombre de témoins appelés par l’Accusation.

 

8. Le volume des divulgations dépendant en grande partie du nombre de témoins que compte appeler le Procureur, il convient qu’il en donne à la Chambre et aux parties lors de l’audience au moins un nombre approximatif.

 

1.1.2 Sur le nombre de témoins-experts appelés par l’Accusation.

 

9. Il serait utile à la Défense de savoir combien de témoins-experts l’Accusation compte appeler ; de cette manière la Défense pourrait d’ores et déjà avoir une idée du nombre d’experts à approcher pour pouvoir discuter les points soulevés par les experts du Procureur et une idée des recherches à effectuer.

 

1.2 Sur le « timing ».

 

10. Selon la jurisprudence, à l’issue de la phase de confirmation des charges, le Procureur devrait avoir terminé l’essentiel de ses enquêtes.

 

2. Il est donc important que la Défense sache si tel est bien le cas ou si le Procureur compte encore enquêter.

 

11. En ce qui concerne les éléments dont le Procureur dispose et qu’il n’aurait pas encore divulgués à la Défense, il convient que la Chambre fixe une date rapprochée avant laquelle cette divulgation doit avoir lieu.

12. En ce qui concerne les nouveaux éléments qu’il pourrait recueillir au cours de ses enquêtes, en particulier les témoignages, il conviendrait de prévoir que le Procureur les divulgue à la Défense pas plus tard qu’un mois après leur obtention et sur une base continue (on a rolling basis).

 

2. Sur la protection des témoins.

2.1 Sur la protection des témoins du Procureur.

 

13. Bien qu’il s’agisse ici d’une question posée à l’Accusation, ce qui est décidé concernant l’identité des témoins de l’Accusation et les expurgations de leur témoignage a un impact direct sur la capacité à agir de la Défense et notam- ment sur l’exercice des droits de la Défense. L’anonymat et les expurgations ne peuvent être employés qu’avec discernement, de façon à ne pas empêcher la Défense de discuter la teneur des témoi- gnages ce qui viderait de leur sens les contre-interrogatoires. Au stade de la confirmation des charges, l’Accusation a expurgé par principe et de façon systématique un certain nombre d’informations dont la connaissance était nécessaire à la Défense pour pouvoir discuter la teneur des témoignages, ce qui a limité la capacité de la Défense à enquêter comme elle l’aurait voulu et l’a empêché de discuter la crédibilité et la fiabilité de témoins qui paraissaient peu fiables et peu crédibles.

 

3. Au stade du procès, de telles expurgations ne peuvent être acceptées car elles constitueraient autant d’atteintes aux droits de la défense. (…)

 

2.2 Sur la protection des témoins de la Défense.

 

28. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens ont fui leur pays et les exactions des rebelles en 2011. Ils se sont réfugiés dans les pays avoisinants. Beaucoup d’entre eux ne souhaitent coopérer que de manière anonyme pour éviter les représailles lorsqu’ils rentreront dans leur pays. Quant aux membres de l’ancienne administration emprisonnés – la Côte d’Ivoire compte au moins 750 prisonniers politiques – ils ne veulent pour la plupart coopérer que sous le sceau de la confidentialité la plus absolue pour éviter d’en subir les conséquences, alors même qu’ils sont sous la coupe des vainqueurs. Enfin, beaucoup de témoins se cachent à Abidjan ou dans les villages ; ils ont peur, s’ils étaient identifiés et repérés, d’être arrêtés et que leur famille soit menacée. Lors de la phase de confirmation des charges, il a été prouvé que le témoin le plus important de l’Accusation avait été emprisonné par les Autorités ivoiriennes [EXPURGE]10. Dans ces conditions, un certain nombre de témoins de la Défense demanderont à bénéficier de mesures de protection.

 

3. (…) 29. En ce qui concerne l’ensemble des éléments visés par ces dispositions, la Défense souligne qu’ils doivent lui être transmis le plus rapidement possible et de la manière la plus complète possible sur une base continue (on a rolling basis).

 

30. La Défense soumet qu’il appartient à l’Accusation de donner à la Chambre et la Défense tous les détails sur le système qu’elle a mis en place pour classer et transmettre l’ensemble des documents – à charge ou à décharge – dont elle dispose. Il est important qu’aucun document essentiel se trouvant dans la base de données de l’Accusation qui pourrait présenter un caractère à décharge soit ignoré de la Défense.

 

31. Si l’Accusation compte redivulguer des éléments déjà divulgués dans le cadre de l’audience de confirmation des charges, il conviendrait qu’elle le fasse sous le même numéro ERN.

 

3.1 Sur le volume des éléments de preuve documentaire.

32. Lors de la phase de confirmation des charges, le Procureur s’est fondé en grande partie sur des rapports d’ONG, des articles de journaux, des ouï-dire, etc.

 

11 L’utilisation excessive de ce type d’éléments a été dénoncée par la Chambre préliminaire.

 

12. Le Procureur a ensuite transmis à la Défense de très nombreux rapports de police et de gendarmerie qui se sont avérés constituer pour la plupart des pièces à décharge

 

13. Compte-tenu du nombre considérable de documents trans- mis à la Défense lors de la phase de confirmation des charges – 5840 documents (à charge, à décharge, Règle 77) correspondant à 30 996 pages et à 79 heures cinquante et une minutes et dix secondes de vidéos – il est indispensable que la Défense soit informée au plus tôt du volume de documents que l’Accusation compte encore divulguer. Il en va en effet de la capacité de la défense à se préparer puisque l’analyse et la vérification de tels documents prennent à la Défense, dont les ressources sont limitées, beaucoup de temps.

 

3.2 Sur la liste de preuves.

3.2.1 Sur le contenu de la liste de preuves.

 

33. Il est essentiel que l’Accusation dépose une liste définitive d’éléments à charge la plus complète et la plus détaillée possible.

 

3.2.1.1 La liste des témoins.

 

34. Cette liste doit comprendre un rappel succinct de chacun des points que le témoin abordera lors de son témoignage oral, en précisant à chaque fois s’il s’agit d’éléments faisant l’objet d’un témoignage direct ou si certains points seront abordés sous un autre angle, par exemple, le ouï-dire ; une estimation du temps que prendra l’interrogatoire de chaque témoin et une estimation de la durée totale de la présentation du cas du Procureur (prosecution case in hours)14.

 

3.2.1.2 La liste de preuves.

 

35. La pratique dans l’affaire Gbagbo a montré combien était important et utile le fait que le Procureur soit astreint à remettre à la Défense un « inventaire des éléments de preuve à charge »/« tableau d’analyse des éléments de preuve à charge » (« In-depth Analysis Chart »/ « IDAC »).

 

36. La Défense soumet que cette liste de preuves devrait être semblable à celle uti- lisée lors de la phase préliminaire (…) 37. De plus, l’Accusation et la Défense étaient tombées d’accord16 pour que le Bureau du Procureur produise un autre tableau d’analyse (« Element Based Chart »/« Tableau des éléments constitutifs des crimes ») qui identifierait pour chaque point juridique (legal element) – incluant les éléments du chapeau et les modes de responsabilité – les documents pertinents utilisés pour prou- ver cet élément. Comme lors de la phase préliminaire, il conviendra que l’Accusation transmette à la défense un « tableau des éléments constitutifs des crimes ».

 

3.2.1.3 Sur le délai de transmission de ces trois documents. 38. Compte tenu de la complexité de l’affaire, du nombre d’éléments documentaires déjà divulgués, du nombre de témoins que le Procureur compte appeler, il conviendra que la liste de preuve, la liste des témoins et le « tableau des éléments constitutifs des crimes » soient transmis à la Défense cinq mois avant le début du procès. (…)

 

6. Sur la date du procès.

 

42. La pratique est telle qu’entre la première conférence de mise en état et le début effectif des procès il s’écoule en moyenne au moins un an. Par exemple dans les affaires Katanga et Bemba ; dans l’affaire Ruto quinze mois ; dans l’affaire Kenyatta, le procès n’a toujours pas commencé alors que la première audience de mise en état a été tenue il y a plus de deux ans (Cf. Annexe).

 

43. Ainsi, plus une affaire est complexe et plus ses enjeux sont importants, plus le délai est étendu.

 

44. Il convient ici de rappeler que l’affaire Gbagbo est particulièrement complexe (Cf. Infra), puisqu’il s’agit de déterminer les responsabilités dans une guerre civile qui aura duré presque dix ans et culminé lors de la crise post-électorale qui a mis aux prises les forces gouvernementales, une armée rebelle de mercenaires au Nord du pays, des groupes armés infiltrés à Abidjan, les contingents français de la force Licorne, des contingents de l’ONUCI, etc.

 

45. Par ailleurs, le travail effectif de préparation du procès a un impact direct sur la date du début du procès. Dans les différentes affaires traitées jusque-ici par la Cour, un certain nombre de retards dus parfois à des impondérables, parfois à une sous-estimation du travail à accomplir ont conduit à repousser la date du début du procès. Ainsi, les délais de divulgation ou de levée des expurgations accordées au Procureur et la date à laquelle il avait été autorisé à transmettre la liste définitive de ses témoins ont-ils été souvent reportés. Autres raisons de report : les discussions sur le détail des charges notamment sur la manière de les comprendre, les requêtes déposées par les parties ou les participants, la mise en œuvre de mesures de protection des témoins, les modalités de coopération ou la non coopération avec les parties. Ce sont autant d’éléments à prendre en considération pour fixer une date de début de procès réaliste.

 

6.1.1 Sur les enquêtes de la Défense.

6.1.1.1 Sur la complexité de l’affaire.

 

46. Il est utile de rappeler que le dossier du Président Gbagbo est le plus important et le plus complexe qu’aura eu à juger jusque-là la CPI : - Du fait du nombre et de l’identité des protagonistes : il s’agit pour les Juges d’examiner la légitimité des actions menées par les forces gouvernementales, les forces rebelles, les forces armées françaises, les contingents des Nations Unies, etc. - Du fait de la durée de la crise : les premières tentatives de coup d’Etat pour installer Alassane Ouattara au pouvoir ont eu lieu en 1999, 2000, 2001 et l’une d’elle a abouti à la partition du pays le 19 septembre 2002. - Du fait des enjeux, tant politiques que

symboliques, essentiels : il s’agit d’écrire le passé donc aussi de tracer l’avenir non seulement de la Côte d’Ivoire mais encore de toute la sous-région, ce qui revient à porter un jugement sur la légitimité des actions des gouvernements impliqués. - Du fait des enjeux économiques et financiers considérables: la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, un producteur important de café, d’or, de diamants, de pétrole, de gaz, etc. La victoire militaire d’Alassane Ouattara a permis la prise de contrôle de certains de ces secteurs par de nouveaux acteurs. Mener une véritable enquête sur les tentatives de déstabilisation de la présidence Gbagbo conduit à examiner le rôle des grandes compagnies agissant en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Certaines ont été impliquées dans le soutien aux rebelles malgré l’embargo sur les armes instauré par les Nations Unies.

 

47. Cette affaire est en outre particulière- ment complexe : - Parce que le Procureur vise de très nombreux incidents ayant eu lieu à différents endroits d’Abidjan et dans les environs, à des époques différentes ; - Parce que près de sept cents jeux d’écritures ont été échangés lors de la phase de confirmation des charges ; - Enfin les parties se sont fondées sur près de sept mille pièces (5840 pièces pour le Procureur, 1029 pour la Défense), soit 34 737 pages environ et 99 heures environ de vidéos. - Le Procureur a d’ailleurs à plusieurs reprises relevé la complexité du cas17 de même que la Juge Unique18.

 

6.1.1.2 Sur la difficulté de mener des enquêtes.

 

48. La complexité de l’affaire explique que les enquêtes destinées à vérifier les dires des témoins du Procureur et à préparer les contre-interrogatoires soient longues et difficiles pour la Défense, dont les moyens sont limités et qui ne bénéficie pas du soutien des Autorités ivoiriennes. De plus, les enjeux sont considérables. Ceci explique qu’il soit particulièrement difficile de joindre nombre de témoins potentiels qui se cachent et encore plus difficile de les mettre dans des conditions optimales pour témoigner.

 

49. Ainsi, la Défense a-t-elle besoin de temps pour préparer le procès (article 67 du Statut).

 

6.1.1.3 Sur la durée des enquêtes.

 

50. Compte tenu des enjeux, les enquêtes sont difficiles. Il sera indispensable que plusieurs membres de la Défense se rendent à plusieurs reprises non seulement en Côte d’Ivoire mais aussi dans les différents pays où sont réfugiés certains témoins clés.

 

51. Obtenir suffisamment d’informations pour pouvoir mener à bien des contre interrogatoires et encore plus pour rencontrer des témoins essentiels, prendra à la Défense de nombreux mois, au moins jusqu’en novembre 2015.

 

6.2 Sur les moyens. 52.

 

Compte tenu de la complexité de la tâche, la Défense compte déposer une demande de moyens additionnels auprès du Greffe dans les plus brefs délais. Elle tiendra la Chambre informée des résultats de cette demande. Si elle dispose de moyens adéquats, les enquêtes pourront être menées plus rapidement. Ainsi, les moyens logistiques, humains et financiers, ont-ils un impact sur la date de début du procès.

 

6.3 Sur la sécurité.

 

53. La sécurité est une question importante pour les témoins de la Défense mais aussi pour les membres de l’équipe de Défense. Lorsqu’ils se trouvent en Côte d’Ivoire, ils sont sous surveillance constante, physique et technique (écoute des conversations et violation des échanges emails). A ce sujet, le système Citrix est peu fiable. Mettre en place un système assurant la sécurité de la Défense et permettant de préserver le secret de ses communications sera nécessaire et déterminera la capacité d’action de la Défense et donc la date de début du procès. (…)

 

6.4.2 Sur la coopération avec la France.

6.4.2.1 Sur le rôle de la France.

56. Le rôle des Autorités françaises dans son ex-colonie a été essentiel tout au long de la crise ayant divisé la Côte d’Ivoire depuis 2000. Il ressort de l’examen des pièces que certains groupes de pression franco-ivoiriens n’ont cessé de tenter de placer Alassane Ouattara au pouvoir, que ce soit en 1993, à la mort de Felix Houphouët-Boigny ; en 1999, en organi- sant un coup d’Etat contre le Président Bédié ; en 2000, en organisant un coup d’Etat contre le Général Gueï ; en 2001 et 2002, en soutenant l’action de rebelles qui, à chaque fois, tentèrent de prendre le pouvoir de manière violente. A la suite des échecs militaires successifs des put- schistes, ces mêmes groupes de pression tentèrent d’imposer les rebelles, et derrière eux Alassane Ouattara, au gouverne- ment légitime de Côte d’Ivoire en utilisant les pressions diplomatiques, par exemple à Marcoussis. En novembre 2004, il semble qu’une nouvelle tentative pour chasser le Président Gbagbo du pouvoir ait eu lieu avec l’aide de certains responsables militaires français. En 2010, bien avant les élections, la prise du pouvoir des rebelles par la force avait été programmée : des mercenaires provenant des pays limitrophes avaient été recrutés, entrainés, équipés et armés au Burkina Faso puis transférés dans le nord de la Côte d’Ivoire. Avant même l’élection présidentielle, certains de ces groupes avaient été transférés à Abidjan et en particulier à Abobo où

des caches d’armes avaient été aménagées en vue de l’assaut final. 57. Les forces françaises étaient pré- sentes le long de la zone de confiance délimitant le Nord – sous contrôle rebelle – du Sud – sous contrôle gouvernemental – et à Abidjan19. Elles semblent avoir joué un rôle important dans l’organisation et la mise en œuvre de l’offensive rebelle vers le Sud en mars 201120 ; ce sont les forces françaises qui ont réduit les points de défense des forces gouvernementales à Abidjan, que l’assaut de la résidence présidentielle a été lancé par les commandos français, etc.

21 Pendant toute la crise post-électorale, les diplomates français étaient à la manœuvre pour soutenir Alassane Ouattara et convaincre les représentants de la communauté internationale d’abandonner le Président Gbagbo.

22. 58. Les Autorités françaises disposent des informations qui permettraient d’éclairer les Juges et de révéler la vérité sur tous les évènements dans le DCC. Elles disposent en particulier d’éléments cruciaux permettant de se faire une idée de la responsabilité des protagonistes ivoiriens dans le déclenchement et la poursuite de la crise. Elles sont seules à disposer d’éléments utiles sur la préparation des élections, le réarmement des rebelles, l’armement des rebelles à Abidjan avant même les élections, les fraudes électorales, l’instrumentalisation du Président de la CEI, sur la réalité des évènements des 16 décembre 2010, 3 et 17 mars 2011, sur la réalité des affrontements militaires à Abidjan, l’offensive de la fin du mois de mars 2011du Nord vers le Sud, sur la réalité des tentatives de médiation, sur la réalité des exactions à Yopougon, etc. (…)

 

2- Autres points que la Défense du Président Gbagbo souhaiterait voir abordés lors de la conférence de mise en état.

1. Visite des lieux mentionnés dans le DCC (« site Visit »). 64. La Défense soumet qu’une visite sur les sites mentionnés dans le DCC permettrait aux Juges de se faire une idée plus précise de la façon dont les évènements ont pu se dérouler et par conséquent leur permettrait de mieux jauger la crédibilité des témoins et la teneur de leurs témoignages. 65. Compte-tenu de la complexité du cas et des enjeux considérables de l’affaire, la Défense soumet qu’il conviendrait d’organiser deux visites sur les sites : l’une avant le début du procès proprement dit, l’autre après que la Défense aura présenté son cas. (…)

 

Emmanuel Altit

Conseil Principal de Laurent Gbagbo

Fait le 27 octobre 2014 à La Haye, Pays-Bas

 

11:14 Écrit par BEN2013 dans CPI | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

30/10/2014

La CPI refuse à Gbagbo l’autorisation d’assister aux obsèques de sa mère (officiel)

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Ci-joint la dernière décision rendue par la Chambre de première instance I de la Cour pénale internationale (CPI) le 29 octobre 2014 dans l’affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo :

Le 29 octobre 2014, après avoir examiné les arguments de la Défense, du Gouvernement de la Côte d’Ivoire, du Greffe, du Procureur et du Représentant légal des victimes, la Chambre de première instance I a rejeté la demande de la Défense de mise en liberté de M. Gbagbo pour une période d’au moins trois jours, sous réserve d’un certain nombre des conditions, afin d’organiser et assister aux funérailles de sa mère.

Bien que la Chambre ait considéré que la demande de M. Gbagbo d’être transféré en Côte d’Ivoire afin d’organiser les funérailles de sa mère constituait des circonstances humanitaires, les juges ne sont pas persuadés dans ces circonstances que toutes conditions spécifiques pourraient suffisamment réduire les préoccupations logistiques et de sécurité identifiées par la Côte d’Ivoire, le Greffe, le Procureur et le Représentant légal des victimes. La Chambre a conclu qu’elle ne pouvait pas justifier l’octroi de cette demande, dans la mesure où son octroi pourrait faire courir un risque de mettre en danger la population en Côte d’Ivoire, le personnel de la Cour et M. Gbagbo lui-même.

Unité des affaires publiques
Cour pénale internationale

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27/10/2014

CPI-Après sa rencontre avec Gbagbo et Blé Goudé, KKB : " je suis fier d’avoir rencontré ces deux fils de Côte d’Ivoire". dimanche, 26 octobre 2014 10:56 Ecrit par AFRIKIPRESSE

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De retour de La Haye, Kouakou Konan Bertin a accepté de donner à Afrikipresse.fr ses premières  impressions, depuis son hôtel à la périphérie de la capitale française: « Avec le président Laurent Gbagbo, la rencontre a été difficile et pleine d’émotion.

Quand nous nous sommes vus, nous sommes tombés l’un dans les bras de l’autre en pleurant. Je lui ai dit qu’en sa qualité d’ancien chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, je ne pouvais pas rester loin et ne pas venir lui manifester toute ma sympathie pendant qu’il est frappé la terrible perte de sa mère.

Je lui ai indiqué que nous étions en session parlementaire, mais sur convocation de mon médecin parisien pour des examens urgents, je suis venu à Paris, et j’en ai profité pour aller lui faire mes respects. Malgré l’affliction en raison du décès de sa mère, le président Gbagbo va très bien. Il m’a d’ailleurs confié que j’étais le seul élu ivoirien à venir lui rendre visite, et m’a promis  qu’il m’en sera durablement reconnaissant pour cet acte.

Le lendemain, avec Blé Goudé, c’était les retrouvailles de deux frères. C’était la joie et de chaudes accolades. Blé m’a d’ailleurs confié ceci : « KKB, ici n’est pas ma place et tu le sais, alors fais tous les efforts pour que je sorte d’ici ». Je rappelle que le président Gbagbo a estimé que j’étais un homme de paix et de réconciliation. La séparation a été douloureuse hier, mais je suis fier et heureux d’avoir rencontré ces deux  fils de Côte d’Ivoire qui sont emprisonnés à près de 7000 kilomètres de chez eux ». 

Jean Paul Oro, Paris. 

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23/10/2014

Crimes postélectoraux: la coalition pour la Cpi exige une justice équitable Publié le jeudi 23 octobre 2014 | Notre Voie

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Le président de la coalition ivoirienne pour la Cour pénale internationale (Ci-cpi) exige une justice équitable en Côte d’Ivoire et la poursuite de toutes les personnes qui ont commis des crimes quelque soit leur bord politique. « Nous demandons aux autorités ivoiriennes de donner des signaux forts en rendant la justice équitable à travers la poursuite de toutes les personnes qui ont commis des crimes quelque soit leur bord politique », a déclaré Ali Ouattara à l’occasion de la septième conférence trimestrielle de son organisation qui s’est tenue hier à l’hôtel Pullman d’Abidjan. Alors même que sa requête dévoile la justice des vainqueurs instaurée en Côte d’Ivoire par le régime Ouattara depuis la fin de la guerre postélectorale, le président de la Ci-cpi voit dans le procès annoncé des pro-Gbagbo « une volonté du gouvernement de lutter contre l’impunité ». En revanche, Ali Ouattara met en garde contre un procès politique. «Nous demandons que toutes les conditions requises pour garantir un procès équitable soient réunies. Il faut éviter un simulacre de procès ou un procès politique. C’est l’image de l’état de droit qui se joue ».

Le président de la coalition de la Cpi estime par ailleurs que « les juridictions ivoiriennes n’ont la capacité juridique au niveau des compétences de la Cpi pour ce qui est des crimes graves ». Toujours selon le premier responsable de la Ci-cpi, les juridictions ivoiriennes ne peuvent acquérir cette « capacité » que si le parlement vote « une loi de mise en œuvre du Statut de Rome de la Cpi ».

Cette 7ème conférence de la Ci-cpi était articulée autour du thème principal suivant : « L’action conjuguée des organisations de la Société civile dans la recherche de la vérité sur les crimes commis en Côte d’Ivoire ».

Jean Khalil SELLA

08:59 Écrit par BEN2013 dans CPI, Justice et droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

06/10/2014

DECLARATION DU FPI RELATIVE A L’AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES DU MINISTRE CHARLES BLE GOUDE

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Le Ministre Charles Blé Goudé a été arrêté et exfiltré du Ghana où il était en exil politique. Transféré et détenu en Côte d'Ivoire dans des conditions violant de façon flagrante les droits élémentaires de l'homme, il fut par la suite déporté à la Cour Pénale Internationale, à la Haye, après une procédure judiciaire expéditive.
Le lundi 29 septembre 2014, s’est ouverte l’audience en vu de voir confirmer ou infirmer à son encontre, les charges de meurtres, viols, actes inhumains et persécutions. Ces charges qualifiées par le Procureur Fatou Bensouda, de crimes contre l'humanité, auraient été commises pendant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011.
A l'instar de celle du Président Laurent Gbagbo, cette autre audience de confirmation de charges de Charles Blé Goudé, est incontestablement un procès politique couvert d'un vernis juridique.
Cette duplicité́ s’explique par le fait que le Procureur de la CPI veut travestir la vérité historique en faisant passer les victimes, pour les coupables du coup d’Etat le plus long de l’histoire contemporaine.
Il s’agit en réalité d’une vaine tentative de ceux que le Ministre Charles Blé Goudé a qualifiés dans son intervention de « contrebandiers de l’histoire », dont le porte voix est en l’espèce ici Mme Fatou Bensouda.
Sinon, comment comprendre que dans une même affaire, un Procureur poursuit un camp et affirme depuis 3 années « qu’il entend poursuivre l’autre camp plus tard ».
Le doute n’est plus permis de savoir que depuis sa saisine dans le dossier ivoirien, la CPI ne poursuit et ne s'acharne que sur l'une des parties au conflit ivoirien, le camp Gbagbo, alors même que toutes les enquêtes nationales et internationales ont relevé sans ambigüités des crimes contre l'humanité commis par le camp Ouattara.
Quel crédit accorder à un tel instrument de répression du type néocolonial ?
Le Front populaire ivoirien :
- s’insurge contre ces poursuites sélectives, partisanes et crapuleuses du Procureur de la CPI ;
- condamne et dénonce vigoureusement cette justice des vainqueurs et veut croire, que la Chambre préliminaire 1 saisie dira, en fin, le droit en ne confirmant pas des ‘’charges’’ retenues bien avant la commission des crimes contre l’humanité ;
- réitère son soutien au Ministre Charles Blé Goudé pour son combat pour la paix, la justice et la démocratie ;
- félicite le ministre Charles Blé Goudé pour sa brillante intervention du jeudi 02 octobre 2014 qui a clôturé l’audience de confirmation des charges ;
- félicite également et encourage son équipe de défense ainsi que l’ensemble des mouvements de la Diaspora ;
- réitère, par ailleurs, sa solidarité avec le COJEP, l'ensemble des associations patriotiques et avec tous les acteurs épris de justice et de paix de par le monde.

Fait à Abidjan, le 05 octobre 2014
Pour le FPI
La Secrétaire Générale, porte parole
Agnès Monnet

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05/10/2014

« La CPI est influencée par les grandes puissances » selon Albert Bourgi

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Lu pour vous

Par François Soudan Source: Jeune-Afrique publié le 25/02/2014

Albert Bourgi est un ami de longue date de Laurent Gbagbo. Albert Bourgi est un ami de longue date de Laurent Gbagbo. Pour le Franco-Sénégalais Albert Bourgi, professeur des universités en droit public, l’action de la CPI est politisée.

Professeur émérite de droit public à l’université de Reims (nord-est de la France), Albert Bourgi est un homme de gauche, proche des partis socialistes sénégalais et français et ami de longue date de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que du chef de l’État guinéen, Alpha Condé. Franco-Sénégalais, il est un expert de la politique africaine. Il s’est par ailleurs intéressé de près aux constitutions du continent, un sujet sur lequel il a notamment publié en 2002 « L’évolution du constitutionnalisme en Afrique : du formalisme à l’effectivité » dans la Revue française de droit constitutionnel.

Jeune Afrique : Que reprochez-vous à la Cour pénale internationale (CPI) ?

Albert Bourgi : Les reproches que l’on peut adresser à la CPI procèdent du constat de politisation de l’institution depuis l’entrée en vigueur du statut de Rome, en 2002. La Cour n’a pas répondu aux espoirs de ceux qui, dans les années 1990, – et j’en faisais partie – militaient pour la démocratie et la défense des droits de l’homme sur le continent. Ils voyaient dans l’avènement d’une juridiction pénale internationale le meilleur moyen de lutter contre l’impunité dont jouissaient certains pouvoirs autoritaires, en Afrique comme ailleurs dans le monde.

Or aujourd’hui, et les procédures en cours depuis quelques années en témoignent amplement, la CPI, tant dans son organisation que dans son fonctionnement, n’a plus que les apparences d’une institution judiciaire. Ce constat est largement partagé pas seulement en Afrique, mais aussi au sein de la communauté juridique internationale. Cette dernière avait déjà émis de sérieuses réserves lors de la signature, à Rome, en 1998, du traité portant création de la Cour pénale internationale, y compris sur son statut d’organe juridictionnel. Les attributions de l’organe éminemment politique qu’est l’Assemblée des États parties en matière de désignation du procureur de la Cour, de son adjoint, ainsi que des juges, confortent largement cette opinion. Depuis lors, et au regard des pratiques erratiques et discriminatoires de la Cour, les critiques se sont amplifiées.

Ces critiques proviennent surtout d’Afrique. Le continent aurait-il un problème avec la notion de justice internationale ?

Paradoxalement, les accusations de politisation portées contre la CPI et la critique de ses manquements aux principes d’indépendance et d’impartialité qui sous-tendent toute justice digne de ce nom avaient été soulevées, au moment de sa création, non pas par les États africains, mais par les grandes puissances, notamment les États-Unis. Qui n’a en mémoire l’empressement de la diplomatie américaine à faire signer, à travers le monde et en particulier en Afrique, des accords garantissant l’immunité juridictionnelle des citoyens américains afin d’éviter tout risque d’extradition vers La Haye ? La France elle-même avait marqué quelques hésitations, sans aller pour autant jusqu’à refuser d’adhérer à la CPI, comme l’ont fait les États-Unis, la Chine et la Russie.

À l’inverse de cette attitude de méfiance des grandes puissances qui, depuis, ont su faire un bon usage diplomatique et politique de l’institution en l’intégrant pleinement dans le système international qu’elles contrôlent et régulent, l’Afrique a très largement soutenu la création de la CPI. Au cours des années 1990, les ONG africaines de défense des droits de l’homme ont joué un grand rôle dans sa gestation, et le Sénégal, dirigé à l’époque par Abdou Diouf, a été le premier pays à ratifier le statut de Rome.

Autant dire qu’il n’y avait pas d’a priori de l’Afrique et des Africains à l’encontre de la CPI. La défiance actuelle du continent à l’égard de la Cour, illustrée par le refus solennel de l’Union africaine [UA] de coopérer avec elle « à l’arrestation et au transfert du président soudanais Omar el-Béchir », suspecté de crimes dans la guerre du Darfour, a pris depuis lors une dimension politique et diplomatique, susceptible à terme de saper l’autorité de la CPI.

Comment expliquez-vous que les neuf procédures en cours concernent toutes le continent ?

La réponse à cette question se trouve dans les dérives de la Cour, et dans l’usage politique et diplomatique que celle-ci a fait de sa mission de dire uniquement le droit et en toute indépendance. Ce constat saute aux yeux lorsqu’on observe de près les procédures en cours, toutes africaines, et les acrobaties juridiques auxquelles se livre le bureau du procureur pour dresser les dossiers d’accusation.

Même si les principales critiques adressées à la Cour renvoient surtout aux méthodes expéditives et cavalières auxquelles a eu trop longtemps recours l’ancien procureur, Luis Moreno-Ocampo, elles ont aussi mis en lumière le rôle décisif que jouent dans le fonctionnement de la Cour les grandes puissances, et parmi elles celles qui ne sont pas parties au statut de Rome.

Les procédures en cours devant la CPI, qu’il s’agisse des affaires portées devant elle par des États parties, de celles déférées par le Conseil de sécurité de l’ONU ou encore de celles qui font suite à une saisine par le procureur de la Cour de sa propre initiative, obéissent à un titre ou à un autre à des considérations politiques.

Celles-ci tirent leur inspiration des règles de fonctionnement d’une société internationale qui, depuis 1945, à travers les structures de l’ONU, consacre l’hégémonie des grandes puissances, notamment des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, et plus particulièrement, lorsqu’il s’agit de l’Afrique, de ce qu’on appelle le P3, c’est-à-dire la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Ce sont eux qui détiennent le pouvoir de saisine dont dispose le Conseil de sécurité au titre de ses attributions en matière de maintien de la paix et d’action coercitive.

Parmi les trois modes de saisine de la Cour, c’est bien entendu celui reconnu au Conseil de sécurité qui prédomine. Par ailleurs, l’organe restreint de l’ONU peut, à tout moment et en se fondant sur la notion très ambiguë de « préservation de la paix et de la sécurité », demander au procureur de la CPI de suspendre, pour une période renouvelable de douze mois, les enquêtes et les poursuites menées dans une affaire dont la Cour est saisie.

Avez-vous des exemples précis de politi­sation de la CPI ?

 

Les prises de position du Conseil de sécurité orientent le plus souvent les enquêtes menées par le procureur. Cela s’est amplement vérifié en Côte d’Ivoire. À l’image de ce qui s’est passé pour la Libye et le Darfour, les résolutions du Conseil de sécurité sur la Côte d’Ivoire, notamment celle du 30 mars 2011 (résolution 1975), ont fait le lien entre l’usage de la force destiné à détruire les armes lourdes détenues par le camp Gbagbo et la protection des populations civiles. C’est à partir de cette interprétation partiale, éminemment politique, comme l’a montré la suite des événements, que le procureur Moreno-Ocampo a focalisé ses enquêtes sur la crise postélectorale, ignorant l’autorisation donnée par la chambre préliminaire de la CPI d’enquêter sur les crimes commis entre le 19 septembre 2002, date de déclenchement de la sanglante rébellion conduite par Guillaume Soro, et le 28 novembre 2010, début de la crise postélectorale.

C’est dire qu’en dehors des seules apparences qu’offre le déroulé des séances de la Cour, celle-ci donne l’image d’une justice politique dont l’une des vocations est d’agir en conformité avec la défense des intérêts des grandes puissances, qu’ils soient politiques, économiques ou stratégiques, et ceux de leur clientèle politique locale. La CPI fait ainsi figure de garde-fou pour les chefs d’État en place, leur permettant d’asseoir leur autorité et d’écarter les opposants grâce à la possibilité qu’ils ont, en tant que président d’un État partie au statut de Rome, de saisir la Cour.

C’est pour cette raison aussi que le président et le vice-président du Kenya ont pu éviter le sort qui les attendait s’ils n’étaient pas sortis vainqueurs de l’élection présidentielle, à savoir d’être traduits devant la CPI, ou à tout le moins d’être obligé de comparaître en ce qui concerne William Ruto.

Le départ des 34 pays africains parties au traité de Rome vous paraît-il envisageable et souhaitable ?

Ce départ n’est ni envisageable ni souhaitable. L’Afrique, pour peu qu’elle s’en donne les moyens et en exprime la volonté politique, est en mesure de changer le cours des choses à la CPI. Pour cela, il faudrait aussi qu’elle parle d’une seule voix, pas seulement le temps d’une session de l’UA, mais à travers des prises de position concrètes allant bien au-delà de la seule CPI.

L’inégalité de traitement entre l’Afrique et le reste du monde à la cour de La Haye, qui fait de plus en plus figure d’organe d’exécution du Conseil de sécurité de l’ONU, est malheureusement le reflet de la place a minima qu’occupe le continent sur la scène internationale et de sa faible représentation au sein des instances décisionnaires des grandes organisations comme l’ONU. L’UA est sans conteste une bonne tribune pour les revendications du continent, mais encore faudrait-il aussi qu’elle passe aux actes et fasse enfin valoir ses atouts politiques et économiques sur la scène internationale. On en est, hélas, encore loin.

Comment faire la part des choses entre les chefs d’État qui critiquent la CPI de bonne foi et ceux dont la motivation est d’organiser leur propre impunité ?

Ce clivage existe sans doute. Mais j’ai plutôt l’impression que la très grande majorité des chefs d’État du continent ressent la même indignation de voir que l’institution censée incarner la justice pénale internationale réserve jusqu’à présent ses poursuites et ses jugements aux seuls Africains. À croire que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le crime de génocide sont l’apanage de l’Afrique ! Qu’en est-il des violences commises ailleurs dans le monde, en Irak depuis 2003, en Afghanistan, en Tchétchénie, en Palestine, au Bangladesh, etc. ?

L’activisme de la CPI en Afrique est d’autant plus insupportable que le continent est en pleine mutation et qu’il peut se donner les moyens de lutter contre l’impunité sur son sol, en érigeant par exemple une juridiction continentale ou des tribunaux régionaux qui sanctionneraient les crimes relevant aujourd’hui de la compétence de la CPI. L’idée est dans l’air et mériterait que l’UA s’en saisisse.

La CPI s’en tient officiellement à la règle de complémentarité, qui veut qu’elle n’intervienne que lorsque la justice ne peut s’exercer convenablement dans le pays concerné. Est-ce une bonne règle ? Vous paraît-elle respectée ?

Ce principe constitue le fondement de la Cour pénale internationale : cette dernière n’est censée intervenir que si les États normalement compétents pour juger les crimes ne peuvent pas ou ne veulent pas poursuivre, arrêter et juger leurs auteurs et complices.

Cette règle procède de la volonté des rédacteurs du statut de Rome de respecter la souveraineté des États. Mais son appréciation, aussi bien par la CPI que par les pays concernés, est à géométrie très variable. Elle dépend des circonstances et du contexte politique des États concernés, mais aussi des pressions que peuvent exercer des pays extérieurs au continent, comme ce fut le cas de la France en Côte d’Ivoire. Le principe de complémentarité est brandi dans un sens ou dans un autre selon les circonstances, selon qu’il sert ou non politiquement le pouvoir en place.

Il suffit de prendre l’exemple de la République centrafricaine et de la Côte d’Ivoire. Dans le premier cas, la question ne s’est guère posée de savoir si la République centrafricaine avait ou non les moyens de juger Jean-Pierre Bemba, car l’objectif était d’ordre politique, à savoir éloigner le plus vite et le plus loin possible celui qui était considéré comme le principal adversaire de Joseph Kabila en RD Congo. Quant à la Côte d’Ivoire, la question du transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye en 2011 ne s’est pas posée en termes de capacité ou non de la justice ivoirienne de le poursuivre et de le juger, mais a traduit la volonté commune des pouvoirs ivoirien et français de l’époque d’humilier et d’éloigner l’ancien président, histoire de faire place nette à Alassane Ouattara. Cela veut dire que la règle de complémentarité est en fin de compte laissée au bon vouloir politique des pouvoirs en place.

La CPI continue de demander le transfert des Ivoiriens Charles Blé Goudé et Simone Gbagbo, mais elle vient d’accepter que le Libyen Abdallah Senoussi soit jugé dans son pays. Quels commentaires vous inspire cette disparité ?

Dans ces trois cas, l’explication est à rechercher dans des raisons de politique intérieure, ainsi que dans les avantages et inconvénients que revêt pour les pouvoirs ivoirien et libyen la solution retenue.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara n’agit certainement pas par humanité en ne transférant pas deux des figures politiques les plus en vue sous Gbagbo, mais par calcul exclusivement politique. Sans doute a-t-il mesuré le risque d’être contraint, après un éventuel transfert de Simone Gbagbo et de Charles Blé Goudé, de faire de même pour d’autres personnes très proches de lui, et dont les mandats d’arrêt émis par la CPI sont toujours placés sous scellés.

Quant au cas de Senoussi, en Libye, il trouve son explication dans la fragilité de l’actuel régime libyen. La question qui se pose est en effet de savoir qui gouverne réellement ce pays.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Débat | Albert Bourgi : « La CPI est influencée par les grandes puissances » | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique
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09:27 Écrit par BEN2013 dans CPI | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

04/10/2014

Transcription intégrale de l'intervention de Charles Blé Goudé à la CPI, 2 octobre 2014

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CHARLES BLE GOUDE
"Madame la présidente, Mesdames les juges,
-Pour le respect de la mémoire des victimes décédées ; 
-Pour panser les meurtrissures physiques et morales des victimes blessées, mais aussi, pour apaiser la douleur de leurs familles, il aurait été salutaire que soit située la responsabilité de tous les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Hélas !"
"Après avoir écouté la procureure, elle qui estime que j’ai utilisé mon art oratoire pour imputer la responsabilité des crimes au camp Ouattara, je ne me fais plus d’illusion : elle ne les poursuivra pas puisqu’elle les considère comme des victimes."

"Tout le temps que je suis resté assis ici pendant des jours, à écouter le réquisitoire de la procureure, qui s’est résumé à un assemblage de bouts de vidéos, des fragments de discours hors contexte savamment sélectionnés et de commentaires tendancieux, dans une vaine tentative d’accréditer une accusation aussi boiteuse que ridicule ; je suis hélas, resté sur ma faim !"

"S’il y a une seule chose que la procureure a réussie, c’est d’avoir achevé de me convaincre que mon arrivée à la CPI, résulte d’une loterie judiciaire ; manque de chance, la procureure a parié sur le mauvais cheval, sinon ceux qui devraient être ici, dans le box des suspects sont encore en liberté en CI. Et cela est injuste. C’est pourquoi, je voudrais m’interroger avec vous, madame la présidente: QUEL MONDE VOULONS-NOUS BÂTIR ?"

Un monde sans valeurs morales, un monde sans repère où il nous faut seulement apprendre à gagner sans avoir raison, comme le disait Check Amidou Kane, dans son célèbre roman ‘’l’aventure ambiguë ’’? Sommes-nous dans un monde ambigu ? Or, ce qui fait la grandeur d’un peuple, c’est de défendre les valeurs qui le fondent. J’y ai cru hier et ma foi en 
ces valeurs n’a pas encore faibli. "

"La procureure devrait porter haut ces valeurs et œuvrer à ce que les justiciables ne désespèrent pas de la justice, surtout pas de la justice internationale, en ce qu’elle porte la lourde responsabilité de défendre les plus faibles, de protéger ceux qui sont sans défense, afin que ceux-ci ne soient impunément la proie des plus forts."

"Si j’ai bien entendu, la procureure a dit dans son discours d’ouverture « à travers cette audience nous voulons envoyer un message fort à tous ceux qui veulent parvenir et se maintenir au pouvoir par la force. » vu sous cet angle, c’est donc à tort que la procureure me poursuit puisque pendant plus de dix ans, je n’ai cessé de dire à ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"Madame la présidente, Mesdames les juges
Je ne suis ni le criminel, ni le génocidaire que l’on tente vainement de vous dépeindre par des simulacres de déclarations peu crédibles, appelées témoignages, qui pourtant ont été recueillis auprès de mes adversaires politiques dont la hantise est de se débarrasser d’un futur adversaire avec qui ils craignent de faire une compétition politique. 
Avoir des ambitions est certes légitime, mais vouloir les réaliser sur les cendres de la vie des autres est malsain."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 
Par ma voix, des millions d’Africains comptent sur vous pour que la CPI ne serve pas d’instrument pour la réalisation d’ambitions qui pourraient entacher l’image de cette prestigieuse institution. Des militants de partis politiques adversaires triés sur le volet, m’accusent d’avoir recruté des mercenaires. Comme ce prétendu témoin qui déclare : « j’ai vu Blé Goudé brandissant une kalachnikov à la télé, mais il était de dos donc je ne l’ai pas bien reconnu… » "

"Au stade Jessy Jackson de Yopougon, à Abidjan, au sein de notre club de football (SOMACY), entre copains, nous utilisions un slogan sportif, ‘’ya rien en face, c’est maïs’’, pour taquiner l’équipe adverse quand on marquait un but (comme la vidéo l’illustre). J’ai utilisé ce même slogan pour agrémenter l’ambiance de la campagne électorale, comme pour dire que l’élection aussi est un jeu."

"La procureure et le pouvoir d’Abidjan instrumentalisent des soit disant témoins pour travestir ce slogan en l’interprétant comme une volonté pour moi de dire qu’excepté mon candidat Gbagbo, il n’existerait pas d’autres candidats ; Ce qui, pour eux signifierait que nous avions prémédité de ne jamais reconnaître une défaite et que ‘’maïs’’ signifierait que nous allions tuer et manger les partisans de Ouattara. Cette interprétation erronée et étriquée, fruit d’une gymnastique judiciaire me semble partielle, parcellaire, donc partiale."

"A y voir de près, la seule difficulté dans cette affaire, est que la procureure cherche à fabriquer des miliciens ; Disons plutôt qu’elle cherche forcement à faire de moi ce qu’elle aurait souhaité que je sois. Mais pour quoi ? Pourquoi veut-elle forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Pourquoi ? Pourquoi refuse-telle de réclamer les dents de la panthère à celui qui a consommé la tête ?"

"Les marches, les meetings, les sit-in, la grève de la faim, le matelas et les conférences ne sont pas des moyens par lesquels s’exprime un milicien ? Ces moyens pacifiques, symboles de la non-violence, inspirés de Ghandy et de martin Luther King, (ces personnalités qui ont marqué notre siècle), sont les seuls et uniques moyens par 
lesquels je me suis toujours exprimé. Alors, je demande encore : Pourquoi cherche-t-on, par des voies peu orthodoxes, à me tailler une sculpture et à m’attribuer une casquette qui est aux antipodes de la philosophie qui a fondé mon entrée en politique ?"

"Du 02 Octobre 2002 au 26 septembre 2011, peut-on me citer une seule de nos manifestations au cours de laquelle il y aurait eu un seul mort ? Peut-on me confondre avec une vidéo, un seul support sonore où je demande à une catégorie de la population d’exterminer une autre ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,
L’histoire de mon pays est trop récente. Tenter de la falsifier en lui tordant le coup serait se livrer à un exercice au succès peu probable. Comme je refuse d’être jeté dans la poubelle de l’histoire, Il m’apparaît comme un devoir citoyen d’apporter un peu de fraîcheur à la mémoire collective que tentent d’effacer les contrebandiers des faits qui ont fait régresser mon pays au plan de la démocratie et des droits de l’homme, pourtant acquis de haute lutte. Face à leurs contrevérités, ma bouche restera toujours sans tremblement. Et je voudrais que l’on m’écoute avec toute l’attention qu’il sied."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,
La crise ivoirienne, a opposé deux philosophies diamétralement opposées, incarnées par deux camps :
1- le camp de ceux qui ont pris les armes pour déstabiliser les institutions de la République pour des raisons que vous expliqueront certainement « ces intouchables », le jour où il plaira à la procureure de les convoquer devant cette cour;
2- et le camp des forces armées nationales loyales à la République et à ses institutions.
Indépendamment de ces deux parties belligérantes, La population civile, à travers la résistance aux mains nues, a fait le choix de s’opposer à l’utilisation des armes comme moyen de revendication et d’accession au pouvoir : c’est de cette troisième voie que je me réclame."

"Ce choix de la non violence, je l’ai librement fait, non par stratégie, ni par faiblesse, mais par principe et par culture politique; Parce que je reste convaincu que la guerre et les armes sont les ennemies de la démocratie et de la paix dans le monde. Je considère la rébellion armée comme la pire des expressions. C’est pourquoi, fidèle à ma philosophie politique pacifiste connue des ivoiriens, je n’ai jamais possédé d’armes, ni à titre individuel, ni à titre collectif. Par quelle alchimie, pourrais-je alors réussir à distribuer ce que je ne possède pas ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 
Jamais je n’ai armé des citoyens contre d’autres citoyens: jamais je ne le ferai.
À ceux qui souventefois m’ont traité de faiblard qui a peur de la guerre, j’ai toujours rétorqué que je n’aime pas la guerre et que je n’ai pas honte de dire que je ne sais pas faire la guerre, que je préfère être faible parmi des êtres vivants que d’être fort parmi des corps sans vie. Convaincre et non vaincre: tel est mon credo. Chrétien ou musulman, qu’on l’appelle Allah, Dieu, Jehova, Gnamien Kpli, Klôtchôlô ou Lagô, Pour moi, nous prions tous le même Dieu."

"Ouvert et tolérant de par ma culture, j’ai toujours tenu à saluer au même titre, les imams et les prêtres des localités visitées, Au cours de toutes mes tournées politiques. J’ai même souvent aidé à réhabiliter certaines mosquées tout comme j’y ai fait plusieurs dons. (Je verse la vidéo au dossier). Je trouve donc choquant voire outrageant et peu sérieux que l’on m’accuse d’être celui qui aurait appelé à tuer des musulmans et à incendier leurs lieux de culte."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 
Pour la paix dans mon pays, j’ai pris beaucoup de coups. Chaque fois que le processus de paix a pris du plomb dans l’aile, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai toujours fais le pas vers l’adversaire afin qu’ensemble nous puissions sauver ce que j’ai cru que nous avions en commun : La Côte-d’Ivoire. J’ai sacrifié ma jeunesse et ma vie de famille.

"Contrairement aux gamins de leur âge, mes enfants n’ont pas pleinement bénéficié de la chaleur que leur père aurait souhaitée leur donner. Mais je sais qu’ils me comprendront un jour, (je veux leur léguer des valeurs). C’est pour eux et tous les autres enfants de leur âge que je me bats afin qu’ils puissent vivre demain dans un monde meilleur, un monde où l’on ne cherche pas à noyer la vérité dans l’obscurité du silence."

"Mes proches, les personnes que j’aime et pour qui je compte continuent de souffrir des conséquences de mon engagement et de mon absence prolongée. peut- on mener une lutte d’une telle envergure et prétendre à une vie calme comme une eau douce ? La réponse est non!’’

"Madame la présidente, Mesdames les juges,
Pendant que je parcourais hameaux, villages et villes, sur les chemins rocailleux pour convaincre les ivoiriens à se pardonner les uns les autres et à donner dos à la confrontation, je ne m’étais pas attendu à l’inattendu. En effet, ceux avec qui je croyais parler de paix et qui sont aujourd’hui au pouvoir préparaient la guerre et avaient érigé l’usage de la violence en programme politique."

"Madame la présidente, 
Je n’ai jamais souscrit à un seul des actes criminels allégués dans l’acte d’accusation. La procureure doit correctement orienter ses poursuites. Pendant que les ivoiriens souffraient, ceux qu’on peut aujourd’hui appeler, les nouvelles autorités ivoiriennes, étaient plutôt préoccupés à se partager la Côte-d’Ivoire comme un butin de guerre comme ils continuent d’ailleurs de le faire !

"Prisonniers de leur passion pour le pouvoir, les nouvelles autorités ivoiriennes étaient restés sourds à mes cris et à mes appels en faveur de la paix : ils ne mesuraient pas à cette époque l’importance de la paix. Heureusement qu’à la pratique de l’exercice du pouvoir, ils semblent se rendre compte que, dans un pays, la paix et la 
stabilité, ne dépendent pas seulement du régime au pouvoir mais qu’elles dépendent aussi de la culture démocratique, de la culture de tolérance et de la générosité politique de l’opposition.

".....Et pourtant, ces opposants d’hier, accusaient de traîtres ceux des leurs qui parlaient de paix et de réconciliation avec moi. Pendant la crise post-électorale, à la proposition de recomptage des bulletins comme solution au contentieux électoral, nos adversaires avaient préféré la comptabilité nécrologique et la force."

"Ironie du sort, c’est moi, concepteur de ‘’la victoire par la résistance aux mains nues’’, qui me retrouve ici, devant vous pour répondre de crimes contre l’humanité pendant que ceux qui ne voulaient pas entendre parler de paix parce qu’ils voulaient le pouvoir à tout prix, se trouvent en liberté et continuent de narguer leur victimes dans une indifférence coupable qui s’apparente à une complicité. Autant dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité."

"C’est pourquoi je demande encore : pourquoi veut-on forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Transformer le tort en raison, est-ce cela que nous voulons léguer aux générations futures ? Ne serait-il pas préférable de soigner la fièvre au lieu de chercher à casser le thermomètre ?"

"Je ne cherche pas seulement à être libre tout comme je ne cherche pas à avoir raison. Il y a une et unique chose que je cherche : LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ. Seule la vérité aidera la cour à situer définitivement ma responsabilité ; et j’y tiens !"

"Seule la vérité pourra m’ouvrir les portes de sortie de la prison. Ce n’est ainsi que je me sentirai véritablement libre, que je pourrai regarder, la tête haute, les victimes et leurs familles qui ont été trompées par leurs vrais bourreaux qui se font malicieusement passer pour leurs bienfaiteurs, alors qu’ils sont pris en flagrant délit de falsification de l’histoire, dans la seule optique de diaboliser et se débarrasser d’adversaires politiques avec qui ils craignent de faire une compétition politique sérieuse."

"Ils me jettent La pierre ; elle me servira certainement pour ériger mon piédestal en faisant éclater la vérité à travers ce procès."

"Oui, des crimes atroces ont été commis en CI contre des populations innocentes qui étaient sans défense; les auteurs de ces crimes sont bel et bien connus. Hélas ! Ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale ; les violations graves des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables au vu et au su des organisations chargées de les dénoncer ou de les punir, ont été noyées dans l’obscurité du silence."

"Ne pouvant les (ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale) poursuivre, la procureure cherche vainement, par une alchimie judiciaire, à fabriquer d’autres criminels à la place des vrais auteurs ; Ce qui lui rend la tache herculéenne. Or, je le répète une fois encore : « on ne peut réclamer les dents de la panthère qu’à celui qui a consommé la tête. »

"Svp, madame la présidente, mesdames les juges,
Les victimes du commando invisible et des FRCI, à Anokoa kouté et à Duékoué tout comme les victimes de Yopougon, de Bouaké, de petit Guitrozon, réclament toujours justice.
Leurs larmes continueront-elles de couler sur le parapluie de l’indifférence de la procureure et de la représentante des victimes ?"

".....Ensuite le plan commun :
Mesdames les juges,
Je dois avouer que c’est ici à la Haye que j’ai appris ce nouveau vocabulaire. S’il a existé un plan commun au cours de la crise en Côte-d’Ivoire, je n’en connais ni les concepteurs, ni les exécutants, tout comme j’en ignore les objectifs, contrairement aux allégations de la procureure." "Je suis plutôt allé à la rencontre des victimes de la guerre ; j’ai écouté et entendu leurs souffrances. J’ai dû braver le sarcasme et les critiques les plus acerbes pour faire le pas vers l’adversaire afin de rapprocher et réconcilier les voisins d’hier, que le conflit avait divisés."
"Existe-t-il des victimes qui n’ont pas droit à la justice ? Je parle de ces populations sans défense qui avaient fui la mort, mais que hélas, la mort a rattrapées dans des églises et des camps où ces populations avaient espéré trouver refuge ; en fait, toutes les victimes sans distinction ; car, je reste convaincu, que la vie humaine est sacrée et qu’un mort n’a ni appartenance politique, ethnique ou religieuse."

"J’ai mis en place le 98121, numéro de la paix sur lequel les ivoiriens se sont envoyés des messages en faveur de la paix. Je les ai encouragés à accepter que « la valeur du pardon réside dans la gravité de la faute pardonnée. »"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,
Voici exposé mon plan pour la paix que j’avais en commun avec les ivoiriens épris de paix et dont j’ai connaissance. Evidemment, la procureure ne pouvait pas évoquer ce plan pour la paix puisqu’il lui fallait absolument dépeindre le Blé Goudé assassin, génocidaire."

"Mais moi, j’attends ici à la cour, la confrontation avec les témoins de la procureure pour que je parle avec eux, de la Côte-d’Ivoire et du conflit qui l’a inutilement retardée. Je ne parle pas de la Côte d’ivoire vernie à coup de propagande sur internet, mais de la Côte d’ivoire telle que la vivent mes concitoyens."

"Mesdames les juges, 
Au terme de mes précisions, vous comprendrez aisément que les charges alléguées contre moi, résistent peu à la rigueur du droit. Par conséquent, je trouve injuste que l’on veuille faire supporter à mes frêles épaules, la lourde responsabilité de la crise qui a endeuillé mon pays. Car dans mon combat légitime de non-violence, je garde les mains pures et aucune goutte de sang ne crie et ne plaide contre moi."

"Mon crime, s’il devrait en exister un, serait d’avoir crié pendant dix ans qu’il est immoral de vouloir accéder au pouvoir par la voie des armes. C’est pourquoi, il vous plaira, madame la présidente, de demander à l’accusation d’orienter ses enquêtes ailleurs et d’inscrire mon nom sur la liste des victimes de la crise. Oui, je suis une victime, quoi qu’en puissent dire mes détracteurs !"

"Je suis un homme convaincu de la force motrice de la mobilisation des masses populaires et des vertus de la non-violence. Pour moi, celui qui accorde le pardon se libère du poids encombrant de la haine. Cette philosophie est le fondement de ma vision et de mon action politique. Et quelles qu’aient été les humiliations et les tortures que mes adversaires m’aient fait subir, quelles que soient les injustices et les épreuves que me réserve le futur, Je ne compte pas y déroger."

"Toutes mes actions ont toujours été guidées par un principe : que mon nom ne s’écrive jamais du mauvais coté de l’histoire afin que je ne puisse pas léguer en héritage, à ma progéniture un patronyme ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. En d’autres termes, CE QUI DOIT GÂTER MON NOM DOIT AVOIR UN NOM."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,
Au nom de cette balance, symbole de justice, qui pend là, au-dessus de vous, je vous serai reconnaissant de me laisser rentrer chez moi, auprès des ivoiriens, pour construire et bâtir ensemble avec eux la paix et la réconciliation comme je l’avais déjà commencé et que je puisse continuer de dire à ceux qui ne l’ont pas encore compris qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"La prison, c’est certes dur, ça peut même durer mais, ça ne saurait durer éternellement." "Abraham Lincoln n’a donc pas eu tort d’affirmer que pour une cause noble, on ne perd jamais son temps en prenant tout son temps. Il enseigne ainsi aux partisans de la vitesse que la vie ne se résume pas aux aiguilles d’une montre mais à la qualité de nos actes pendant notre bref séjour passager sur terre. Pour dire que mes adversaires ont la montre, moi j’ai le temps."

"Et, comme Je refuse d’être la honte de ma génération et que je ne veux pas être jeté dans la poubelle de l’histoire, Je porterai ma croix avec dignité et honneur. Si je dois souffrir, je souffrirai débout, car, le poltron meurt mille fois avant de mourir."

"Même s’il m’arrivait par extraordinaire, d’être condamné aujourd’hui, je ne doute pas qu’un jour l’histoire m’acquittera."

"Mon défunt père Blé Gnépo Marcel que je n’ai pas eu la chance d’accompagner à sa dernière demeure à Kpogrobré dans la sous-préfecture de Guibéroua, me disait : « Mon fils, un fruit bien mûr ne pourrit jamais en l’air ; il finit toujours par tomber. »"

"Non, je ne suis pas anti français!
Non, je ne suis pas un chef de milices! 
Non, je ne suis pas le présumé assassin des ressortissants du nord et des musulmans de mon pays!
Non, je n’ai jamais distribué d’armes!
Non, je ne suis pas un partisan de la violence!
Non, je ne suis pas un génocidaire!"

"Que le droit nous départage ! 
Que Dieu bénisse l’Afrique, et apporte la paix en Côte-d’Ivoire et partout dans le monde ! je fais confiance à la

justice internationale
Un jour il fera jour et je rentrerai chez moi !"

15:08 Écrit par Alain Doh Bi |

10:56 Écrit par BEN2013 dans CPI | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

29/09/2014

CPI : la défense demande l’abandon des poursuites contre Blé Goudé Publié le lundi 29 septembre 2014 | APA

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La défense a demandé l’abandon des poursuites contre l’Ivoirien Charles Blé Goudé accusé de ‘’184 meurtres, 38 viols, 126 actes inhumains et 348 persécutions’’, estimant que son client n’est qu’un « insignifiant » de la galaxie patriotique.

« Ce n’est pas parce que Charles Blé Goudé était présenté comme le Chef des jeunes qu’il est responsable de tout ce qui s’est passé », a-t-elle argumenté en demandant l’abandon des charges contre M. Blé Goudé.

« Nous démontrerons qu’il n’est pas le Chef de cette galaxie patriotique composée de nombreuses associations et milices. Il n’est qu’est un insignifiant de la galaxie patriotique (…) », a poursuivi la défense de l’ex-ministre de la jeunesse dans le dernier gouvernement de l’ancien Chef de l’Etat Laurent Gbagbo.

Charles Blé Goudé, ancien chef de la galaxie patriotique, mouvement proche de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, vêtu d’un costume sombre, au crâne rasé portant des lunettes est apparu, lundi, serein à l’audience de confirmation menée par la Chambre préliminaire I, composée des juges Silvia Fernández de Gurmendi (juge présidente), la juge Ekaterina Trendafilova et la juge Christine Van den Wyngaert.

Selon l’accusation, Blé Goudé a ‘’ participé à un plan concocté par Laurent Gbagbo et son entourage dont fait partie le suspect’’ pour confisquer le pouvoir après le verdict de la Commission électorale indépendante (CEI) donnant Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle de novembre 2010 et reconnu comme tel par la communauté internationale.

Sous l’impulsion de M. Blé, a soutenu le parquet, ses partisans ‘’ont tué, violé, brûlé vifs’’ des personnes jugées partisanes de M. Ouattara et ce, sur des bases de faciès ou ethnique.

Pour l’accusation, il ne fait aucun doute, ‘’Blé Goudé est responsable de 184 meurtres, 38 viols,126 actes inhumains et 348 persécutions’’, accuse Fatou Bensouda dont les collaborateurs ont présenté des vidéos où l’ancien ministre de la jeunesse du régime Gbagbo donnait des ‘’consignes précises’’ à ses partisans pour ‘’s’opposer par tous les moyens à l’ONUCI de circuler’’ ou encore pour ‘’dénoncer tout étranger dans vos quartiers’’.

A l’issue de l’audience de confirmation des charges, qui dure jusqu’à jeudi, une décision de la chambre décidera, dans un délai de 60 jours de l’opportunité ou non d’un procès.

LS/APA

20:18 Écrit par BEN2013 dans CPI | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |